jeudi 31 janvier 2019

Maroc... et ses petits bonheurs...


Nous adorons le Maroc, c’est un pays que nous trouvons beau de par ses gens, ses paysages, sa nature, son architecture et par son rapport, différent de celui des occidentaux, aux objets.

Ce rapport aux objets s’exprime d’abord par la réintroduction dans le cycle économique, c’est-à-dire la vente, d’objets usagés. Certains souks sont l’équivalent puissance dix de nos ventes débarras voire nos « friperies » et autres « poubelle du ski », juste en mieux. En mieux organisé, bien regroupé par thématique, avec des conseils et des indications sur où trouver ce que l’on cherche.

Un autre aspect du rapport aux objets est dans la réparation de ces derniers. Où, en occident, de nos jours peut-on faire réparer des trucs électriques et électroniques? Oui, il y a des initiatives qui émergent et qui adressent cette problématique et c’est très bien et nous souhaitons que cela prenne de l’ampleur. Ici, on retrouve, en abondance, des réparateurs compétents et fiers qui peuvent donner une deuxième vie à un cellulaire, à un ordinateur, à un iPad, à un frigo, bref à des trucs qui autrement iraient à la benne.

Un autre point à noter en lien avec le rapport aux objets c’est la fabrication. Les artisans marocains sont très habiles et réalisent de nombreux objets du quotidien (meubles, portes, fours, lampes, fer ornemental, souliers, tapis, etc…). Les lieux de fabrication, les « shops » en québécois, sont de petits ateliers, voire de très petits ateliers, avec un ou deux employés. Certains ateliers sont plus gros, mais on ne parle pas ici de PME, ce sont des micro-entreprises.

Les marocains sont des commerçants dans l’âme : à preuve, le nombre hallucinant de petits commerces dans les souks. Ce qui est différent ici c’est qu’une forte proportion des produits vendus sont fabriqué localement.

Cela s’applique aussi à l’agriculture locale. Nous croyons que le climat, et la fertilité des sols forment un terreau propice à l’agriculture maraîchère. Pour preuve, la diversité et l’abondance de l’offre de fruits et de légumes locaux : c’est tout simplement incroyable. Des fraises, des bananes, des oranges, des clémentines, des pamplemousses, des dattes, des figues, des pommes grenades, des mangues, des framboises, des mures, des melons et j’en passe... Du côté des légumes, il y a des pommes de terre, oignons, carottes, panais, radis, céleri, ail, artichauds, avocats, fenouil, chou, chou-fleur, brocolis, concombres, haricots, pois en cosse, tomates et j’en passe... Les viandes proposées sont aussi locales, poulet, dinde et agneau, principalement.

Les prix pratiqués pour ces biens et services sont en lien avec la capacité à payer des habitants. Pour nous, occidentaux, ce sont des prix qui sont beaucoup moins chers que ce à quoi nous sommes habitués... Par exemple :

1 kg (2.2 lb) de fraise à 2.25$ (1,5 Euros)
2 gros artichauds 1.00$ (0,6 Euro)
1 kg (2.2 lb) d’haricots 1.80$ (1,20 Euros)
4 jarrets de dinde (taille osso buco) 5.00$ (3,50 Euros)
Achat et pose d’une batterie dans une montre 3.00$ (2 Euros)
Lunette avec prescription pour myopie et astigmatisme, lentille anti reflet 60.00$ (40 Euros)

Bon, nous arrêtons, nous croyons que vous avez compris le topo !

Endroit où le transformateur (220v à 110v) a été réparé!

Nous attendons que le temps redevienne plus clément pour quitter la marina et entrer en Méditerrannée…  Il fait entre 15 et 17 degrés Celsius, le jour et la nuit, entre 6 et 8! Beaucoup plus chaud qu’au Québec, nous en convenons, mais trop froid encore pour être à l’ancre dans ces conditions… Notre chaufferette électrique, branchée à quai, fonctionne une quinzaine d’heures par jour… Nous resterons donc sagement à la marina pour le prochain mois, ce qui ne nous empêchera pas d’aller faire une visite à Ceuta (enclave espagnole au Maroc) et aussi en Espagne continentale…

À bientôt pour d’autre aventures!

samedi 19 janvier 2019

Chefchaouen et Fès, Maroc



De retour au Maroc, le 8 janvier dernier, à notre base de Tanger, nous nous réapproprions le bateau. Il nous faut réarranger les vêtements plus chauds rapportés du Québec et disposer de l’excédent des vêtements d’été. Nous devons aussi trouver du rangement pour les trucs pour le bateau que nous avons ramenés : sur un bateau, chaque chose à sa place et une place pour chaque chose.

Notre retour en avion s’est bien passé, nous avons bien dormi. À notre arrivée à Casablanca, nous achetons des billets de train pour Tanger : nous prendrons le TGV ! Belle expérience, un train en tout point semblable à ceux pris en France, vitesse de pointe de 320km/heure, douceur de roulement et autre possibilité de dormir un peu pour récupérer du décalage horaire !

Vendredi, 11 janvier, nous sommes invités par nos amis Australiens, Maree et Phil pour un souper qui soulignera les 60 ans de Phil. Sweetie, Shannon et Tony de même que l’équipage de Pitou (qui signifie « belle fille » en néerlandais, c’est très voisin de « pitoune » non ?!), Liselotte et Machiel, des Hollandais seront aussi de la partie. Tout le monde a le cœur à la fête. Le champagne et autres mousseux sont servis ainsi qu’un excellent repas. Bien agréable.

Nous discutons du plan pour visiter les villes de Chefchaouen et de Fès. Nous partirons dimanche, le 13, tôt le matin en « Grand Taxi » pour aller à Chefchaouen, y séjournerons deux jours, puis nous irons à Fès en bus pour un autre deux jours. Maree et Phil se joindrons à Sweetie et à nous pour Chefchaouen et nous continuerons avec Sweetie pour nous rendre à Fès.

Dimanche matin, dès 8 heures, tout le monde est prêt et nous partons à pied vers le stand des « Grands Taxis », à nous six nous remplissons le véhicule et nous partons. Nous avons un gentil conducteur, prudent, le paysage est assez joli, nous sillonnons les montagnes Rif. Arrivée à Chefchaouen vers 10h30.

Chefchaouen signifie « voit les sommets », en effet, cette ville est entourée de montagnes. On la surnomme aussi « la ville bleue », les photos en attestent largement. En 1930, la population juive de la ville a commencé à peindre maisons et portes en bleu et le phénomène s’est répandu : c’est du plus bel effet.
Jugez par vous même !!!















Une vraie carte postale...



Et les portes…









Ici, tout est bien entretenu et très propre, pas de signes de délabrement et l’atmosphère de la ville (le « vibe ») est détendu et très sécuritaire : tout le groupe adore cet endroit. Nous nous trouvons un resto pour bruncher à 25 dirhams (4$CDN ou 2,5Euros) pour un déjeuner complet : jus d’orange frais, café au lait, pain, œuf, fromage, croissant, olives et viande… Nous passons le reste de la journée à explorer la ville et nous nous rendons à une mosquée espagnole d’où nous aurons un super mirador pour contempler la ville. Entre temps, nous sommes passés à notre Airbnb pour y déposer nos sacs à dos.

L'entrée de notre Airbnb



Vue de la mosquée espagnole de notre Airbnb

Vue de la ville bleue, de la mosquée espagnole



Le soir nous sortons en ville à un resto que nous avions repéré : magnifique endroit et bonne bouffe à un prix très raisonnable. Nous retournons sagement à notre gîte pour un dodo bien mérité.



Le lendemain matin, nous prenons un autre « Grand Taxi » après avoir pris un déjeuner complet au même endroit qu’hier. Notre destination, le mont Akchour, en vue de faire deux randonnées qui nous mènerons au « pont de Dieu » et aux cascades.

Le temps est radieux, nous progressons à un bon rythme et le paysage est à couper le souffle : le vert des montagnes et le vert de l’eau, parfaitement limpide, se conjuguent au plus que parfait. Le pont de Dieu est atteint et nous rebroussons chemin pour attaquer le sentier qui nous mènera aux cascades. Nous manquons un peu de temps (environ une demi-heure) pour nous rendre à la grande cascade, seul Phil y parviendra. Notre taxi est là à 16h00s et nous filons vers Chefchaouen.












En soirée, resto chinois, excellent et petite pizza pour refaire nos réserves après une douzaine de kilomètres de randonnée en montagne. Nous dormons très bien.

Nous quittons Phil et Maree pour nous diriger vers la gare routière, avec nos billets de bus en main. Départ à 11h00 et arrivée prévue à 16h30. La route est sinueuse et le bus est systématiquement sous la vitesse maximale permise. Grand confort à bord, toutefois.

Notre accueil à Fès est désagréable. Des chauffeurs de « petit taxi » nous harcèlent, nous mentent, nous proposent des prix ridicules si bien que nous les envoyons promener. Nous trouverons par nous même ! Nous sommes abordés par une personne qui nous propose un taxi à 40 dirhams : nous acceptons, c’est trois fois moins cher que ce que nous demandait les chauffeurs à la gare routière…

Nous rejoignons la personne contact pour le Airbnb, par texto, elle nous conduit à notre gîte : c’est un véritable dédale pour s’y rendre, nous sommes en plein dans la médina et c’est un labyrinthe, faudra rapidement avoir des repères car il est facile de s’y perdre. L’endroit doit dater de quelques siècles et c’est en cours de « modernisation » : très grand mais pas super propre et mal chauffé. Déception.

On a fait un X sur le cadenas pour nous aider à repérer notre chemin...

L'âne est utilisé pour ramasser les vidanges dans la Médina
Nous sommes à nouveau harcelés en circulant dans la médina pour nous y acclimater. Parallèlement, nous recherchons un resto, pas facile, il y en a peu. Nous finissons par trouver. Nous y mangeons, puis retour assez facile vers le Airbnb.

Le lendemain, nous continuons notre exploration de Fès. Ce n’est pas un coup de cœur, loin s’en faut. Plutôt sale et en décrépitude, commerçants du souk qui sont parfois agressifs, ce n’est pas le bonheur.





En route vers les tanneries...


Assez impressionnant, ces tanneries, les hommes teignent les peaux de cuir...



Nous sortons de la médina pour aller au tombeau des Mérinides et pour nous libérer. Nous visitons seulement Yolène et Jean, Shannon ayant un début de grippe… Nous regagnons le Airbnb en début de soirée et nous nous faisons un repas avec de superbes artichauds : miam, à refaire absolument.



Cimetière à perte de vue...







Gare de train, à Fès


Départ de Fès, nous parcourons la ville à pied pour rejoindre la gare de train. Nous prendrons le train normal jusqu’à Kénitra puis ce sera le TGV jusqu’à Tanger. Nous arrivons sans encombre à Tanger et nous marchons une vingtaine le long de la mer sur une place publique recouverte de marbre jusqu’à la Marina : enfin de retour au bateau ! Le bonheur d’être dans notre « chez nous » douillet.

À très bientôt pour d’autres aventures !