jeudi 4 mai 2023

Taormina, Sicile

Bye Bye Syracuse

Après dix jours à l’ancre, et ayant finalement reçu la pièce attendue, une pompe à eau de mer activée par le pied, nous quittons le 25 avril à 6h. Cette pompe est très utile à bord elle nous permet de rincer les couverts après le repas sans consommer de l’eau potable. L’attente en valait la peine.

Remonter l’ancre fut plus long qu’à l’habitude du fait de la vase, d’excellente tenue et collante à souhait. Pour éviter de salir le cordeau et la baille à mouillage avec de la vase prise autour et dans les mailles de la chaîne, nous avons dû jeter des sceaux d’eau de mer sur la chaîne pour déloger la vase rebelle.

Nous avions 48MM à faire, nous avons réussi à faire 4 heures de voile et 5 heures de moteur. Ce n’est pas ce que nous anticipions, nous croyons devoir faire le tout à moteur, ce fut donc une belle surprise.

Nous ancrons à Naxos juste au sud de Taormina. Le mouillage est réputé rouleur, mais la vue est magnifique avec l’Etna en arrière-plan. Nous passerons une nuit correcte, le roulis s’étant estompé le soir et la nuit venu.

Vue de notre ancrage, Taormina...

et encore l'Etna !!!

Le lendemain matin, le roulis reprend de plus belle, mais nous arrimons tout à l’intérieur du bateau et partons à la découverte de Taormina, ville réputée pour être très jolie.

Nous marchons environ une dizaine de kilomètres et gravissons près de 600m en dénivelé positif. Nous nous rendons jusqu’à Castelmola d’où nous avons une vue imprenable sur Taormina, sur notre mouillage, sur l’Etna et sur les environs.

En nous rendant à Castelmola, nous nous arrêtons pour visiter un parc urbain magnifique donnant sur la mer. Nous traversons la rue principale de Taormina, une splendeur, de jolis magasins avec de jolies choses, une place publique vaste et animée lors de notre passage, par des musiciens siciliens, guitare, accordéon et voix : dépaysement.

Nous faisons une trouvaille, un objet capte l’attention de Jean : une machine à expresso fonctionnant sans électricité, mais plutôt, simplement sur le feu de la gazinière et qui donne un expresso savoureux et crémeux. Une démonstration en magasin nous a conquis, nous l’achètons!

Le parc public...


Une ruelle...


LA rue piétonnière...

Lors de notre ascension à Castelmola,
et encore l'Etna en arrière-plan...


Taormina vue de Castelmola...

L'Etna et la vallée...  magnifique...

Notre ancrage au loin..

Taormina et son théâtre grec...

Nous retournons au bateau vers 17h, ça roule toujours 😔

Nous décidons de se déplacer vers le nord, plus près de Taormina, car paraît-il, ça y roule moins. L’information était juste, jusqu’à temps que ça commence à rouler solidement. Nuit mauvaise 😠

Retour à l’ancrage initial au matin, journée calme au bateau, nous retournons à Taormina pour s’y en imprégner une dernière fois. Nous partons à 15h, nous retournons au magasin où nous avons été précédemment pour y acheter, cette fois, un moule à arancini, ces petites boules de risotto fourrées d’une préparation de légume ou de viande, typiquement sicilienne. Nous en avions mangé hier au lunch à un endroit réputé et nous voulions pouvoir en faire nous même pour en servir à bord.

Souper tranquille sur Caffè Latte. Nous envisageons partir le lendemain matin à 6h pour rallier Scilla et franchir de détroit de Messine. Nuit tranquille et calme😊.

Le détroit de Messine

Nous levons l’ancre à 6h comme prévu, le temps est magnifique, peu de vent, une belle journée s’annonce.

Situé au nord-est de la Sicile et jouxtant l’Italie continentale, le détroit de Messine peut être dangereux sous certaines conditions. La légende, racontée par Ulysse, voulait que deux monstres marins peuplent ce bras de mer tellement les conditions, pour les navires de l’époque, pouvaient être impressionnantes. En effet, des courants forts jusqu’à 6 noeuds (c’est presque notre vitesse maximale au moteur), lors du passage du sud au nord, comme celui que nous ferons, génèrent des vortex et des vagues courtes et abruptes quand les vents sont contraires.

La genèse de ces phénomènes est aujourd’hui connue. D’une part, les mers Ionienne et Tyrrhénienne situées de part et d’autre du détroit sont en décalage de marée. D’autre part la salinité et la température de ces deux mers sont très différentes causant un brassage intense de ces eaux. Finalement, le relief est d’un côté peu profond et étroit et de l’autre côté large et profond, créant un double cône de rétrécissement y accélérant l’eau en transit. Heureusement, de nos jours il existe des outils que l’on peut consulter pour connaître précisément les courants en fonction du lieu du jour et de l’heure. Ceci permet de planifier son déplacement sans avoir à subir les effets indésirables du détroit… Ce pourquoi il fallait partir à six heures !

De nombreux bateaux commerciaux y transitent et il faut contacter les autorités du détroit lors de l’entrée et de la sortie pour obtenir leur autorisation.

Un beau départ matinal...

Difficile réveil !!!

Jean s'occupe pendant ce passage tranquille...

...et Yolène aussi...



Passage sans histoire, nous arrivons à Scilla à l’heure prévue, soit à 13h30.

Le mouillage est très joli, l’eau d’un bleu exquis, mais il y a roulage dû au passage des nombreux cargos. En effet, même les bateaux commerciaux se synchronisent avec la marée pour en minimiser les inconvénients. Ainsi quatre fois par jours, des navires, en tir groupé, entrent et sortent du canal de Messine.

Scilla et sa plage...

Scilla, le soir !!!

En arrivant à Scilla, on remarque ce genre de bateau de pêche
avec quelqu'un qui fait de la vigie au haut du mât...
Pour apprendre plus tard que
c'est la façon de faire la pêche à l'espadon...

Nous quitterons Scilla vers 11 heures en théorie demain matin à destination d’une des îles Éoliennes, Panarea, voisine d’un autre volcan célèbre: le Stromboli.

Projet stressant !

Ayant été à Syracuse longtemps, nous avons pu attaquer un projet qui nous a sauté aux yeux, littéralement, récemment. Nos plastiques sur la capote à embrun (« dodger » pour les puristes 😉), se sont opacifiés malgré nos bons soins. Celui côté bâbord, en particulier, est dans un mauvais état : opacifié et présentant deux coupures rafistolées avec du ruban adhésif.

L’idée est de découdre le plastique de la capote, de prendre le plastique d’une de nos toiles de côté (utilisée à l’ancre quand il pleut), de le tailler à la dimension exacte, de le coller stratégiquement à la capote et de recoudre le tout sans que rien n’y paraisse. Ah oui, pour ajouter au challenge on souhaite de refaire les toiles de côtés en plus court, changer légèrement leur taille et replacer la fermeture éclair au bon endroit.

C’est stressant parce que si nous n’arrivons pas à nos fins nous n’aurons plus de capote à embruns pour nos navigations et ce sera très pénalisant !!!

Nous utilisons le « nous » mais en réalité pour ce projet Yolène est l’artisan et Jean son « aide ». Grâce au talent et à la concentration de Yolène et au soutien de Jean (mettons 😉), le projet est réalisé méthodiquement et avec grand succès. Voyez par vous-même.

Yo est en train de découdre l'ancien plastique...

Le plastique était dans un état lamentable...

Coupage du nouveau plastique dans nos "côtés"

Étape de la couture...

Et voilà le résultat...

Et l'autre résultat, notre "côté" modifié...

Pour en savoir davantage sur la suite, revenez nous lire sur le blog !

samedi 22 avril 2023

Mont Etna, Sicile

Syracuse et l’Etna

Nous connaissons Syracuse pour y avoir été en octobre dernier, c’était notre point de départ pour rallier Monastir. Nous aimons cette ville lumineuse et sa vaste rade où l’ancrage est possible presque partout à 9m de fond dans une vase collante à souhait !

Lors de notre balade dans la ville
avant d'aller au restaurant,
manger une excellente pizza !!!

Une voiture électrique en l'honneur de Yolène ???

Deux autres raisons nous incitent à y rester un peu : la première, la réception attendue d’une pompe à eau de mer pour remplacer celle que nous avions et qui nous a lâché, la deuxième, nous voulons visiter l’Etna, le célèbre et très actif volcan, à partir d’ici pour bénéficier du calme relatif de l’ancrage et, partant, avoir l’esprit en paix.

Nous récupérons une voiture de location au milieu de l’après-midi et nous profitons de la voiture pour faire des achats « lourds ». Nous allons chez Odore Divino, commerce et jeu de mots en italien : odeur divine et odeur du vin.

Nous connaissons ce commerce, ils ont déménagé et le local est maintenant franchement chouette. Nous achetons 30 litres de vin, 20 de rouge 10 de blanc. C’est l’équivalent de 40 bouteilles : nous aurons des invités cet été…et nous ne manquerons pas de vino !

6h30, le réveil sonne, nous étions déjà réveillés. Nous enfilons les vêtements choisis la veille, il fera -4 C à 3000m (près de 10,000 pieds). Nous quittons le bateau en annexe.

En route vers l’Etna en Fiat Panda (j’aime bien ce modèle, j’ai toujours en tête un souvenir cocasse lors d’un mariage en France chez de très bons amis 😉). Nous perdons un peu de temps à trouver deux Caffè Latte. Google Maps nous informe que nous serons en retard de 5 minutes au point de rencontre. Jean accélère le pas, l’ours, docile, obtempère.

Le Mont Etna, en route...



Nous arrivons finalement avec 3 minutes d’avance. Le groupe d’Eduardo fait au bas mot 75 personnes. Trois groupes sont formés, nous allons dans le groupe français avec Biagio, comme guide.

La base de la télécabine est à 1900m, le sommet est à 2400m, et nous marcherons jusqu’à 3000m. Nous sommes habillés en multicouches. Lors de la pause lunch, Jean enfile sa cinquième couche. Tuque (bonnet de laine), gants, casque protecteur et bâtons de randonnée complètent notre équipement. L’Etna est le plus gros (en volume) volcan d’Europe et le plus haut sommet de la Med, culminant à 3357m depuis l’éruption de 2022 qui a créé le cratère sud-est.


On est prêt, Jean plus que Yolène mais bon...

L’activité du volcan de répartit en phases explosives, donc des explosions et des déjections de cendres, de roches et de gaz ; et en phases effusives donc de coulées de laves. Lors d’une activité particulièrement intense entre 1614 et 1624 plus de deux kilomètres cube de lave et de déjecta furent rejetés.

La neige est bien présente, certains endroits regorgent de fumerolles (émanation de gaz soufré et de vapeur d’eau), au sol les pierres sont chaudes. Le vent peut être puissant, le froid cinglant.

On voit bien le volcan actif dont le cratère sud-est à droite...
ce ne sont pas les nuages mais bien des fumerolles...
Parce qu'il ventait beaucoup, les sommets étaient dégagés...


Ceci est le cratère du volcan de 2002,
c'est là qu'on terminera notre randonnée...


Un tunnel qui a été formé par la lave...
Il fait 5 mètres de haut...
Parois lisses, et ce n'est pas de la neige
 mais bien l'humidité de l'air qui gèle au contact des roches...

Nous sommes au dessus des nuages à environ 3000 mètres...



On voit bien ici le cratère qui s'est effondré
entrainant des roches sur son passage...


Biagio récupère des roches encore chaudes...
On ne pouvait pas les garder longtemps en main!!!

Pause lunch!!!

Nous marchions dans les cendres et
les scories (des petites roches),
en arrière plan, une piste de ski de 100 mètres!!!

Le cratère de 2002 ayant encore des fumerolles...

Jean au sauna !!!

Au total nous avons marché 6 kilomètres et gravit à pied 600m en ascensionnel.

Une très belle journée de randonnée à la hauteur de nos attentes, merci à Biagio !

Regagner le confort quand ça devient rouleur

À Syracuse, le vent et la houle sont devenus perpendiculaires, rendant le mouillage très inconfortable parce que le bateau oscillait latéralement : ça empoisonne la vie...beaucoup !

Un truc très simple pour rendre le mouillage confortable malgré la situation. On installe un bout sur la chaîne à la mi-longueur et on reprend le bout sur une poulie fixée à l’arrière du bateau et on utilise le winch pour faire pivoter l’avant du bateau directement face à la houle. La houle reçue sur l’avant du bateau fait osciller le bateau longitudinalement, puisque le bateau et trois fois plus long que large, les mouvements sont largement réduits, bonjour confort !    

1.     Reprendre la moitié de la chaine
2.     Attacher un bout autour de la chaine, 3 tours morts et un nœud de chaise
3.     Redescendre la chaîne à sa position initiale
4.     Si la houle vient de bâbord, amener le bout, à l’extérieur de tout, sur tribord.
5.     Passer le bout dans la poulie sur l’arrière côté tribord
6.     Embraquer le bout sur le winch tribord
7.    
Wincher en observant le pivot du bateau et arrêter lorsque face à la houle

Avec cette technique, on voit que Caffè Latte
ne pointe pas dans le même sens que les autres bateaux...
Eux face au vent et nous, face à la houle...


Le corde attaché à l'ancre ramené
à l'arrière du bateau permettant de pivoter le bateau...

À très bientôt pour la suite !

lundi 17 avril 2023

Bye Bye Tunisie...

Nous quitterons Monastir…

La vie de marin est ainsi faite, au terme du séjour hivernal en marina, chacun enclenche le processus de préparation en vue de la nouvelle saison de navigation. Cette préparation est en lien avec le programme de navigation anticipé.

Pour notre part, il s’agira du programme de navigation le plus ambitieux sur Caffè Latte depuis le début de l’aventure. La préparation a été à l’avenant.

L’autre élément à considérer est le critère « sine qua non » du départ de la Marina. Pour Caffè Latte ce critère, sans quoi pas de départ, est, étrangement pour des marins du Nord, la température des nuits. En l’absence de chauffage à bord, nous ne voulons avoir froid au petit matin et voulons éviter d’avoir de la condensation car source de moisissure. Aussi, évidemment la fameuse fenêtre météo qui permettra une navigation sereine vers la direction souhaitée, et, en début de saison le plus « serein » (voire pépère…) sera le mieux !

Finalement, le départ entraînera les déchirantes séparations d’amis navigateurs avec l’espoir et les promesses de se revoir quelque part dans quelque endroit sur la planète.

Ceci est plus particulièrement ressentit cette fois-ci car nous quitterons la Med pour de bon. Pour les autres marins qui traverseront l’Atlantique comme nous, nous nous disons que nous nous reverrons aux Canaris avant le grand départ.

Par ailleurs, cet été nous aurons la chance d’avoir trois groupes d’amis qui passeront du temps à bord et cela nous réjouis. De plus, nous croiserons presque assurément d’autres marins cet été, nous en avons convenu et ça aussi c’est source de réjouissance.

Nouvelles voiles  

Nous le savions dès la saison dernière entamée : c’était le chant du cygne pour les voiles. Après dix saisons de bons et loyaux services, entrecoupé de systématiques et parfois sérieuses réparations, et de nos bons soins annuels habituels (lavage, séchage, pliage et remisage) le moment de leur remplacement est arrivé.

Nous avons fait le choix de changer nos voiles en DCX (taffetas de Dacron laminés et trame en « X » de polyamide) pour des voiles moins sensibles aux UV et à la moisissure.

Notre choix s’est posé sur l’hydranet pour la voile avant, le moteur du voilier. De construction tri-radiale et avec des polyamides incorporés aux trames de Dacron, la robustesse et la déformation minimale de cette voile est assurée. Pour la grand’ voile, une construction « cross cut » classique, lattée et avec trois ris (avec poulies avant et arrière) fait avec un Dacron moderne et performant le 410 AP de Dimension Polyant.

La livraison officielle...

Le genois...

et la Grand'voile...

La livraison et l’installation des voiles fut terminée avant le départ au chantier en mars et nous avons dû, au retour du chantier, augmenter la taille du lazy-bag (ce dans quoi la grand’ voile affalée est placée) pour recevoir cette nouvelle voile légèrement plus volumineuse, une tâche très bien réussit par Yolène et sa machine à coudre !

Bravo à Impulsion Sails pour leur excellent travail et leur service de qualité, une bonne adresse en Tunisie pour les voiles et les canevas.

Jean a même lavé le mât
pour éviter que le sable accumulé durant l'hiver
salisse les nouvelles voiles...

Les adieux, les aurevoir

Pas simple de dire adieu aux copains navigateurs. Parfois, certains quittent soit pour retourner chez eux ou en voyage, et il se peut qu’à leur retour nous soyons partis… On fait alors un souper d’adieu.

Si par bonheur, ils reviennent de chez eux ou de leur voyage avant notre départ, alors on se refait un souper d’adieu. Pour d’autres encore, on fait souper d’adieu en prévision de notre départ et on en refait un autre quand le départ est imminent.

Parfois un apéro animé par un échange de bons ancrages et de « must see » et de partage de plan de navigation et d’espoir de se revoir se conclu par un au revoir bien senti.

Parfois encore, un coup de fil, un WhatsApp, à des amis à distance pour un dernier « bye bye »…

Un des soupers d'aurevoir avec les amis français...


Yolène a croisé sa "soeur cosmique"...
une autre Yolène... (écrit pareil!!)

Bref, ce n’est pas simple 😉, mais c’est toujours déchirant. Un « à une prochaine fois » spécial à : Adel, Alexandra, Beppe, Brigitt, Brigitte, Christian, Christine, Corinne, Didier, Ditmar, Dominique, Jean, Jean-Yves, Joëlle, Mario, Patrick, Sergio, Thomas, Uli, Valeria et Wefek.

Entre-temps, notre fenêtre météo semble se préciser autour du 11 avril pour rallier Malte…Inch’Allah !

Navigations Tunisie – Sicile

Nous sommes debout tôt ce matin du 11 avril. La météo, re confirmée une énième fois par Jean est au rendez-vous. Nous récupérons le cordon électrique. Yolène finit de ranger à l’intérieur et Jean prend les ordures et les documents bateau en direction de la police nationale. Oups, Yolène doit être présente. Jean retourne au bateau pour la chercher.

Nous remplissons les formalités et ipso facto, la police nous escorte au bateau, un officier monte à bord, inspecte le bateau. Il ressort, rejoint le quai et on nous « invite » à partir.

Didier et Christine, et Dominique et Brigitte, nous donnent les amarres, nous font leurs aux revoir et nous partons à l’aventure !

C'est un départ...


On quitte officiellement la marina...

Les vents sont bien présents, de même que la houle. Nous avons un bon départ. Haipule, un bateau ami parti plus tôt est devant au loin. Nous maintenons le tempo prévu par notre routage pendant les dix premières heures, mais vers 18h les vents sont faibles, les voiles claquent un peu…si bien qu’à 18h30 nous démarrons le moteur pour préserver les voiles et continuer d’avancer. Six heures plus tard, le moteur se tait après que Yolène eut ouvert le génois : nous avançons à plus de 6 nœuds, c’est cool.

Au matin, nous sortons la grand’ voile est nous filons vers Malte, les conditions sont calmes, nous avons cumulé du retard sur le routage car les vents sont plus faibles que prévus.


On fait parfois des siestes
pour récupérer du mauvais sommeil de la nuit...


Terre en vue... C'est Gozo à Malte...

Nous arrivons à notre ancrage, Mellieha, vers 18h après 33 heures de navigation. Nous sommes un peu crevés, Jean regarde la météo et constate que si nous partons demain matin à 5h pour Siracuse, nous arriverons après minuit…non, nous allons nous reposer et attendre un peu, en principe samedi une fenêtre s’ouvrira…

Samedi matin 8h, déjeuner et départ à 9h15. Nous hissons la grand’ voile à l’ancre et filons vers la sortie de la baie. Les vents n’ont pas l’angle prévu et il y a un cargo immobile qui se dresse sur notre route, nous l’évitons mais nous nous éloignons davantage de notre but, soit de rallier la Sicile, en fait la pointe inférieure droite (au sud-est). Nous choisissons, après quelques tentatives et discussions, de rouler vent arrière avec le génois tangonné.

Les bateaux bleus sont des cargos dont on voit l'AIS...
Il y avait un peu de traffic au sud de la Sicile...


Cette allure sera plus lente que ce que le routage a calculé mais au moins nous allons dans la bonne direction. Mais, au fur et à mesure que la journée avance, les vents sont un peu plus forts et leurs angles meilleurs. Ceci fait en sorte que nous allons arriver avec 30 minutes de retard sur un parcours de plus 13 heures à la voile soit un écart de moins de 4% ! Finalement, ce sera une de nos meilleures navigations en Med : tout a été parfait jusqu’à notre arrivée de nuit dans la baie de Siracusa où nous avons fait une demi-heure de moteur pour l’ancrage.

Le sommeil sera bon, d’autant que de la pluie est prévue toute la matinée, rien ne pourra nous inciter à nous lever tôt !

Vous pouvez nous suivre en temps réel via ce site MapShare (garmin.com)

À très bientôt pour la suite !

mercredi 5 avril 2023

Sortie de l'eau à Monastir, Tunisie

Sortie de l’eau à Monastir

Le lundi 13 mars, une date choisie par rapport à la météo et non pas pour défier le sort, nous sommes dans la darse (le point de ramassage du bateau par grue du chantier) à 8h30 comme convenu. Nous nous affairons à retirer les pataras (ce qui retient le mât vers l’arrière du bateau) parce que la grue est limite pour notre bateau à cause de la combinaison longueur et tirant d’eau de Caffè Latte.

Rapidement nous sommes sortis de l’eau, un grattage rapide retire ce qui a « poussé » sur le bateau depuis un an, c’est suivi d’une nettoyage à la pression mais en mode léger car nous voulons préserver notre peinture anti salissure.


La coque est plutôt belle...
très peu d'algues ayant poussées...

C'est toujours impressionnant de voir
ce qui peut pousser, sous l'eau, sur la coque...

Dans l’ordre, Yolène nettoie la « ligne d’eau », nettoie l’embase du moteur et l’hélice et pose le ruban cache au-dessus de la ligne d’eau.

Pendant ce temps, Jean prépare l’extraction des cinq passe-coques ; le travail consiste à retirer les tuyaux des barbules (en chauffant les tuyaux), de vérifier l’état des collets et de récupérer l’eau se trouvant dans les tuyaux pour éviter de répandre le « jus » à intérieur.

Quand ce travail est fait, Amor, le responsable du chantier, commencera à ôter le laiton des passe-coques pas l’extérieur à l’aide d’une rectifieuse (un « grinder » pour les puristes 😉). Amor est un as, il ne laisse que l’épaisseur une feuille de papier de laiton à l’extérieur et retire l’anneau en délicatesse. De l’intérieur, Jean tourne un peu le passe-coque et le calfeutrage fini par céder.

Voilà les "disques" de laiton des passe-coques,
une fois retirés de l'extérieur du bateau

Nous attaquons ensuite le sablage à l’eau de la surface de la coque que nous voulons peinturer. Par la suite, nous préparons la peinture en incorporant du cuivre à la base de la peinture et en mélangeant longuement. Nous appliquons la peinture sur la ligne d’eau, le safran et une portion de la quille.

Nous attaquons ensuite la pose des nouveaux passe-coques en appliquant du calfeutrant à l’extérieur du bateau et à intérieur du bateau. Nous serrons la bague à l’intérieur en allouant une petite épaisseur de calfeutrage pour un serrage « ultime » après 24 heures de séchage.

Ça, c’est la théorie, en pratique nous avons mis trop de calfeutrage à l’intérieur, nos valves et nos barbules sont en place au bout des passe-coques et nous avons que très peu d’espace pour serrer les bagues. Nous sommes dubitatifs… Jean utilise une pince qui nous permet de serrer les bagues plus facilement mais il faut aussi empêcher que les passe-coques ne tournent à l’extérieur.

Nous faisons appel à Amor, qui vient sauver la situation. Nous inversons les rôles après un passe-coque : Jean ira à l’extérieur pour tenir les passe-coques et Amor à l’intérieur pour serrer la bague : nous faisons de notre mieux. Nous sommes, tous trois, semi-confiants du résultat, mais nous pensons que sera vraisemblablement un succès.

Voici le plus petit des passe-coques, 1/2 po..
Du bas vers le haut, la pinoche, le passe-coque,
la valve et le tube (sous le tube, le barbule),
ça à l'air étanche ??!! Inch'Allah

Nous terminons le cirage du bateau en deux étapes de « compound » et de cire avec un succès relatif : nous convenons que la prochaine sortie du bateau sera dédiée à un traitement de surface plus complet, après dix ans, malgré nos bons soins (largement supérieur à ce que la moyenne des navigateurs font comme intervention), le temps est venu de passer à cette étape.

L’heure H de la remise à l’eau approche, il est 13h et des poussières, le bateau est pris en charge par la grue, les piliers de support sont retirés, le bateau se soulève hors du ber et la grue se dirige vers la darse. Jean a fermé toutes les valves à bord, aucun des tuyaux n’est rebranché et il convient avec Amor de déposer le bateau pour que les passe-coques se recouvrent à peine avec l’eau de mer puis d’arrêter, le temps que Jean fasse le tour des passe-coques pour en vérifier l’étanchéité. Première inspection réussit. Le bateau est complètement relâché par les sangles de la grue, réinspecté pour des potentielles fuites mais tout est beau. Selon Amor si cela avait eu à fuir ça l’aurait déjà fait.

Nous remettons le pataras en place, ouvrons les instruments de navigation, démarrons le moteur, prévenons les « marineros » de notre retour à quai, et nous nous dirigeons lentement vers notre quai. Nous nous amarrons, revérifions la présence de fuite : tout semble Ok ! Jean commence à rebrancher les tuyaux un à un, c’est un succès pour tout sauf l’évier de la cuisine…

Jean va acheter un nouveau tuyau pour remplacer l’ancien qui est trop amoché et qui fuit malgré le serrage des colliers. Le nouveau tuyau refuse de s’insérer dans la sortie de l’évier ? Ah ben Tabarn…la sortie fait 32mm et le passe-coque fait 25mm. Pas surprenant qu’il y avait une fuite depuis un bout… Jean trouve la solution : un bout de 32mm sur l’évier jusqu’au passe-coque puis un bout de 25mm sur le passe-coque puis le 32mm par-dessus le 25mm avec deux colliers. C’est super étanche et le sera pour un bon bout.

Curieusement quand nous disons aux amis navigateurs que nous avons changés les passe-coques ils répondent tous : Ah oui vraiment !! C’est une expérience enrichissante et un peu stressante 😉, ceci dit après environ 25 vérifications additionnelles nous commençons à dormir mieux la nuit 😊.

À bientôt pour la suite !