jeudi 9 mai 2024

Les plans changent...

De Culebra à Porto Rico

Le 2 avril, nous allons souper à un restaurant de cuisine mexicaine où les tacos sont rois ! Atmosphère conviviale, joli décor et très bon service. Nous passons quelques jours de plus, en changeant de baies, à Culebra.

Un ancrage à Culebra...  Petite île à l'est de Porto Rico

Le 4 avril, nous filons vers Porto Rico pour atterrir à Patillas au sud-est de l’île, une navigation sans histoires, au portant, un 44 MM sous voiles. Déjà, le lendemain matin, nous sommes à pied d’œuvre, vers 10h30 nous filons toutes voiles dehors vers l’île de Caja de Muertos pour un 32 MM.

Les ancrages au sud de Porto Rico
sont situés derrière les nombreux récifs:
on est protégé des vagues mais pas du vent.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, nous poursuivons le lendemain vers La Paraguera, un 26 MM en appui moteur. Et le lendemain, nous arrivons à Porto Real au bout d’une belle navigation de 23MM. Nous sommes aux abords du passage de Mona, situé entre Porto Rico et la République Dominicaine.

Malgré notre insistance et nos suivis fréquents, nous n’avons pas de réponse claire pour l’auto pilote…nous sommes à la croisée des chemins…

Jean a réfléchi toute la nuit, il n’a pas vraiment dormi. Sa conclusion est que poursuivre jusqu’en Floride sans auto pilote, c’est un peu de la folie. Nous aurions plus de 900 MM à faire, de jour en très grande partie car les Bahamas sont jonchés de « patates de coraux » qu’il faut éviter, les ancrages sont peu profonds et devront être fréquent (tous les jours…) du fait de l’absence d’un auto pilote.

Donc, de deux choses l’une : on récupère l’auto pilote ici à San Juan Porto Rico, sur la côte nord, vers le milieu de l’île et, pour ce faire, nous retournerons sur nos pas, vers l’est, avec des vents dominants de l’est. Une fois rendu à l’extrémité est de l’île, si nous n’avons pas un point clair sur la disponibilité de l’auto pilote, nous rebrousserons chemin jusqu’à Antigua, d’où nous sortirons le bateau de l’eau pour la saison des ouragans. L’an prochain, en 2025, de janvier à mai, nous amènerons le bateau aux US pour conclure notre périple et vendre le bateau.

Inutile de dire que cette réflexion a amené des discussions et au moins une autre nuit d’insomnie, cette fois c’est au tour de Yolène. Vers 1h00 elle se lève et prend l’ordi, qu’elle allume. Elle a en tête de voir la distance à franchir pour se rendre de Porto Rico à NYC sans auto pilote. Après passablement de manipulations sur le logiciel Open CPN le verdict tombe : près de 2000 MM. C’est énorme, à 50MM par jour c’est 40 jours de navigation. Et, il est impossible de se taper 40 jours consécutifs, la fatigue, les conditions météos et les fenêtres météo requises allongeraient le temps nécessaire. Résignée, Yolène se rallie, par la force des choses, au plan proposé par Jean.

Porto Rico à Antigua

Le 10 avril, nous amorçons le retour vers l’est. C’est compliqué, comme prévu. Nous utilisons des stratégies pour minimiser l’inconfort, car des vents d’ouest, du nord ou du sud n’existent pas ici. Au mieux, on aura du nord est ou du sud est…et ces vents-là ne sont pas si fréquents.

La première stratégie est de faire du moteur très tôt le matin avant que les vents d’est ne s’établissent. Ça marche parfois, on peut se faire surprendre par des vents qui arrivent plus tôt ou qui sont plus forts que prévus… La deuxième stratégie c’est d’utiliser au maximum les vents du nord est pour faire de longues journées en naviguant au près serré. La troisième stratégie c’est d’aller au sud sud est avec des vents d’est et de revenir en allant au nord nord est toujours avec des vents de l’est. Ceci nous permettra d’aller à Sainte Croix (à partir de Vieques) dans les Vierges Américaines et de remonter à Charlotte Amalie à Saint Thomas toujours dans les Vierges Américaines.

Vieques, l'autre île à l'est de Porto Rico,
une belle escale de 3 jours
dans un ancrage magnifique et tranquille 

Ici, les chevaux sont en liberté...

Notre ancrage... presque seul!!!

Nous devons monter le plus au nord possible pour avoir un meilleur angle pour nous rendre à Saint Martin, côté français, pour du réappro. Le 26 avril, nous revoyons LA fenêtre météo mais elle est devancée du 28 au 27…Nous nous activons, moteur jusqu’à Cruz Bay, formalités, puis départ pour Leverick Bay en début PM. Nous ferons 32 MM avec un grain (pluie forte et vent) pour les derniers 8 MM.

Le lendemain, à 8h45, nous levons les voiles en direction de Saint Martin, 90% à voile, 84MM, ancre jetée à 1h30AM. Très heureux d’être ici ! Réappro le lendemain matin, formalités et attente de meilleure météo : il pleut et il vente fort pour quelques jours.

Finalement, le 30 avril en fin de journée ça se calme un peu, nous allons à Grande Case d’où nous partirons le lendemain matin. Le 1 mai, à 6h nous partons vers Antigua, au près serré, nous aurons des grains, dont les vents nous serons utiles pour nous avantager en vitesse et en direction, nous arriverons à Antigua, baie de Jolly Harbour à 23h30 après un joli 96 MM de navigation.

À l’arrivée nous avons droit à un rhum punch bien tassé et à des Tostitos ! Ouf !!!

Nous avons pu revoir nos amis de Ambition, Maryse et Merrill, à quelques reprises, toujours tellement sympa ! Par contre, nous avons eu un épisode de pluie torrentielle, photo à la pluie l’appui 😉.

Une bouteille de vin spéciale
que nous voulions boire à la fin de l'aventure...
mais laissant le bateau sorti de l'eau pour 8 mois,
nous ne voulions pas risquer de la gâcher...
Une bouteille achetée à Samos, en Grèce,
qui a été immergé dans l'eau pendant 2 ans...
Une belle dégustation !!!

...Partagée avec Ambition !!!


Bilan de la saison 2023-2024 :

Du 11 avril 2023 au 1 mai 2024 soit 54 semaines

7,425 MM soit 13,750 km, c’est notre record !

Le bateau lui approche les 30,000 MM soit 55,500 km, soit une fois et demi le tour de la planète.

Nous rentrons au Québec le 19 mai, d’ici là beaucoup de trucs à organiser, à laver, à ranger et à faire. On a très hâte d’être chez nous, au Québec !!!

mardi 2 avril 2024

Antigua aux Iles vierges américaines...

Barbuda : passage éclair !

Lever, déjeuner, nous levons les voiles pour nous rendre à Barbuda, île très basse faisant partie d’Antigua. Nous avons droit à des vents de 15 noeuds, GV avec deux ris et plein génois nous filons à une moyenne de 6,8 noeuds sur 30,5 MM, le tout 100% à la voile. Merveilleuse navigation, typique des Caraïbes.

L’eau y est très bleue, le sable y étant abondant, que quelques bateaux, tout au plus 6 ou 7, un petit coin de paradis. Nous y dormirons comme des bébés ; on a tout intérêt car le réveil est programmé pour 5h15 !




St-Barth…illégal ?!

Après le déjeuner, nous levons la voile à 6h30. Pleine voilure, GV haute et génois, malheureusement les vents attendus…se font attendre. Nous aurons environ 12-14 noeuds, une combinaison compliquée à gérer du fait des vagues qui sont plus importantes et qui font claquer nos voiles…arghhhhhh!!

Nous sommes obligés de faire du moteur, jusqu’à ce qui les vents reprennent de la vigueur. Nous arrivons à St-Barth au coucher du soleil…

Nous connaissons le mouillage pour y avoir été en 2017, mais nous trouvons qu’il y a beaucoup de balles de mouillages et peu d’endroit où jeter l’ancre…misère, et il fait de plus en plus noir…il y a des balles de mouillage libres…nous en prenons une…malgré le fait que nous savons qu’elle est privée. Il est maintenant près de 20h et il n’y a presque plus de mouvement dans la baie : nous serons illégaux pour la nuit…pluvieuse. Le lendemain matin, nous quittons St-Barth sous un ciel complètement bouché à 7h45 et sans s’être fait surprendre. Nous irons à Marigot, côté français de St-Martin.

St-Martin : retour au point de départ de l’aventure européenne

Nous naviguons sous génois seul puisque nous avons qu’une vingtaine de milles à faire et que nous serons presque en vent arrière, ce sera plus facile à gérer…

Heureusement pour nous, ce ciel bouché nous amènera trois grains (forte pluie accompagnée de vent) ce qui nous fera filer à bonne allure !

Nous nous ancrons, dans cette baie d’où nous sommes partis en 2018 en direction des Açores, situées au milieu de l’Atlantique… Nous y sommes bien.

Le lendemain, nous irons à terre pour les douanes et un réappro de frais au Super U (bannière française). Au retour nous voyons un voilier à la coque bleu royal : c’est Zafu, un bateau ami rencontré au Maroc et revu à quelques reprises par la suite. Nous nous arrêtons, faisons un brin de jasette et nous évoquons la possibilité d’aller dans un bar côté hollandais, le lendemain.

Nous irons donc, le lendemain, au Lagoonies avec Pascal et Patricia de Zafu, un bar que nous fréquentions à l’époque, en 2017, où il y avait pas mal d’ambiance, des bières 2 pour 1 très abordables et une cuisine très correcte…


Super coucher de soleil lors de notre retour au bateau !

À 19h30, nous avons un Messenger vidéo avec Patrick et Line, nos bons amis de Sherbrooke : très cool de pouvoir échanger avec eux et bien hâte de rentrer au Québec cet été ! Vite au dodo, nous voulons quitter le mouillage tôt demain matin, réveil programmé pour 4h50… direction les îles vierges Britanniques.

Les îles Vierges Britanniques : nous sommes de retour !

Nous quittons Marigot, sous voiles à 5h30, au grand large (vent trois-quart arrière). Une très belle navigation, sauf un petit bout où les vents sont trop faibles. Nous nous relayons à toutes les heures pour que ça ne soit pas trop fatiguant de barrer ainsi, nous en auront pour près de quinze heures.

Ce fut un peu long mais ça s’est super bien passé, 100% à voiles, même dans le chenail d’entrée de la baie de Leverick. C’est l’avantage d’y avoir déjà été, nous savions le chenail bien balisé, la lune était presque pleine, il y avait de la place pour nous entre les autres voiliers : génial !  Nous y passons une excellente nuit.

Un autre beau coucher de soleil
à notre arrivée dans les BVI...

Il nous est arrivé plusieurs aventures à Leverick Bay. Rencontre fortuite avec Catherine Dawe et Michael Andronov, départ vers Sint-Martens avec le voilier Island (Myriam, Michel, Vincent et Alex), et retour sur nos pas après la découverte d’un problème de tension dans les haubans suivi d’une soirée mémorable avec nos amis de Calgary sur Grand Cru ! 

Direction îles Vierges Américaines

Nous quittons le mouillage assez tôt, nous nous joignons à la procession de bateaux quittant Leverick, sous génois seul, nous avons à peine 20 milles à faire…

Faisant route, nous avons croisé la ligne d’arrivée de notre première traversée en 2016, près de Tortola et avons entrevu la marina de Nany Cay, lieu de notre atterrissage à 00h30 ce soir du 15 novembre 2016 (Trump avait été élu un peu plus tôt ce mois-là…). Que de souvenirs…de bons et de moins bons !

A notre départ des BVI...


Nous nous ancrons à Hansen Bay (les deux frères de Slapshot n’y sont pas ), au sud est de St-John, une île majoritairement située dans un parc national, dont les américains ont le secret…

Pas d’internet ici, en fait pas d’antenne cellulaire. La communauté a installé un réseau Wifi, mais puisque nous sommes en bateau, que la baie est petite et qu’il y a déjà trois bateau, l’accès à la ressource sera complicado… La nuit fut bruyante, un peu, grâce au fond marin jonché de coraux déglingués.

Nous décalissâmes le lendemain matin, non sans avoir plongé pour faire une reconnaissance du lieu où notre ancre se fusse posée. Au plus vite, nous voulons aller dans un lieu où un réseau cellulaire existe et où nous pourrions faire nos formalités : j’ai nommé Cruz Bay.

Navigation de 10 MM jusqu’à Honeymoon Bay (baie du voyage de noces, le lieu est inspirant 😉). Nous prenons une balle de mouillage publique et payante et nous nous rendons aux douanes pour nos formalités.

Par la suite, direction un café, pour une glace et un caffè latte. Nous faisons connaissance avec Viya le fournisseur des internets ici aux USVI. On se pose et on apprécie notre mouillage, à 200 mètres max de la plage l’eau y est crystalline, l’apnée assez incroyable : on aime 😊. Nous y passerons deux nuits.

Notre cour arrière !!!

Nous déménageons pour une baie, toujours dans le Parc National, mais cette fois, dans une espèce de cul-de-sac où il y aura moins de trafics de bateaux. Toujours aussi beau mais sans internet. Nous allons à terre pour se dégourdir les jambes…et les bras car nous avironnerons !

Nous marchons jusqu’à Waterlemon Bay, c’est sympa, mais pas spectaculaire. Retour sur Caffè Latte pour une nuit sans histoire.

Sentier dans la mangrove...

Caffè Latte à sa balle de mouillage...



Moulin à sucre...


Le lendemain départ, sous génois, pour trouver de l’internet (question de météo à venir), finalement nous nous rendons dans la baie de Charlotte Amalie, là où se posent les bateaux de croisière. Nous y passerons 4 nuits. Nous avons été à quelques reprises par terre pour du réappro de frais et de vin et aussi pour une balade à pied. Nous sommes aussi allés au restau, le « Tap and Still » avec l’équipage de Amorgos Blue, Robert et Heather, des américains croisés en Tunisie et revu de ce côté-ci de l’Atlantique.

Nous filons vers Brewers Bay, situé à moins de 5MM de Charlotte Amalie, où l’eau est cristalline, l’ancrage est sur du sable blanc et…la piste de l’aéroport à 1/2MM (ce n’est pas très dérangeant, pas d’avion la nuit). Nous faisons de l’eau et nous nous occupons à faire diverses tâches. Nous attendons une fenêtre météo pour nous rendre à Culebra, une petite île près de Porto Rico.

Cela se concrétise, lundi le 1 avril (ce n’est PAS un poisson d’avril), une petite balade de 21MM réalisée en 3h40 (notre routage nous donnait 4h20, le vent était plus fort que prévu 😊. À notre arrivée nous contactons les douanes de Porto Rico par leur application CBP Roam (géniale), qui permet, en ligne, de donner les infos bateau et passagers (prise de photos des passeport et documents bateau). Par la suite, un contact vidéo est établi avec un douanier, on lui montre nos étampes des USVI sur notre passeport et il nous souhaite bon séjour à Culebra.

Notre ancrage...

En fin d’après-midi, un bateau québécois s’ancre à proximité, nous nous saluons. Le lendemain, nous allons à leur rencontre en annexe. Benoît et Marie-Josée, sur un Dufour 53 de 2023, des ex du Lac Champlain, une belle rencontre…mais ne nous naviguons pas dans la même direction, hélas !

A bientôt pour la suite car à partir de…maintenant : nous sommes en mode découverte !!!

samedi 16 mars 2024

Antigua, Les Caraibes

À la découverte d’Antigua !

Peu de temps avant notre traversée de St-Martin vers les Açores, qui eut lieu à la mi-avril 2018, nous avions été avec des amis (Merrill et Maryse de Ambition, Robert et Petra de New Vision) à Antigua pour les régates des voiliers anciens et modernes. Nous étions principalement restés dans les baies de Jolly Harbour et de Falmouth. Nous avions bien aimé mais ce fut trop court.

Cette fois-ci, nous voulons découvrir plus en profondeur les ancrages de l’île d’Antigua, une des plus jolies et civilisées des Antilles. Pour se faire, nous serons accompagnés par des ex-voileux du Lac Champlain, Yves et Danielle sur Porquerolles, sur leur nouveau catamaran Outremer 45, rencontré à l’ancrage du Marin en Martinique.

La navigation

Privé de l’auto pilote, nous avons adapté la distance à franchir pour ne pas nous « écœurer » de barrer. De Ste-Anne en Martinique nous avons été à Anse d’Arlet (20MM), St-Pierre (19MM), Portsmouth en Dominique (55MM), Terre-d’en-Bas en Guadeloupe (20MM) et Malendure (20MM), où nous avons pris une journée de pause, puis Jolly Harbour à Antigua (60MM). Une navigation typique des Caraïbes, vent de travers entre 15 et 20 Noeuds de quoi nous permettre de bien marcher, des zones d’ombre près de la côte des grandes îles, un peu de grains pour pimenter le tout et de bons ancrages pour passer de bonnes nuits réparatrices.

Antigua

Nous avions convenu de nous rejoindre à Jolly Harbour, nos itinéraires étaient différents (nous à cause de l’absence d’auto pilote) mais le hasard a voulu que nous y arrivions, Porquerolles et nous, presque en même temps, à moins de 2 heures d’écart.

Nous ferons nos formalités en même temps. Elles seront plus longues en raison d’une panne informatique causée par un bris d’équipement.

Nous fraternisons beaucoup avec l’équipage de Porquerolles. Entre les apéros, les soupers à bord, le resto à Falmouth, les parties de quilles finlandaises sur le sable, la chasse aux langoustes, les petites randos et les navigations d’ancrages en ancrage, nous avons passé une semaine avec eux. Ce fut très agréable; une belle complicité, des valeurs communes et de l’échange d’informations!

Nous aurons été dans les baies de Jolly Harbour, Five Islands, Falmouth, Green Island et Birds Island. Nous avons adoré Antigua !

Laissons aux photos le soin de vous montrer la beauté des lieux !

A notre ancrage à Five Islands, la présence de pélicans...

Un pélican au repos... Majestueux!!!

English Harbour...
Là où les gros voiliers aiment se poser !!!

Une belle randonnée pour se dégourdir les jambes !!!





Notre ancrage à Falmouth...


Une autre randonnée, cette fois, sur Green Island...



Navigation en route vers Birds Island
où nous devons zigzaguer à travers les haut-fonds !!!



Avant de repartir pour les Îles Vierges Américaines, nous sommes retournés à Jolly Harbour pour faire du réappro, faire nos formalités et revoir un voilier ami Allemand, Toriba, de Thomas et Uli, rencontré en Turquie et revu en Tunisie et aux Canaries. Un apéro sur Caffè Latte, un lunch à Jolly Harbour et un autre apéro avec Thomas, furent l’occasion de renouer avec lui, Uli étant retenu en Allemagne, malheureusement.

Nous avons repris la mer, ce samedi le 16 mars, en direction de Barbuda, une île au nord d’Antigua. 

Rendez-vous bientôt pour la suite de notre aventure !

mardi 5 mars 2024

Martinique

La longue attente…

Après 4 jours de repos, du 31 décembre au 3 janvier, nous sommes allés au port du Marin, pour faire notre entrée (les formalités douanières) et nous rendre à un shipchandler pour identifier qui pourrait bien nous aider avec les réparations bateau que nous avons à faire.

Ste-Anne sera notre ancrage principal
pendant notre séjour en Martinique...

Étonnamment, mais pas tant que cela quand on connait Yolène 😉, nous avions encore de quoi manger même après 25 jours de navigation… Nous avons décidé de faire des photos de ce qui nous restait dans les coffres. Tout ça pour dire que nous irons aussi aux Supermarchés.

Garde-manger encore presque plein !!!

Notre premier déjeuner avec des aliments de la Martinique:
la baquette, le fruit de la passion et une goyave... MIAM!

Pour le moteur de l’auto pilote c’est Julien qu’il faut voir mais il ne sera de retour qu’à 13h30. Pour le rail du tangon, c’est Kevin. De ce pas nous allons trouver Kevin. On lui explique le problème, il nous assure que c’est un boulot qui ne prendra qu’une heure, mais qu’il faut le faire planifier, le mettre à l’agenda, en passant par Aurélie, qui malheureusement est absente. Nous sommes en début d’année et le boulot n’est pas reparti exactement sur les chapeaux de roues !

Retour chez Caraïbes Marine pour voir Julien, M. Électronique et lui parler de notre problème d’auto pilote. Il écrira un courriel à son contact chez Tecmar, le distributeur Lewmar France. Quelques jours s’écoulent, je retourne voir Julien pour avoir des nouvelles, il doit relancer Tecmar, c’est le début de l’année pour tout le monde… Nous en profitons pour tenter de voir Aurélie, sans succès, elle a eu un problème familial…

Il pleut beaucoup pour un mois de janvier en Martinique...

On s'occupe en attendant...
Ici, petite balade sur les plages...

Un arc-en-ciel de nuit.. c'est plutôt rare...


Un voilier typique martiniquais appelé la Yole...


De fil en aiguille, se fut long, mais avec patience, méthode, disponibilité et gentillesse, nous aurons finalement un rendez-vous avec Kevin, le 16 janvier, qui fera le boulot en une heure comme promis.

Julien, avec lequel il faut se présenter en personne, dans sa face, pour avoir de l’info ou pour qu’une relance soit faite, nous aura le moteur le 30 janvier. Jean l’installe, le branche, le relie à la chaîne et constate un problème de « fluidité ». La barre à roue ne tourne pas librement, il y a des blocages. Visite de courtoisie chez Julien, il dépêchera un technicien le 7 février, pour constater que le moteur « coince ». Moteur retiré et retourné chez Julien. Ce dernier va contacter Tecmar pour qu’on lui en expédie un autre.

Au bout de deux semaines et après un échange au téléphone assez « musclé », Julien accepte de payer les frais de transport de 200 Euros ($300), car il est hors de question que nous payons les frais de transport d’un produit de remplacement qui est défectueux…

Le nouveau moteur arrive donc le 21 février, un beau cadeau d’anniversaire pour Yolène 😊 à l’avance! Jean installe le moteur et la fluidité n’est pas optimale mais quand même acceptable. Nous décidons de quitter la Martinique, de Ste-Anne, le samedi 24 février. Nous allons naviguer jusqu’à Fond Boucher, environ 4 heures de bonheur, à l’auto pilote… sauf que… en préparation pour l’ancrage, nous désengageons l’auto pilote et Jean constate que la barre à roue est difficile à tourner ! Merde, nous devrons retourner au Marin le lendemain, car le moteur a aussi un problème…

Retour à la case de départ… Nous contactons Julien, lundi matin à la première heure, et il nous aura un technicien le lendemain matin vers 10h30. Le technicien constate la non fluidité de la barre, l’installation était bien faite, les branchements aussi et tout l’électrique du bateau est ok.  Conclusion : problème moteur, encore…

Je passe voir Julien à nouveau au bout de deux jours, pour savoir où il en est, il a eu une discussion avec le responsable du SAV de Tecmar qui confirme que nous serons pris en charge et qu’un autre nouveau moteur nous sera acheminé à un concessionnaire Lewmar de notre choix dans les Antilles. Ceci nous permettra de « sacrer » notre camp de La Martinique, sans auto pilote bien sûr, le 29 février, deux mois après notre arrivée le 31 décembre.

Nous filons donc vers Antigua, par saut de puce de moins de 10 heures de navigation, que nous devrions atteindre le ou vers le 6 mars.

Durant tout ce temps, heureusement pour notre santé mentale, nous avons vu des amis et fait connaissance avec d’autres marins. Ainsi Merrill et Maryse du voilier Ambition, que nous avons connu en 2016 et qui ont traversé cette année là avec nous dans les Caraïbes, nous ont rejoins à Ste-Anne et nous avons fraternisé beaucoup avec eux, toujours un vrai plaisir. Benoît Villeneuve, notre ex-routeur et ami, ainsi que François son équipier, que nous avons aussi vu à quelques reprises et avec qui nous avons eu aussi beaucoup de plaisir. Sans oublier notre ami de longue date Martin, collègue de travail et personne qui a fait le plus de séjour à bord de Caffè Latte, qui nous a fait le plaisir de venir passer un 2 jours à bord : c’était super le fun et totalement imprévu !

Malheureusement, pas de photos de nos soupers entre amis...
Ici, on a Benoit que l'on aide
suite à des problèmes avec son spi durant sa traversée...
Tout le monde a ses petits pépins...


A bientôt pour les prochaines nouvelles en direct d’Antigua!

mardi 9 janvier 2024

Traversée vers les Caraibes

Santa Cruz de Tenerife : décorations de Noël

Peut-être un sujet quétaine, mais c’est quelque chose de très gros ici. On vous laisse juger par vous-même…

La rue piétonnière...

Les poinsettias remplacent les fleurs dans les plates-bandes...




Ici, c'est assez intense !!!


La traversée vers les Caraibes

Le grand jour sera le 7 décembre 2023. À tous les jours, Jean consulte la météo et cela sera confirmé : le jeudi 7 décembre. Au matin du 7, Jean fait une ultime vérification météo, c’est bon, mais dans 6 à 7 jours il y aura une perturbation, un petit système devant nous brisant les alizés, ces vents d’est qui nous porterons jusqu’au Antilles. Mais 6 à 7 jours c’est loin et ça a le temps de changer. On y va!

Nous partons à 11h pile, ce sera plus simple pour faire nos relevés de position quotidien. Nous aurons quatre fuseaux horaires à franchir : au 015W, au 030W, au 045W et au 060W. À chaque fois, nous aurons une heure de plus, donc nous aurons quatre jours de 25 heures. Cette heure servira à dormir une demi-heure de plus chacun!

C'est le départ...


Les trois premiers jours se passent rondement, nous faisons environ 150MM chaque jour essentiellement avec que le génois (voile avant) et son tangon (ça maintient la voile « étirée » sur le côté. On a même un moyenne de 6,7kn!!!



Au jour 4, un problème d’ordi : Kaspersky, notre anti-virus, veut avoir de nouveaux fichiers pour se mettre à jour et l’ordi devient hyper lent… Jean ne peut plus faire de routage météo. On contacte notre ami Benoît qui nous refile l’information que l’on a besoin : une dépression (celle que Jean avait vu) se profile devant et nous devons l’éviter en allant plus au sud. Entre temps Yolène, et sa grande patience, parvient à ressusciter l’ordi. Jean s’occupe de stopper tous les modules de Kaspersky pour qu’on puisse à nouveau être indépendant au niveau de la météo. Ça fonctionne.

Pas toujours agréable...
une petite pluie qui nettoie le bateau !!!

Jour 5, première douche et une bière sans alcool. Les vents sont faibles malgré un bon début, nous faisons 5 heures de moteur car les voiles claquent. Ce scénario se poursuit au jour 6, nous ferons près de 7 heures de moteur et pointons un point de retour du vent. Le moral de Yolène est un peu bas, Jean la remonte…

Jour 7, Jean constate que la température d’une batterie s’élève un peu. Il a la solution, la retirer du circuit. Ce qu’il fait. Mais il se rend compte que les boulons sur les batteries ne sont pas bien serrés, c’est probablement la cause de l’élévation de température de la dite batterie. Tout va bien, on mange bien, on a de bonnes discussions sur notre retour à terre. Encore, 7 heures de moteur à cause des vents faibles créant des ajustements des voiles compliqués.

Jour 8, de meilleurs vents sont là, mais nous nous concentrons sur le réglage de l’auto pilote pour éviter le claquage des voiles. Le moteur de l’auto pilote est à 50C…ça stresse Jean. Les alizés ne sont toujours pas établis à cause d’une deuxième dépression. Dans la nuit, les vents montent et Yolène réclame Jean pour qu’on réduise la voile, bien vu Yolène. Nous prenons un ris dans la GV, sans génois. Puis on remet un peu du génois, puis tout le génois. Au matin, on repart le moteur puis à 11h, génois tangonné et ça roule bien.

Jour 10, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer, il est à 70C. La météo nous montre qu’il y aura du vent convenable dans peu de temps. Nous décidons de le laisser aller jusqu’au matin…

Jour 11, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer… l’auto pilote est débranché, Jean ôte le moteur, l’ouvre, le remonte et constate qu’il n’y a rien à faire il faudra s’en passer pour le reste de la traversée : nous sommes à mi-parcours. Nous changeons notre horaire de quart, ce sera 1h30 à la vigie/barre. La nuit les vents forcissent et nos cordes bungee fonctionnent bien, c’est encourageant. Mais vers la fin de la nuit l’instrument du vent rend l’âme : on ne sait plus d’où vient le vent (enfin si mais bon), ni sa force. On va faire avec... Nous nous épaulons, bonne ambiance à bord !

Jour 13, les vents virent de 180 degrés. C’est non prévu au niveau des fichiers météo, mais c’est la troisième dépression qui nous joue des tours. Il y a un peu de pluie et de vent, mais on gère le tout très bien et calmement.

Jour 14, nous trouvons un substitut à l’instrument des vents : le compas électronique.  Par contre, il y a un écart entre le cap (où le bateau pointe) et la route (où le bateau va) mais ça aide à barrer. Jean tente une ultime réparation de l’instrument du vent, mais sans succès.

Jour 15, la lune est bien présente, c’est la demi-lune. Ça nous aide à y mieux voir. Avec ces vents de 14 noeuds nous devons réduire la voile à cause de nos bungees. Avec 3 ris dans la GV et le génois tangonné c’est une bonne combinaison, mais nous roulons à peine à 4 noeuds.

Jour 17, nous continuons notre lente progression dans des vents faibles. Bientôt, il faudra se résoudre à faire du moteur, beaucoup de moteur.

Jour 18, c’est confirmé au moins 80 heures de moteur. Je téléphone à mon ami Diami, il est heureux de me parler et moi itou! Ça me remonte le moral.

On se repose quand on peut...

Ça va être serré pour le carburant, heureusement bonne nouvelle, on fait six heures et demie de voile non prévue ! Nous soupesons notre destination finale : Antigua (pour fêter la nouvelle année avec nos amis M&M) ou Martinique (plus court et nous sommes assurés de pouvoir faire les réparations nécessaires) ? Pour l’instant, il faut passer par le même point de retour du vent, nous reportons la décision.

La pétole... pas l'ombre d'un souffle de vent !!!

Jour 21, notre choix se porte sur la Martinique, c’est plus près. En soirée, alors qu’on évite deux grains (grosse pluie) le moteur s’arrête faute de carburant. Nous remplissons le réservoir avec nos derniers 40 litres de diésel. C’est la pétole : aucun vent. Il est 22h…et sachant que nous nous laisserons dériver pour une bonne nuit de sommeil, nous envoyons des courriels pour informer les gens qui nous suivent sur le Garmin que nous devrions faire une drôle de trajectoire et ce, potentiellement pour quelques jours.


Au matin du jour 22, il y a du vent et nous en profiterons !  Quand il y aura des vents plus faibles que 8 noeuds, nous ferons du moteur. Mais bonne nouvelle, merci Éole, nous ferons 27 heures consécutives de voile avant de partir le moteur… En soirée, plutôt que prévu nous aurons du vent, nous hissons à nouveau les voiles.


Les Sargasses provenant des Caraibes,
principalement de la Guadeloupe,
sont une peste qui peuvent se prendre dans l'hélice, sur la quille
et ralentissent le bateau !!!
Elles ont été vues au 2/3 de notre parcours...

C'est le plus beau coucher de soleil que nous avons eu,
il est arrivé au jour 21 !!!


Notre petit déjeuner juste avant notre arrivée...
On oubliait de vous parler du beigne à Jean...
Son siège désormais pour faire guérir ses plaies de fesses...

Jour 24, la fin est proche… En soirée, nous voyons les lumières de la Martinique. Nous naviguons bien et faisons des empannages tout en nous rapprochant de notre destination.

Jour 25, nous changeons la configuration des voiles pour aller sur notre destination en vent arrière avec la GV seule. Quand nous sommes à 8MM de l’arrivée, nous affalons la GV et partons le moteur à 1800 RPM, au diable la dépense (😊). Nous jetons l’ancre à Ste-Anne à 10h. Prenons un rhum punch (un planteur) : ça fait du bien. Mission accomplie.

Nous ne sommes pas euphoriques comme à la fin de nos premières traversées, faut croire que surmonter l’adversité nous a un peu refroidi, mais nous sommes soudés comme équipage : nous sommes fiers de nous !



Soulagés et heureux d'être ancré !!!!

Le garde-manger était encore plein à notre arrivée !!!

Notre parcours sur la carte que l'on marquait à tous les jours...

Naviguer avec les cordes bungees

Ceci est un point technique, si vous ne naviguez pas ne lisez pas ce qui suit : c’est plate 😉.

Jean avait déjà lu sur le sujet, il y a un bon bout de temps. Mais, nous n’avions jamais expérimenté cette façon de barrer. Le but de la manœuvre c’est de réduire la concentration nécessaire pour barrer le bateau lors d’une panne d’auto pilote, ce qui rend l’exercice moins harassant et ce qui permet au barreur de laisser son esprit « flotter » un peu.

Selon notre expérience, cela fonctionne au près comme au portant et même sous moteur. Le matériel se résume à deux cordes élastiques bungee à peu près identiques en longueur et en force, idéalement avec des crochets au deux bouts. Il faut prévoir quelques endroits pour accrocher les bungees pour pouvoir modifier la tension de ceux-ci. Lorsque le bateau a deux barres à roues (notre cas) la barre côté bâbord a un bungee côté bâbord de la roue et la barre tribord un bungee côté tribord.

Avant de commencer à installer les bungees, il faut s’assurer que le bateau est bien équilibré, donc que les voiles sont bien ajustées et que le couple dans la barre (tendant à faire remonter le bateau au vent) soit faible, sinon les bungees ne pourront pas piloter le bateau. Une fois le bateau équilibré, nous pouvons installer les bungees et faire les réglages de tension.

Nous voulons ajuster les tensions des bungees pour que le bateau puisse loffer (remonter au vent) lentement. Le barreur se place sous le vent. Le cycle s’amorce à environ 10 degrés « plus bas » que le cap souhaité, le bateau loffe lentement vers le cap souhaité on le laisse dépasser un peu ce cap, puis on décroche le bungee et on donne à la barre un mouvement qui fait que le bateau reparte dans la direction opposée, quand le bateau est bien équilibré on peu à ce moment raccrocher le bungee et le bateau poursuit lentement sa dérive. Quand nous sommes à 10 degrés plus bas que le cap souhaiter il suffit d’appuyer sur le bungee pour que le bateau commence à loffer doucement et ainsi de suite. Parfois les cycles prenaient 3 ou 4 minutes pour se compléter, parfois moins.

Autre avantage de ce système : quand nous sommes au portant les vagues nous atteignent au trois-quarts arrière, il suffit de ne plus toucher au bungee pour que le bateau « absorbe » le mouvement imprimé par la vague et qu’il reprenne son cap antérieur par lui-même. C’est presque magique…

Lorsque sous moteur le barreur doit se placer sous le vent. Le bateau tendant à mettre cap sous le vent. Nous augmentons la tension du bungee sous le vent pour diminuer cette tendance. Sans l’avoir expérimenté, nous imaginons que ça doit être plus compliqué si le bateau remonte le vent sous moteur.

Dernier point, une idée pourrait être d’essayer ce système avant d’entreprendre une traversée, au cas où…  

On profitera du prochain mois pour redécouvrir la Martinique et relaxer au maximum avant de commencer notre navigation vers le nord !!!