samedi 27 août 2016


Destination : Les Hamptons (Est du Long Island)

Au matin, le ciel est gris et nous croyons qu’il y aura orage sous peu…cela s’avère : de la pluie forte poussée par le vent (mais pas trop fort le vent). Ça tombe ainsi pendant deux heures. Résultat : 3 pouces d’eau dans le dinghy. Nous nous servons de l’eau de pluie contenu dans l’annexe pour rincer les endroits qui ont été épargnés lors de l’averse…

En après-midi nous posons le moteur hors-bord sur le dinghy pour une exploration rapide des lieux : le temps est toujours menaçant… Sag Harbour est une petite ville où les commerces abondent et nous nous y sentons très bien. Nous regagnons le voilier vers 17h00 non sans avoir fait de menues emplettes au IGA (Independant Grocer’s Association, hé oui !). Nous allons souper à bord et nous soupèserons nos options pour le lendemain un verre de vin à la main.

Nous statuons que Coecles Harbour à Strater Island, sera notre prochain arrêt : le trajet pour s’y rendre est court mais ponctué de quelques obstacles dont un chenail très étroit et étonnamment près des rives ensablées. Nous procédons avec la plus grande des prudences les yeux rivés sur l’écran multi fonction et sur le profondimètre. Nous passons, sans encombre, et puisque nous avons activé une « trace » (qui indique sur l’écran là où nous sommes passé, à la manière d’un trait de crayon sur un bout de papier), nous saurons par où repasser en sortant pour éviter un échouage. Nous dînons suite à notre ancrage derrière quelques bateaux qui ont des équipages qui semblent se connaître : environ quatre bateaux arborent le même pavillon et certains vont de bateau en bateau avec leur annexe. Nous irons faire du vélo en après-midi pour explorer la presqu’île malgré de le temps plutôt gris. Au départ du bateau, en voulant démarrer le hors-bord, la corde servant à lancer le moteur se coince et nous devons faire une réparation au moteur sur l’eau, bien accroché à Caffè Latte. Une demi-heure plus tard, on file à dinghy au quai. Nous enfourchons les vélos, une carte des lieux en main et on se tape une bonne vingtaine de km. C’est très sauvage en général sur cette presqu’île et on adore notre ballade. Ça nous permet de découvrir les possibles ancrages d’une perspective totalement différente. À un moment donné on se retrouve à un hôtel/bar/resto où, visiblement, les gens sont là pour y être vus…très peu pour nous, on passe notre chemin.

Retour au bateau sans problème et souper à bord tranquillo. Des risques d’orage sont prévus pour la nuit et conséquemment, nous rangeons BBQ et plaçons l’annexe sur le côté du bateau protégé par une défense. Nous ôtons aussi le lien qui joint le « dodger » au bimini pour minimiser les risques de bris. Nous nous couchons tôt.

Vers 01h00 du matin, des goulettes de pluie commencent à tomber et nous réveillent. Le vent souffle un peu et Yolène se charge de fermer l’écoute de notre chambre, Jean s’occupe de l’écoutille du carré. Yo constate en fermant l’écoutille qu’un bateau est en mouvement, sa position est perpendiculaire à nous et il est à moins de pieds : OMG ! Il chasse (son ancre n’est plus accrochée au fond !). Nous sortons dehors pour diriger notre corne de brune en direction du bateau en perdition et pour l’éclairer à l’aide d’un phare puissant : l’objectif ici étant de tenter d’alerter/de réveiller l’équipage du bateau en question. Rien n’y fit, l’équipage dort sur ces deux oreilles (avec des bouchons ?), on ne peut dire la même chose des autres équipages avoisinant notre bateau. Tout le monde est sur leur pont, vérifiant si eux même ne chassent pas, tant et si bien que le bateau le plus près de nous croit, faussement, que son bateau chasse et se désancre sous nos yeux ! Pendant ce temps, nous continuons de tenter de capter l’attention du bateau qui se déplace toujours en direction de l’entrée du chenail très étroit ! Finalement un ami de l’équipage saute dans son annexe et file vers le bateau en question pour tenter de le réveiller. À son retour, il nous remercie d’avoir réveillé les bateaux de la baie en tentant d’alerter son ami qui chassait. Dix minutes s’écoule quand l’orage prévu s’abat sur la baie : vents violents, pluie torrentielle. Ça y est, tous les équipages sont sur le qui-vive pour surveiller le comportement de leur bateau : les lumières de navigation s’allument et des torches électriques illumine la nuit… Ça va continuer comme ça jusqu’à 4h00 du matin. Nous, on se recouche confiant que nous ne chasserons pas et convaincu que les autres équipages vont jouer de la corne de brume au premier signe de décrochage.

Au matin, le ciel est bleu, l’annexe doit être vidée à la chaudière : sans exagérer il y a au moins 4 pouces d’eau dans le dinghy.  Le proprio du bateau « chasseur » vient nous remercier à son tour pour notre implication durant la nuit. Nous levons l’ancre peu après, vents réels de vingt nœuds et nous devons nous engager dans le chenail. Tout se passe bien mais nous étions assez concentrés, mettons ! Nous nous dirigeons vers Greenport à moteur, petite balade de 7 milles marin.

Nous atteignons Mitchell Park Marina, recommandée à nous par Ron (grand merci !) et accostons au quai qui nous est réservé. Wow ! Toute une marina : des quais flottant en béton, bien protégé des vents et des vagues, wifi gratuit, etc.. Et pour couronner le tout, on a un spectacle live dans le parc ce soir : cool !  Nos voisins de droite sont super sympa, ils ont un Grand Banks, un trawler un peu mythique, et font du vélo : on se lie d’amitié sur le champ. Nous décidons de souper à bord plus tôt que d’habitude pour pouvoir assister au concert qui débutera vers 19h30. Vers 19h15, nous terminons notre vin, lorsqu’on entend : plouk ! Un coup de vent a fait tomber le vélo de notre voisin de gauche (moins sympa disons) dans l’eau. Nous nous précipitons au lieu du dit plouk et constatons que des bulles s’échappent vers la surface positionnant à coup sur le point de chute du vélo. Nous sortons notre gaffe, sous les yeux ébahis de notre voisin, pour constater que notre perche n’est pas assez longue. Jean allume les instruments du bateau : le vélo est tombé dans plus de 14 pieds d’eau… Nous suggérons au voisin de faire venir des plongeurs demain matin pour qu’il récupère son vélo : c’est un vélo électrique qui doit valoir environ 4,000$USD. Nous rentrons faire la vaisselle lorsque Jean a une idée. Si on joint deux gaffes par des « tie-wrap », nous ferons facilement 16-18 pieds et on pourra repêcher le vélo nous-même, sans plongeur. Nous sortons avec notre gaffe et nos « tie-wrap » et nous disons au voisin de sortir sa gaffe : on a une idée. Nous joignons les gaffes et rapidement Yolène (elle est super bonne dans ces trucs) retrouve le vélo au fond de l’eau et dirige les opérations de remontée. Pendant que le vélo remonte lentement Jean suggère au proprio du vélo de rincer copieusement son vélo à l’eau douce pour minimiser le risque de rouille. Pour nous remercier, ils nous invitent à bord pour prendre un verre et… souper avec eux ! Nous resoupons avec eux : les pâtes sont incroyables. Nous nous couchons assez tard et dormons comme des bébés.

Le lendemain matin, Jean doit monter au mât pour retirer la lumière de mât qui ne fonctionne pas. Elle est neuve et elle ne marche pas. Jean la retire, la redescend et se dirige vers le magasin d’accastillage du village pour voir ce qui peut être fait pour réparer le tout. Le personnel du magasin ne peut rien pour nous sauf nous donner le no de tél du contact américain pour cette fameuse lumière. Finalement, elle est défectueuse et le sera remplacée.
Jean est tout la haut

Vers 11h00, départ à vélo vers le vignoble Croteaux situé à une vingtaine minutes en vélo : magnifique randonnée. Ce vignoble, recommandé par Ron et Claude, fait des vins rosés tranquilles et pétillants. Nous arrivons avant l’heure d’ouverture (12h00) et nous en profitons pour manger notre lunch. De l’extérieur, l’endroit semble bien tenu. Nous pénétrons la cour intérieure qui sert de décor pour la dégustation des vins et nous sommes charmés : plein de petits endroits tout mignons et tous différents les uns des autres. Un exemple : un abri à trois façades dont le mur côté sud a une ouverture d’environ 12 pieds sur 8 qui est tapissée de bouteilles de vins en verre transparent, des bancs sont aménagé et sont jonchés de coussins roses. Nous dégustons les vins et ramenons deux bouteilles. Un autre trente minutes de vélo pour se rendre au deuxième vignoble : Kon-ta-KOS-ta. Totalement différent mais tout aussi intéressant. Un bâtiment moderne, climatisé et inondé de lumière trône au milieu du vignobles. Nous dégustons un viognier et un autre vin blanc et nous les achetons tous les deux. Retour au bateau où Jean doit remonter à nouveau dans le mât pour y fixer la lumière qui ne fonctionne pas : la fixture ne supportera pas l’environnement salin si elle n’est pas protégée. Souper au resto puis « night cap » avec nos amis Ed et Karen de Decoy. Des personnes super sympathiques, belle soirée.

Et pour les photos, désolé, nous avons oublié notre appareil pour cette magnifique journée…

samedi 20 août 2016


Destination : Cuttyhunk, MA

On se lève tôt ce matin, on a une quarantaine de milles marin à faire et nous devons remplir nos réservoirs d’eau, sans faute. On se dirige vers le bar à eau flottant ; nous serons deux bateaux à s’y approvisionner. Nous entamons la discussion avec l’équipage, ils sont en vacances pour deux semaines, ce sont deux couples d’amis. Ils nous demandent nos plans et on leur explique notre projet. Ils nous demandent si nous avions été à Noank. Euh, oui, on y ait allé et on a trippé sur le restaurant Ford’s! Ces gens demeurent juste à côté de là, on pense même savoir dans quelle maison ils habitent ! Leur coup de cœur à ce resto : le risotto au homard, comme nous ! On leur parle du TreeHouse à Mystic et ils enchaînent avec « faut y aller pour leur 4 à 7 » …euh, oui, on y est allé et c’est un incontournable, on est bien d’accord. On se quitte en se faisant inviter chez eux si on repasse à Noank, avec plaisir, c’est noté !

On sort d’Edgartown Harbour, on lève les voiles et les vents sont bons (on dépasse un 12 m, Intrepid qui roule… à moteur !). Superbe navigation, toujours au près. Les vents nous favorisent : ils adonnent. Ça signifie que nous faisons un meilleur cap vers notre destination, au fur et à mesure de notre navigation. À un moment donné, il y a des vents de 5 nœuds on fait de 5.2 nœuds, merci courant ! Nous repérons Quick Hole, un passage entre les Elizabeth Islands où, comme son nom l’indique, le transit peut y être rapide. Le courant est alors favorable et l’effet d’entonnoir, nous fait rouler ! Nous nous ancrons dans la baie extérieure. Il a une petite île assez proche de nous et on y distingue des vaches, il doit y en avoir 6-8. C’est assez joli.

Phare à l'approche de Quick Hole

Ile à l'entrée de Cuttyhunk

Les vaches... ou autre animal...

On prend une douche rapide et on part en annexe pour l’apéro avec Juste Ciel ! qui sont eux, dans la baie intérieure, à une balle de mouillage. À notre arrivée, un « food boat » propose des fruits de mers. Nous décidons plutôt d’aller sur l’île pour y acheter du poisson local. Finalement, on retourne sur Juste Ciel ! pour l’apéro avec 4 homards fraîchement cuit : on va se régaler au souper.

En retournant au bateau, on constate que nous avons chassé, c’est-à-dire que notre ancre a glissé sur le fond. Nous nous réancrons et comprenons ce qui s’est passé… Nous avions ancré une première fois et nous étions un peu trop près d’un bateau donc on s’est ancré de nouveau. Lors du désancrage, Yo a constaté qu’il y avait une motte de glaise, confirmant que c’est un bon fond pour s’ancrer et elle n’a pas pensé retirer cette motte pour faciliter l’accroche lors du réancrage. Bref, leçon apprise !

En passant, les homards étaient bons mais ceux du Québec sont meilleurs !!!



Destination : Block Island, RI

Nous levons l’ancre à 9h30, zéro vent. Nous allons faire du moteur, aujourd’hui, pour lentement nous diriger vers NYC pour y accueillir nos amis Mary et Luc, le 26 août. Au démarrage du moteur, nous entendons un bruit, un couinement, du ventilateur d’évacuation de la chaleur du compartiment moteur. Va falloir surveiller ça. Quand le moteur tourne à son régime de croisière, le couinement n’est plus audible. À un moment donné, Yo passe sa main près de l’évacuation de l’air chaud et constate que la soufflerie ne fonctionne plus. Nous ralentissons le bateau, nous ôtons des panneaux amovibles du compartiment moteur, nous ouvrons des écoutilles dans le cockpit pour favoriser un refroidissement « naturel » du moteur. Nous nous détournons vers Newport pour y acheter une nouvelle soufflerie : il y a un West Marine là-bas. Nous contactons une Marina spécialisée dans les moteurs pour avoir un avis sur la gravité de la situation. Selon le mécanicien rejoint, il n’y a pas de soucis, plusieurs bateaux, n’ont même pas ce système d’évacuation de la chaleur. Nous décidons, quand même, de contacter notre ami Jean-François de Marina Lennox qui est une encyclopédie et dont nous respectons énormément l’avis. Il nous confirme que ce n’est pas très grave pour le moteur mais que les batteries elles n’aiment pas beaucoup la chaleur excessive. Comme nous avons de batteries dans le compartiment du moteur, nous poursuivrons notre route avec les précautions prises mais, il nous faut remplacer le ventilateur. Nous arrivons à Newport en début d’après-midi et nous filons au West Marine. Nous trouvons un ventilo un peu plus gros que celui d’origine (3 po de dia. Vs 2 ¾ po.) mais nous pourrons l’installer quand même. Nous modifions les trous d’ancrage mais l’installation s’avère plus compliquée que prévu. Il nous faudra attendre au lendemain pour finaliser l’installation : au souper, on discute de cela lorsque nous avons le flash qui nous permettra de surmonter le problème. En soirée, texto de nos amis Patrick et Line qui seront à Newport, le lendemain, comme ça, par hasard. Yesss! On fait des plans pour le lendemain : ils viendront à bord de Caffè Latte pour l’apéro et nous irons souper au resto ensemble. Superbe soirée avec nos amis : ah comme le hasard fait bien les choses !



Destination : Block Island prise 2

Faible pluie au réveil, nous quittons Newport vers 10h00, les vents sont faibles mais permettent la navigation à voile. Nous faisons une belle navigation, au près avec des vents de 5 à 10 nœuds. Nous jetons l’ancre à Block Island sans encombre vers 17h00 après un parcours de 29 milles marin. En soirée, une magnifique lune s’offre en spectacle.

Phare Nord de Block Island

La lune du 18 août à Block Island



Destination : Sag Harbour, NY – soit les Hamptons (l’est du Long Island)

Nous levons l’ancre vers 9h45 non sans avoir fixé le tangon sur le pont et avoir fait faire un « pump out ». Les vents sont un peu capricieux en force et en direction et nous sommes en plein sur l’autoroute des bateaux moteur qui nous dépassent à babord et à tribord. Le bateau subit du roulis et les voiles claquent à chaque fois. On décide de rentrer les voiles pour faire un peu de moteur en attendant des vents meilleurs. On fera cela 3 fois (sortir et entrer les voiles par manque de vent…) mais il s’avère que la dernière est la bonne.  Dans la Baie de Gardiner, les vents nous donnent du plaisir ! Par contre, Jean a dû se remettre du défaite… contre un 95 pieds (nous c’est un 41 pieds !!!) qui roulait à 9.4 nœuds (nous à 6.2 !!!). On s’ancre à l’extérieur du breakwater et déjà, nous adorons l’endroit.

Yo est heureuse, à la barre

Le fameux 95 pieds...

Pour les prochains jours, nous allons se promener à travers les Hamptons.  Au menu, bonnes bouffes, vélo, visite de vignobles et la nature (c’est un peu sauvage, ici).  Ensuite, on naviguera jusqu’à NYC pour recevoir nos amis, Mary et Luc.

mardi 16 août 2016


Destination : Newport, RI

Mercredi 10 août, il pleut au réveil et ça semble être parti pour longtemps, puis vers 10h00 la pluie s’arrête et les vents sont au rendez-vous. Nous préparons le bateau, le lunch du midi et levons l’ancre vers 10h30. Nous ne connaissons pas grand-chose à la pêche mais assez toutefois pour savoir qu’il existe : la pêche à la traîne, la pêche à la mouche, la pêche avec des harpons, etc. Par contre, nous ne savions pas que nous pouvions pêcher avec une chaîne ! En effet, Yolène, en remontant l’ancre, s’aperçoit que nous avons un crabe de bonne dimension sur notre chaîne. Il est pris dans un amas de fils de pêche dont nous devons nous libérer et on lui rend sa liberté…


Notre première prise !!!


Nous filons sous génois (voile avant) seul sur une mer relativement calme car les vents sont d’environ 16 nœuds, nous sommes encore protégés par la côte de Block Island et nous n’avons pas une grande distance à parcourir pour atteindre Newport. Nous remarquons que Juste Ciel ! a aussi décidé de quitter Block Island et de filer vers Newport. Au bout d’un certain temps, le vent mollit et nous décidons de sortir la grand-voile pour maintenir notre vitesse. Par contre, cela nous oblige à modifier un peu notre cap et nous serons contraint de faire un empennage (le vent passant d’un côté à l’autre du bateau par l’arrière). Nous repérons l’entrée de la baie de Newport par son pont et nous rentrons les voiles peu avant d’arriver dans la baie, jonchée de balles de mouillage. Nous faisons le tour de la baie pour repérer un endroit où nous pourrions nous ancrer, pas de chance, l’emplacement dont nous avions les coordonnées est maintenant interdit d’ancrage. Au bout d’un moment nous voyons Juste Ciel ! et nous nous ancrons près d’eux. Nous constatons que Newport regorge de gros voiliers à multiples barre de flèches. D’ailleurs, la nuit, on peut compter au moins 6 mats dont l’extrémité est illuminée d’un feu rouge (au lieu d’un feu blanc comme la grande majorité des voiliers). Le feu rouge, si mon souvenir est exact, est requis à partir d’une certaine longueur de mât, genre 80 ou 100 pieds (nous, on a 52 !). De plus, on voit sortir et entrer dans la baie des goélettes et aussi des 12 mètres comme au temps de l’America’s cup des années 80-90 et de Dennis Connors. Ces bateaux ont fière allure.



Un 12 mètres






Le lendemain, nous partons à l’assaut de la ville en annexe, non sans avoir fait le tour des gros bateaux. Nous trouvons le quai à annexe et nous partons à pied dans la ville direction supermarché, wine store et café internet. Nous trouvons facilement le « Stop & Shop », bon assortiment et prix très raisonnable, puis wine shop pour un peu de bière et une bouteille de vin « cheap » pour préparer une sangria pour l’apéro avec Juste Ciel ! qui nous ont partagé leur recette : moitié vin rouge cheap et moitié San Pelligrino à l’orange sanguine (ou pas) et glaçons. Ça désaltère et c’est pas mal bon ! On trouve un café internet au moment où une fine pluie s’abat sur Newport : le réseau est sécurisé, rapide on en profite pour faire des mises à jour sur l’ordi et régler quelques aspects administratifs. La pluie cesse et nous retournons sur Caffè Latte pour le lunch. Nous repartons, en après-midi, sur Newport avec nos vélos. Nous roulons dans des quartiers magnifiques et nous aboutissons sur Ocean View : spectaculaire. Une longue plage longe la route aménagée pour y accueillir les vélos.










Nous aboutissons à une voie piétonnière collée sur le bord de la mer d’où l’on peut voir de loin en loin 60 quelques manoirs et nous constatons que Newport, sous des apparences parfaites cache un problème criant : un manque cruel de logements sociaux 
J


 

Vous voyez ce que nous voulons dire...


Après discussions dans tous les sens, soupesant les vents, la marée et le courant nous statuons en fin de journée que le lendemain pour partirons pour Menemsha, Massachusetts, situé sur l’île de Martha’s Vineyard.



Destination : Menemsha, MA

Déjà au réveil, les vents sont établis, on prévoit du SW (et oui encore !) 10-15 avec rafales de 25 en après-midi. La sortie de la baie se fait au moteur pour nous éviter de trop fréquents virements de bord. La topographie de cette baie concentre les vents, une fois sorti de la baie les vents réels sont de 12 à 16 nœuds, nous filons avec grand-voile et génois. Le bateau se comporte bien dans cette mer avec des vagues plus longues qui font 5-7 pieds, c’est très agréable de se faire pousser par le vent de la sorte. Peu à peu, les vents forcissent, nous roulons plus rapidement et nous prenons la décision de réduire la voilure un peu. Nous mangeons en faisant route et, vers 13h30, nous arrivons à Menemsha pour constater avec étonnement que la baie extérieure n’offre pas de protection pour les vents SW (les vents rées sont maintenant de 26 nœuds soit plus de 50 km/h) et la présence dans la baie de quelques voiliers ancrés nous laisse présager que la petite baie intérieure est pleine… Nous décidons, sous l’impulsion de Yolène de repartir vers Edgartown, au cœur de Martha’s Vineyard, cette fois-ci sous génois seul. Nous filons quand même à plus de 8 nœuds avec un courant favorable d’un peu plus d’un nœud et nous arrivons à Edgartown Harbour en approche finale à moteur. Nous trouvons un ancrage parfait devant la célèbre plage de Chappaquiddick vers 18h00. Il n’y a qu’une dizaine de bateaux dans la baie dont plusieurs yatchs...  On relaxe, contents de notre navigation de 52 MM et du comportement du bateau dans ces conditions.


Un des nombreux yatchs



Le lendemain, nous partons en annexe, avec les vélos, vers Edgartown, déterminé à explorer Martha’s Vineyard. D’entrée de jeu, nous sommes séduits, c’est très joli (oui nous nous répétons…) et c’est, comment dire, dense. Il y a beaucoup à voir, restos, boutique et quartiers charmants. Nous prenons une carte de la ville et constatons qu’il y a vraiment plusieurs circuits à faire en vélo. Nous partons en direction de Oak Bluff et c’est génial et côteux un brin (nous disons merci aux 6 vitesses de nos vélos !). Nous longeons le littoral sur une voie aménagée spécialement pour le vélo, c’est vraiment trop bien ! Nous arrivons à Oak Bluff, nous prenons une crème glacée bien méritée (il fait environ 40C avec le facteur humidex !) et nous repartons de plus belle vers Vineyard Haven mais au bout d’une heure environ la chaleur a eu raison de nous et nous rebroussons chemin en empruntant un parcours un peu moins bucolique vers Edgartown. De retour sur Caffè Latte, nous dinons et profitons de l’après-midi pour nous baigner, installer nos lignes de vie (longues lanières qui longent le bateau de part et d’autre et qui servent à y accrocher nos longes qui sont attaché à nos vestes de flottaison – pour une sécurité lors des navigations). On profite aussi de l’accès à un quai flottant dispensant de l’eau potable, Jean s’y rend pour remplir un contenant de 20 litres… nous sommes un peu limite pour prendre une bonne douche… Nous y retournerons, avant de quitter, pour y remplir nos réservoirs. Pas question de laisser notre ancrage douillet, nous ne voulons pas risquer de se le faire chiper.

La nuit nous apporte un peu de pluie et pas mal de vent. Les vents tournent et nos voisins d’ancrage, pour certains, sont contraint de se désancrer. Nous observons le tout de notre cockpit, entre 00h30 et 2h30, et en profitons pour voir le spectacle des perséides dans le quadrant NE et aussi voir une nébuleuse (la voie lactée possiblement). On retourne se coucher, encore quelques pointes de vent et changement de direction du vent… Au réveil, 2 bateaux additionnels ont quitté la baie et 2 autres se sont réancrés plus loin. Nuit fertile en mouvement de bateaux…

Phare à Edgartown


Nous avons passé une journée additionnelle à Edgartown, un dimanche très relaxe: lecture, marche dans la ville d’Edgartown et baignade.


Notre prochaine destination prévue est Cuttyhunk, MA, petite ile désertique... 

jeudi 11 août 2016


Destination : Watch Hill, Rhode Island

Après une petite navigation, à voile, de 9 MM (18 km), on s’ancre, à la ville voisine de Watch Hill, soit Stonington tout près du breakwater (un mur de pierres qui nous protège principalement des vagues).  En fait, il est un peu trop risqué pour Caffè Latte de se rendre directement à Watch Hill puisque ce n’est pas très profond.  Le chenal pour s’y rendre indique 7.5 pieds alors que Caffè Latte a besoin de 7… ça ne donne pas beaucoup de marge…

C’est avec l’annexe que nous nous rendons visiter Watch Hill, une balade de 45 minutes.  Cette fois-ci, pas de vélo, nous y allons à pied.  On découvre un super beau coin, les maisons sont impeccables tout comme leur jardin, la plage et même la maison de Taylor Swift où des gardiens de sécurité sont en poste !!!

On oubliait, l’équipage de Bedouin a renommé Stonington pour Rollington…. On confirme, toute la nuit, nous avons roulé… les vagues arrivent sur le côté du bateau et nous bercent…  Ça peut sembler apaisant mais ce n’est pas le cas !!!

Watch Hill - La maison blanche de Taylor Swift



Destination : Block Island, RI

La veille de notre départ pour Block Island, nous revoyons la météo, on prévoit des vents du SW 10-15 avec rafales à 20, c’est idéal pour faire du « travers » vers cette destination. C’est l’allure la plus rapide pour la voile : le vent apparent arrive sur le travers du bateau à 90 degrés de celui-ci. On prend soin de faire notre route avec Open CPN et on lève l’ancre vers 9h15, le vent que l’on a, est en ligne avec ce que la météo prévue !

Nous esquivons les quelques bouées au départ et surveillons de près les « pots » des pêcheurs (ce sont de petits objets flottant colorés qui marquent l’emplacement de cages de homard ou de crabe : préférable d’éviter…). Les vents se mettent à mollir au bout d’une quarantaine de minutes et de plus, des vagues nous frappent sur notre côté ce qui nous fait « rouler » pareil comme à Rollington L.

Petit point technique : tantôt nous mentionnions que l’on avait le vent apparent sur notre travers et plus tard, nous disons que les vagues nous frappent de travers. En principe, si nous recevons le vent sur le travers, les vagues, principalement perpendiculaires au vent, devraient nous frapper un peu sur l’arrière du bateau parce que le bateau avance. Or, dans notre cas, les vagues les plus importantes n’étaient pas le fruit du vent présent mais plutôt d’un vent antérieur, dont les vagues se sont rendues à nous. Est-ce qu’on vous a mêlé, totalement ? Désolé…

Bref, dans ces conditions de vent et de vagues, les voiles « flacotent » ce qui est mauvais pour les voiles, pour l’haubanage et pour l’équipage L. Nous nous résignons à rentrer le voile et à poursuivre vers Block Island à moteur. Nous arrivons à Block Island vers 13h30 et nous tentons de trouver un endroit pour nous ancrer. Le vent a forci, et les endroits disponibles sont rares (un samedi après-midi)… nous trouvons enfin un endroit correct mais on doit s’y pendre à trois reprises pour être à l’aise avec le positionnement du bateau. La particularité de cet ancrage est qu’il faille (coudonc, c’est du subjonctif ça : danger !) s’ancrer devant les bateaux et donc de prévoir en amont l’impact de la longueur de la chaîne jetée sur la position finale du bateau.

Pourquoi cette particularité ? Excellente question, dans cette baie, l’ancrage est strictement interdit du côté nord et puisque le vent venait du sud (lors de l’ancrage), nous devions mettre le bateau face au vent, donc face au sud et reculer le bateau selon la longueur de la chaine que nous mettons, vers le nord.  Ainsi, ceci expliquant pourquoi nous jetâmes l’ancre devant les autres bateaux. D’ailleurs, lors de notre séjour, ici, nous avons vu deux bateaux se faire remorquer à quai (avec pénalité$) par le « harbour master » parce que les bateaux ne respectaient pas la limite d’ancrage prescrite.

Après une nuit très calme, nous décidons d’aller à terre prendre nos repères, sans les vélos. On obtient deux cartes de l’île, des infos sur l’emplacement du super marché (le BIG c’est-à-dire le Block Island Grocery !) et du wine store (incontournable, comme dirait mon ami Alain de Cygnus : I’ll drink to that !). Nous voyons aussi un endroit où il y a un service de blanchisserie : 18$ la brassée, on y pense : ça fait plus de 2 semaines sans accès à une laveuse…

De retour au bateau, on appelle pour un service de Pumpout Boat… vous vous souvenez qu’on avait de la difficulté à trouver des marinas ayant les installations fonctionnelles pour vider le réservoir d’eau noire… et bien maintenant, il y a des bateaux qui se promène pour vider les réservoirs… on n’a plus besoin de courir les marinas, on ne se fait plus chi…avec ça (!!) et en plus, c’est gratuit !!!

Après le lunch sur le bateau, on retourne sur la terre ferme avec les vélos, cette fois. On se choisit un des nombreux circuits sur l’île et on part à l’aventure. Nos amis Ron et Claude qui adorent cet endroit, nous avaient prévenus : c’est un super endroit pour le vélo, c’est dépaysant, on se croirait dans les années 60, c’est « laid back » et ça ne ressemble en rien aux USA. On le confirme, c’est très cool.  Pour nous, ce sont les Iles de la Madeleine des États-Unis ! Nous sillonnons la route (peu de circulation automobile) et nous sommes constamment émerveillé par le paysage ou par la couleur particulière de la verdure ou par autre chose…on aime beaucoup. Et les gens sont sympa aussi. Un cycliste s’accroche à la roue de Jean et commence à luire faire la conversation : un type vraiment sympa, habite NYC et a une résidence secondaire ici. Il travaille de plus en plus à Boston qui est très facile d’accès (traversier ou avion). Il prévoit prendre sa retraite dans 4 ans. Jean l’encourage dans sa démarche…

Nous arrivons au wine store et on trouve ce que l’on cherchait depuis un moment déjà : un carton de 3 L de Big House, pas le « red » que nous connaissons mais plutôt le cabernet sauvignon et un pinot gris. On file ensuite vers le BIG et on achète nos trucs. Ce qui est génal avec les vélos c’est nos sacs qui se fixent sur ceux-ci (capacité 20 L). Nous pouvons y ranger plein de vivres.

Avant de retourner au bateau, on va à la buanderie pour s’informer des délais : dépôt des vêtements tôt en AM, récupération possible en PM. Ça nous va, le commerce ouvre à 8h00, nous y serons !

De retour au bateau, on va prendre l’apéro avec Michel et Jocelyne, de Juste Ciel, qui viennent d’arriver dans la baie.

Le lendemain, nous faisons de petits travaux et par la suite on retourne à vélo sur l’île et on capote à nouveau, cette fois on va vers un phare au Nord de l’île, très joli. En fin de journée, après une autre randonnée de vélo on récupère notre linge propre, bien plié et qui sent bon : un investissement judicieux J

Après avoir consulté la météo, pour planifier nos prochains jours de navigation, on décide de rester une autre journée à Block Island.  Les vents annoncés sont faibles et ne nous permettrons pas de se rendre à notre prochaine destination, Newport, RI, à voile…  Devinez ce que vous avons fait : du vélo sur l’île.

Ce fut donc un super 4 jours à Block Island.  Nous en gardons de beaux souvenirs.




Le phare au nord de l'île 
Et oui, on fait du vélo! 
 Le phare au nord de l'île, de plus près!
Les plages sont nombreuses autour de l'île 
Caffè Latte à l'ancre, à Block

vendredi 5 août 2016


Long Island Sound, du côté du Connecticut  

Après la Baie Huntington, nous sommes allés à Port Jefferson (là où on a récupéré la carte marine) pour deux nuitées l’une à un mouillage et l’autre à l’ancre. Au matin, nous levons les voiles à 9h15, le temps est gris. Les vents prévus sont de 10 à 15 Nœuds avec des rafales à 20 Nœuds en après-midi. Des conditions parfaites pour Caffè Latte. Nous partons et rapidement nous faisons 7 Nœuds sur une mer assez calme. Le vent forcit un peu et la mer se gonfle de vagues assez courtes qui ralentissent un peu notre progression. Les vagues font taper le bateau, on minimise cet effet en changeant légèrement de direction lorsque les plus grosses vagues (en général elles viennent en couple) arrivent. Le vent continue de forcir alors on réduit la voilure de la grand-voile en prenant un ris. Nous nous apprêtons à faire un virement de bord, une manœuvre que l’on a dû faire des centaines voire quelques milliers de fois, mais cette fois quelque chose de différent se passe : la voile d’avant (génois) refuse de traverser le lit du vent, elle est comme coincée…oups, nous avons oublié que nous avons maintenant un tangon sur le devant de notre mât et que cela devient un obstacle, on ajuste notre stratégie pour les autres virements de bord. Finalement, après 8 hres de navigation, nous arrivons à Westbrook, CT. Nous aurons navigué sur 54 MM (108 km) pour une moyenne légèrement en deçà de 7 Nœuds. Jamais n’avons-nous fait autant de distance en une journée ! 

On s’ancre près du brise lame de Westbrook, le temps est vraiment sombre et effectivement la pluie se met de la partie avec un léger orage. C’est tout de même parti pour un bout, nous aurons de la pluie pour la soirée et la nuit : un bon dodo en perspective ! Jean adore quand il pleut, ça désalle, ça nettoie et ça calme.



Destination : Essex, CT 

Au réveil, il pleut toujours, donc on fait de menus travaux (on installe le radeau de survie, on s’occupe du fluxgate (bidule qui mesure le champ magnétique, on avait mis des trucs avec des emballage d’aluminium et des couvercles de pots Mason trop près du fluxgate résultat : écran multifonction moins précis…)). Après le lunch, on lève les voiles après avoir pris soin de faire notre route sur l’ordi avec Open CPN. Le processus est simple : on intègre la direction du vent, les capacités du bateau à remonter le vent et la destination à atteindre. En pratique, on place des segments de route sur la carte marine en s’appuyant sur le vent, le bateau et la destination choisit. Une fois la route tracée, on peut vérifier comment on se compare à celle-ci et on corrige au besoin. Très utile quand on navigue en terrain inconnu ou que les entrées au port de destination sont compliquées. En réalité on devrait toujours faire notre route, mais bon… Toujours est-il qu’on a 5 segments à notre route, 2 à voile et 3 au moteur. Le premier segment voile va super bien, on a des vents de 12 Nœuds la mer est plate est c’est cool, on fait notre virement de bord pour le segment no 2 et là quelque chose d’extraordinaire se passe : on fait du 8, du 9 puis du 10 Nœuds à une allure qu’on nomme bon plein (60 degrés du vent apparent). Le bateau se cabre et entame un genre de surf sur l’eau : on capote. Le speedo du GPS montre 10.4 Nœuds, du jamais vu ! Avec toute l’excitation provoquée on va un peu trop loin sur le segment no 2 faque on modifie le segment 3 et 4.





Nous remontons la rivière Connecticut en passant devant Essex, magnifique endroit. Le chenal nous mènera à Hamburg Cove, une toute petite baie situé sur la rivière Connecticut qui a la particularité d’être en eau douce : pas de sel ici ! Deux heures de navigation au moteur au cours de desquelles nous découvrons une nature sauvage et très belle : oiseaux et flore à profusion, c’est cool ! Nous arrivons à notre destination à vitesse très réduite, nous sommes presque à marée basse et le profondimètre indique 8 pieds et des poussières. Il y des balles de mouillage, nous nous en approchons, ouf on est maintenant dans une dizaine de pieds. On prend une balle en périphérie, prenant soin de laisser un espace libre entre nous et le bateau suivant. On peut lire sur la balle : « Rental 25$ ». Le temps est gris, il va pleuvoir à nouveau c’est certain. Nous organisons le bateau pour pouvoir, malgré la pluie, souper à l’extérieur. Au menu : morue islandaise enfarinée cuite dans l’huile d’olive avec un baluchon de légumes. La cuisson se fait sur le BBQ. Pour le poisson sur une feuille d’alu doublée avec un rebord pour contenir l’huile : presque pareil que comme dans la poêle, à refaire. 

Le lendemain matin, il fait toujours gris mais la météo prévoit un dégagement pour l’après-midi. On s’affaire à repenser notre système d’attache pour l’annexe (les anneaux mis en place ont rouillés…) lorsque que l’équipage d’un cata, Bedouin, arrivé tout juste après nous, hier soir, vient nous saluer en kayak. Des Africains du Sud, deux couples. On jase de bateau pour se rendre compte qu’ils ont fait, il y a près de vingt ans, la Carib 1500 ! Après le lunch, on sort le dinghy et les vélos et on va à Essex à environ un MM de là. Nous nous promenons dans la ville, c’est très joli : toutes les maisons sont belles et ont le même style propre à la Nouvelle-Angleterre. Nous poussons du côté de Saybrook et de Old Saybrook (pas grand-chose à voir là…) pour finalement revenir à Essex. Sur la rue principale, on voit un wine shop et on se dit qu’il faudrait bien s’y arrêter… On débarque des vélos et Jean s’approche de l’entrée lorsqu’au même moment, l’équipage de Bedouin sort du wine shop. On se salut et on se congratule de partager les mêmes priorités dans la vie J. Plus tard, un peu plus loin, nous les revoyons de nouveau et nous les re saluons.  

On retourne au dinghy pour retourner au bateau en fin d’après-midi. Le temps est magnifique, l’eau de la rivière est plus chaude que celle de l’air ambiant nous en profitons pour nous jeter à l’eau et nettoyer la ligne d’eau et les côtés de Caffè Latte. Patrick, de Bedouin, arrive en annexe et nous invite pour l’apéro à bord de Bedouin. Nous acceptons avec plaisir. Nous terminerons notre tâche puis irons les rejoindre. Un des couples, Chris et Mandy, ont quitté l’Afrique du sud il y a plus de 15 ans pour s’établir à NYC. L’autre couple, Patrick et Debbie sont en visite pour 3 semaines à bord du cata, un magnifique Perry 43, un voilier fabriqué en Australie et qui est de toute beauté. Patrick et Debbie ont aussi un voilier d’une quarantaine de pieds et navigue à partir du sud-est du pays. Nous sympathisons avec eux et on se promets d’aller à Oyster Bay, le port d’attache de Bedouin. Nous rentrons au bateau, nous soupons.



Essex, CT
Old Saybrook, CT
Bedouin, à Hamburg Cove, CT

Destination : Mystic, CT 

Les discussions de la veille ayant porté sur l’accessibilité de certaines destinations, en termes de profondeur d’eau, nous profitons au matin pour calibrer notre profondimètre ; nous étions 1 pied et demi trop conservateur ! Nous terminons de faire notre route sur l’ordi après avoir revérifié la météo et les marées au départ et à l’arrivée. La navigation se fera au moteur car les vents sont faibles (moins de 5 nœuds) et nous voulons prendre la route la plus directe possible pour arriver avant la marée basse. De plus, le chenal, pour se rendre à Mystic est étroit et peu profond. 

Tout se déroule comme prévu mais au lieu de se rendre à un mouillage à Mystic, on décide d’en prendre un à Noank (ville pittoresque à 5 km de Mystic).  On prend notre mouillage (20$/nuit, non ce n’est pas cher !) vers 14h00 et on va faire une virée en ville avec nos vélos. On trouve un endroit où le 4 à 6 permet d’avoir des huitres à 1$ et du vin à 5$ le verre ! Yess ! De retour au bateau, on se laisse tenter par un resto fort populaire : Ford’s (merci Élizabeth d’Arapesh !) et dont la popularité tient à la qualité de la bouffe. On fonce : lobster roll froid et risotto de homard. Débile, super bon et abordable. On se fait la promesse de faire re belotte le lendemain (promesse tenue). 

Le lendemain, jeudi, on va à vélo visiter le Musée de Mystic : endroit très intéressant qui explique entre autres la fabrication des bateaux de bois, du cordage, des espars et des pièces en métal utilisées sur les bateaux, vraiment cool !

Yo à Noank, CT

Mystic, CT
  

jeudi 4 août 2016


Retour en arrière…



Nous faisions les écluses, pépère, et nous avions pris un superbe quai à l’écluse 5. Génial, un quai tout neuf, un parc écologique, l’ombre d’un grand arbre : le bonheur. C’était le 11 juillet. Le lendemain matin, soleil, gazouillis d’oiseau au réveil, un peu de vent du nord pour nous pousser un peu, la journée s’annonce belle et bonne. On fait l’écluse no 5 sans problème, puis…Ta… : plus de carte marine…Arrrrrgh!



On reboote l’écran multi-fonction (émf), rien à faire. On change de carte micro SD, non, ce n’est pas ça. Jean se souviens d’un problème similaire au Lac Champlain : peut-être que c’est un des deux lecteurs qui ne fonctionne pas bien. Téléphone au directeur des ventes de notre émf. Après discussion, il marque quelques points, nous constatons que la carte électronique couvre le Canada et…l’est de l’Alaska ! Or toutes ces années, on a navigué au Lac Champlain (ce sont les US après tout) … Jamais effleuré l’esprit que notre carte n’était pas adéquate… Téléphone à nos amis, ils nous posteront une carte électronique pour les US à la Marina de Hop-O-Nose (là où nous avons remâté) pour une livraison le vendredi, 15 juillet.



Vendredi matin, toujours pas de carte, on fait un suivi : colis pris aux douanes. Arrrrrgh !! Il fait chaud, on en peut plus, on parle au patron de la marina de Catskill, il accepte de rediriger le colis à notre prochaine destination soit la Marina de la 79ième rue à New York, on lui dit qu’on y sera jusqu’à vendredi le 22 juillet. Entre temps, pas le choix, on achète une carte papier pour la Hudson : pas de carte c’est un peu stressant…  On vérifie régulièrement à la 79ième si le colis est arrivé : ben non toi. Et le colis n’est toujours pas là le 22. Comble de malheur, le proprio de la Marina de Catskill ne répond plus à nos appels du Lundi, du Mardi… 



On a un flash, nos amis de Juste Ciel sont peut-être à Catskill à cette Marina. On les texte, ils y sont !!! On leur parle et on demande à Michel de dire au proprio qu’on a besoin de lui et qu’il nous téléphone. Michel va voir le proprio et lui signifie notre désarroi. Le lendemain matin, 9h00 pile le 27 juillet, le proprio rapplique : il nous confirme qu’il va aller au bureau de USPS pour faire un suivi et que son téléphone aurait eu des problèmes de charge (mettons…). Vers 11h00, il nous appelle et nous dit que le colis est revenu à Catskill car ce n’était pas possible de livrer à New York ! Arrrrrgh !! Il va se charger de nous livrer le colis à notre prochaine destination, à Port Jefferson (nous y serons vendredi le 29 juillet). Pas de problème. Nous avisons la Marina de Port Jefferson que nous attendons un colis à l’attention de Caffè Latte.



Nous arrivons à Port Jefferson vendredi soir, vers 18h30. Nous prenons notre mouillage, douche rapide, on trouve le dinghy dock (là où on pose l’annexe). On va voir la préposée : pas de colis pour nous.  Arrrrrgh!!



On obtient les infos de USPS pour les contacter, à la première heure samedi matin (ben oui toi : les postes américaines sont ouvertes le samedi !). On obtient le tracking number du colis via le proprio de la Marina de Catskill. On téléphone à USPS et on leur donne le tracking number : le colis est de retour sur livraison et la madame qui va tenter de livrer le colis est dans un endroit près de la Marina de Port Jefferson durant la prochaine heure. On ne fait ni une ni deux : vélos, cash, immatriculation du bateau, tracking number, vestes de flottaison, réservoir d’essence, on verrouille le bateau : direction la terre ferme et la madame de USPS. On fait route vers le quartier en question, à vélo, à l’affut de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un camion de poste.



Première occurrence : Jean y va : non ce n’est pas ça, Yo poursuit la vigie…Deuxième occurrence : Yo fait signe qu’il faut tourner à droite, on s’approche…oui c’est un camion USPS mais, il est garé, pas de postier en vue… soudain une madame arrive à pied, clairement identifiée USPS. La question : avez-vous un colis pour Caffè Latte ? « Oui, il me semble bien, où l’ai-je mis déjà ? Ah oui, le voilà ! ». Après lui avoir prouvé que Caffè Latte était bien à nous et que nous étions en possession du tracking number, elle nous remet le fameux colis, avec, à l’intérieur, la fameuse carte. YÉÉÉÉ ! Ah oui, pour la petite histoire sur quelle rue qu’il était le camion de la USPS ? Je vous le donne en mille, la rue Barnum : comme dans le cirque Barnum & Bailey ; car s’en fut tout un cirque récupérer cette foutue carte. By the way, nous écrivons ceci en buvant quoi vous pensez ? Du Bailey’s, comme dans le cirque en question) : un choix qui s’imposait non ? Cheers !!!



Long Island Sound se poursuit…



Finalement, parce qu’il n’avait pas de vent pour se rendre à la prochaine destination mais surtout, parce qu’on attendait ce fameux colis, nous avons ancré 3 nuits dans la Baie de Manhasset.  On profitait de ces journées pour aller faire des courses et des petits travaux sur Caffè Latte.  Par contre, dès que le propriétaire de la Marina s’est manifesté, nous avons compris qu’il n’était plus nécessaire d’aller à NYC mais plutôt d’aller vers notre prochaine destination.



On est donc prêt à lever l’ancre, par contre, on a besoin de faire un pumpout (vider le réservoir des toilettes) avant d’entreprendre notre navigation…  Ce n’est pas si simple !  On pourrait même dire que c’est de la mar……..  On a fait plusieurs appels auprès de marinas à proximité pour se faire dire que soit leur machine est brisée ou soit que ce n’est pas assez profond, au quai de service, pour notre bateau…   On trouve donc, finalement, une marina dans le baie voisine, Hempstead Harbour où l’on s’y rend à moteur (il n’a toujours pas de vent pour qu’on s’amuse à voile !).  Dans cette baie, on a un feeling de déjà vu du Lac Champlain, on a l’impression d’être à Mallet’s Bay…  vers 18h00, plusieurs bateaux apparaissent, le vents se lève : il y a une course de voile entre locaux.



On oubliait, tous les couchers de soleil sont assez magnifiques, on est toujours bien ancré pour les voir…



Une image vaut mille mots...



On poursuit notre chemin puisqu’il y a beaucoup à voir au cours du prochain mois (on a l’impression qu’on va manquer de toit…)  La vie est bien belle !!!  On fait donc route vers la baie Huntington, à moteur…  À l’entrée de la baie le vent se lève… 5 Noeuds (10 km/h), yé, on lève les voiles et on s’amuse pendant 1h30 !  On entre à moteur dans la baie où il faut vraiment vérifier les profondeurs… Nous sommes maintenant assez à l’aise de naviguer dans du 9-12 pieds de profond (alors que notre tirant d’eau, avant de toucher le fond, est de 7 pieds) ….