lundi 20 juin 2022

Bye bye Turquie...

Court séjour à Marrakech

Pascale, la fille ainée de Jean, sera au Maroc à compter du 1er juin. Il y a longtemps qu’il se sont vus. Elle était au Costa Rica depuis novembre 2020, elle était au Québec auparavant et durant l’été 2020 nous nous sommes vus à quelques reprises dont à la cérémonie à la mémoire de la mère de Jean.

Jean ira donc au Maroc pour 6 jours alors que Yolène restera sur le bateau, bien amarré à la marina… Nous avons un contrat jusqu’au 11 juin que nous profiterons pleinement !!!

Jean arrive à Marrakech le 31 mai et se pose dans une riad située dans la Médina (ville fortifiée). Père et fille y passeront deux jours, l’occasion de visiter le souk, quelques mosquées, de partager des repas et des discussions et de relaxer dans le cadre calme de cette charmante riad.

Au jour 3, nous quittons pour Essaouira, ville balnéaire sur la côte Atlantique du Maroc où nous avons une riad pour 3 nuits, là aussi dans la Médina. Cette dernière étant de dimension plus modeste, nous n’aurons pas l’occasion de nous y perdre régulièrement comme à Marrakech 😉

Tout à fait par hasard, notre arrivée coïncide avec un festival de musique Africaine qui est assez prisé au Maroc. Nous y ferons quelques arrêts à la scène principale de façon aléatoire car l’horaire des spectacles et le nom des groupes invités ne sont pas disponibles (Welcome to Africa !!).

De longues balades sur la grande plage ventée, profonde et dotée d’un sable fin et doré occupent nos journées. Le spectacle des « kiters » nous interpelle.








Nous repartirons d’Essaouira après avoir rencontré de charmantes personnes, très bien mangés et découvert une fort jolie petite ville.

Nous nous séparons après un retour sur Marrakech en bus. Jean direction aéroport et Pascale direction hôtel pour la nuit. Une belle petite vacances père fille !

Jean arrivera à Marmaris à 6 :00 du matin après 21 heures de transit en bus, en avion et en taxi.

Incident cocasse mais qui aurait pu être dramatique : Jean repère la porte d’embarquement du vol pour Dalaman de l’avion. Dans l’aéroport les écrans sont muets sur les portes, elles ne seront affichées qu’à 00 :15. Vers 00 :30 la porte s’affiche : G12A. C’est environ à 8 minutes à pied. Il y a un peu de retard. Quand Jean arrive à la porte et montre sa carte d’embarquement : stupeur. Mauvaise porte, mauvais vol !! Course effrénée vers la porte F1A (celle affichée à bord de l’avion). À fond de train jusqu’à F1A, Go Go Go ! À l’arrivée le responsable de l’embarquement constatant que Jean est à bout de souffle, lui glisse : « Monsieur prenez une grande respiration, relaxez, vous serez à bord de ce vol ».

La Turquie : « Te quittez si difficile » - Daniel Bélanger

Oui, comme dans la chanson, mais pas pour les mêmes raisons. Le 9 juin, le bateau est fin prêt, notre rendez-vous pour les formalités de sortie est pris, nous quittons la Marina vers 10 hres à direction d’une autre Marina, celle de Netsel, pour y faire le plein de fuel et faire vider le réservoir d’eaux noires et malodorantes.

Après une attente d’environ 1 heure, le temps que les bateaux arrivés avant nous soient servis, notre tour arrive. Tout se passe bien et nous décidons d’aller à l’ancre devant la plage pour y luncher et attendre l’heure du rendez-vous. Après le lunch Jean regarde dans le compartiment moteur, par prudence, pour valider que la fuite d’huile a effectivement été réparée : zut, celle-ci est toujours là 

Nous contactons notre agent pour reporter le rendez-vous au lendemain pour cause de problème moteur. Nous levons l’ancre, impossible de la faire se décrocher. L’ancre est bien prise dans 60 pieds… Nous tentons diverses techniques, finalement après avoir fait un demi-tour sur nous même l’ancre de désengage sur fond et nous constatons qu’un filet de pêche, assez costaud retenait l’ancre. Nous constatons que la roulette du davier qui reçoît la chaîne a été brisée, nous devrons faire changer cette pièce aussi, misère! Surtout que cette pièce avait été fabriqué sur mesure en Tunisie…

Nous filons vers la Marina pour faire re-re-re-vérifier la fuite d’huile. Le rendez-vous pour la fuite est fixé pour demain matin 9h30.

Entre temps, la pièce du davier est fabriquée en 1h30 top chrono !

Le problème de la fuite est un joint torique (le bon vieux o-ring) sur la pièce qui active la manette des gaz…mais cette dernière est brisée, doit être changée et est difficile à trouver. Or, notre rendez-vous le plus tardif pour les formalités est à 15h30. Il est 13h et toujours pas de pièce en vue. Ultime tentative un technicien va en ville et doit localiser un gars qui a ladite pièce. Le technicien arrive sur le bateau à 14h, 15 minutes plus tard le travail est terminé, la facture payée et nous sommes prêt à quitter la Marina.

Le vent se lève et nous filons à voile vers le quai des douanes. Le quai est flottant, assez court et ne semble pas des plus robuste. Nous nous amarrons sans difficulté. Formalités faites à 16h15, trop tard pour même tenter de rallier la Grèce. Nous retournons près de la Marina de Marmaris pour y jeter l’ancre pour la nuit…qui sera courte car les vents seront forts demain et il faudra partir à 5h du matin pour éviter les gros vents.

Réveil à 4h45, vérifcation de la météo : vents prévus plus fort que ceux vus la veille, pluie et orages toute la journée…non, nous ne partirons pas aujourd’hui, demain peut-être ?

Dernier ancrage en Turquie...

Oui, finalement le 12 juin à 8h nous quittons l’ancrage et nous levons la grande voile avec appui moteur. Au bout d’une heure, nous constatons un problème avec un chariot de latte de grand’voile. Jean a une pièce de rechange, nous affalons la GV, nous réparons et remontons la GV. Les vents changent un peu de direction, nous sortons le génois, coupons le moteur et filons très bien à voile.

Arrivée à notre ancrage plan B, nous regardons la nouvelle mouture de la météo et nous décidons de poursuivre vers notre plan, A l’île grecque de Symi : nous entonnons le succès de Lionel Ritchie : « See you Symi ».

Nous ne sommes pas tout à fait au bout de nos peines, la Turquie est fâchée de nous voir la quitter : elle nous envoie des vents puissants et soutenus entre la côte turque et Symi. Nous rallions les derniers 2 MM sans voile et sous moteur, nous nous ancrons sans trop de problème mais des rafales puissantes seront présentes dans la baie jusqu’à très tard la nuit.

Nous voilà, peut être libéré de la Turquie…à suivre !!!

jeudi 2 juin 2022

Golfe de Gokova, Turquie

Depuis notre retour de France, nous avons travaillé un peu sur le bateau, revus les équipages de Red Roo et de Toriba. Nous avons obtenu notre 2ième dose de rappel du vaccin Pfizer le 12 mai et plus rien ne nous retient à Marmaris… au moins pour deux semaines.

En fait, Jean rejoindra Pascale, en avion, à Marrakech du 31 mai au 6 juin, donc nous devrons être de retour à la Marina avant le 31.

Notre objectif est de se rendre près de Bodrum, notre point d’entrée en Turquie en novembre 2021, puis d’explorer le grand Golfe de Gokova qui fait 40MM sur 15MM.

Nous observons la météo depuis quelques jours avant le départ et les vents seront majoritairement de l’ouest pour 7 ou 8 jours et assez faible. Cela signifie, du moteur et/ou des bords de près serré jusqu’à l’entrée du Golfe situé à 70MM. Mais nous avons à quoi nous en tenir et le bateau marche bien au près serré.

Nous nous ancrons en route à trois ancrages qui ont en commun d’être dans la nature, tranquille et relativement désert. Nous faisons une randonnée pour tester le genou de Jean qui reçu une injection d’acide hyaluronique (qui participe à la reconstruction du cartilage et qui agit comme lubrifiant) suite à une douleur identifiée comme étant un début d’arthrose. Magnifique rando de 5km et le genou tient bon !

Notre premier ancrage, tout près de la marina,
au milieu des montagnes...

Notre deuxième ancrage...
La nature a son meilleure...




Caffè Latte a l'ancre alors que nous partons
pour une randonnée...
dans ce site enchanteur...

Au loin, Simy, une ile grecque...

On a rencontré un âne...







Nous sommes dans la phase croissante de la lune et étant loin des villes nous pouvons apprécier le spectacle des étoiles jusqu’au lever de l’astre.



Arrivée dans le Golfe, première nuit à l’est de Bodrum des vents de fin de journée nous permettent de bien naviguer à voile et de profiter des vents qui vont maintenant nous pousser vers l’est, vers le fond de la baie. Mais un fort vent du nord est attendu, le premier Melthem de la saison et nous devons nous trouver un ancrage sécuritaire pour y faire face d’ici deux jours.

Nous quittons le mouillage vers midi et sous moteur puis sous voile mais les vents forcissent et nous obligent à reconsidérer notre ancrage initial soit Cokertme. C’est profond, nous nous ancrons dans 40 pieds. Ce n’est pas super comme ancrage mais bon…

À 5h30, nous nous réveillons car la chaîne se déplace sur des roches et le son nous tire de notre sommeil. Jean va à l’extérieur et constate que nous avons fait un 180 degrés et que nous sommes assez près d’un bateau… et que les vents se lèvent. Rapidement on se désancre sans problème et nous nous déplaçons face à une plage où nous jetterons l’ancre (dans 60 pieds !) le temps de déjeuner tranquille.

Le Melthem arrive aujourd’hui, il faut trouver un bon ancrage. On consulte la météo à nouveau et nous choisissons un emplacement prometteur du côté sud du Golfe, les vents attendus sont là et sont forts, mais arrivé sur place nous désenchantons…Les baies sont minuscules et déjà occupé par des bateaux ancrés « à la turque » c’est-à-dire avec ancre dans l’eau et cordages sur des arbres de la rive : pas de place pour nous !

Nous identifions un Plan B situé à 3 MM mais on ne peut y aller tout de suite car les vents n’ont pas encore changé de direction et nous nous ferions « brasser ».

Entre temps Yolène constate que la ligne à pêche a été sectionnée… et complètement tournée en « queue de cochon ». Clairement, nos explorations d’ancrages ont entrainé le leurre et la ligne sous le voilier et dans l’hélice.

Yolène enfile un maillot, un gilet, des gants, masque, palmes et tuba et plonge sous le bateau pour dépatouiller tout ça. Au bout de 30 minutes, c’est mission accomplie : leurre et leader retrouvé et 30 pieds de ligne à pêche retiré de l’arbre de l’hélice. Aucun dommage.

Dix-sept heures, le vent commence à changer de direction, nous allons à l’ancrage d’Amazon Creek. Ça valait le coût, nous arrivons dans un havre de paix et de beauté, on se croirait au Lac Champlain à Deep Bay mais encore plus beau et plus sauvage. Notre moral est à la hausse après cette journée où nous allions de déception en déception : Pizza Night et Vino !

Nous passerons deux nuits super calme à cet endroit, nous en profitons pour partir le déssalinateur et produire de l’eau : tout est en ordre, yesss !

Une autre belle vue de notre ancrage...

Notre exploration se continue direction Oren pour pouvoir acheter un peu de bouffe : nous sommes un à sec. Un 12 MM ponctué d’une capture de gros sac de poubelle transparent et épais dans l’hélice. Rapide mise au neutre, Jean enfile maillot et tout le kit comme Yolène, plonge et ramène le gros sac encore en un morceau : pas de dommage ! Nous nous ancrons dans du sable, Yolène va à l’épicerie.

La preuve à l'appui...


Oren, un petit village touristique bien coloré!


Nous filons vers English Harbour en après-midi, poussé par de forts vents, sous génois seul. Le chalet présidentiel est surveillé et toute approche de ce dernier est interdite. Nous explorons les ancrages et comme d’habitude les ancrages « à la turque » prennent énormément d’espace ce qui limite sérieusement nos options. Heureusement, nouvellement équipé d’un appareil de mesure de distance au laser, nous pouvons aller nous réancrer un peu plus loin et, après des mesures précises et objectives, totalement à l’abri des autres bateaux déjà sur place et serein face à notre ancrage.

Un autre bel ancrage sauvage que nous quittons...



Nous filons au matin aux 7 îles, 15MM au près, de toute beauté et en prime la nature à son meilleur ! Nous sortons un paddle board, l’eau est géniale, le sable est fin et nous sommes seul…assez souvent. Nous y passerons deux nuits.





Le temps du retour est arrivé. Nous avons environ 100MM à faire pour arriver à Marmaris. Première étape, se rendre à Knidos environ 48MM en 9 heures dont la moitié à moteur. Nous nous ancrons sans problème mais nous sommes un peu « brûlés ».

Nous quittons vers 10 heures, en théorie les vents seront bons pour nous aujourd’hui. Nous prévoyons sortir le spi etc… eh ben non, ce n’est que de la théorie 😉. En fait, on est au moteur, les vents peinent à toucher plus qu’un souffle de jeune fille… ayant des séquelles de la Covid, jusqu’à ce que…

Nous passons entre l’île de Symi et un ilot et nous débouchons sur enfin du vent qui nous pousse bien. Nous allons vite et bien vers notre destination à Bozzukale, où un ami nous attend. Mais pourquoi arrêter alors que le vent est si bon. Nous décidons de continuer et nous avisons notre ami.

Les vents montent, et montent atteignant environ 25Nds (45Km/hre), nous sommes limite avec toute la voilure, heureusement la mer est assez plate. Et ça continue de monter, le pilote automatique commence à travailler assez fort.

Jean décide qu’il faut rentrer le génois et espérer que ça ne monte pas beaucoup plus. Ça continue de monter et la mer n’est plus aussi plate : il y a trop de grande voile, on doit l’affaler.

Une accalmie précédée d’un vent chaud nous en donne l’occasion. Trente secondes et c’est fait ! On relance le génois et nous roulons à nouveau, puis le vent vire, on roule le génois, le vent continue de virer, on ressort le génois. Ouf ! Le vent devient froid, des nuages se dessinent, sombres, à l’horizon. Rien sur le radar.?!

Nous continuons dans la première baie de cette sortie. Les vents sont maintenant de l’est, nous nous ancrons. Nous roulons un peu, les éclairs sont autour de nous, ça continue de rouler…Nous sommes fatigué, nous mangeons un peu et nous nous couchons et nous trouvons le sommeil dans un calme relatif. Il ne nous restera que 6MM à faire pour entrer à la Marina demain matin!

On ne manque pas un souper avec des amis
qui sont toujours à la marina...

Nous serons à la marina où nous quitterons la Turquie autour du 9 juin prochain…

À bientôt pour la suite !