samedi 20 mai 2023

Cefalù et Palerme, Sicile

Cefalù

Nous déjeunons avant de lever l’ancre à 8h en direction de Cefalù. Bye bye les Éoliennes!

Ça commence avec des vents qui ne sont pas dans la direction prévue… Nous échangeons sur la suite des choses…finalement nous sortons la GV avec 1 ris et le génois : les vagues montent sur le pont ! Dommage le bateau était exempt de sel 

Nous ferons du près serré tout le long, c’est-à-dire en remontant le vent le plus possible : ce n’est pas super confortable mais ça nous fait avancer assez rapidement compte tenu de la force des vents. En moins de 10 heures, nous franchissons les 53 MM qui séparent Vulcano de Cefalù en dépit du courant contraire.

Nous nous rendions à Cefalù, entre autres, pour rencontrer Stefano, propriétaire d’un Dufour 412 (la nouvelle mouture de notre Dufour 410) avec qui nous avons échangé sur des aspects techniques. En retour, Stefano nous a donné plein d’informations sur certains ancrages et ports de la Sicile et de la Sardaigne.

Nous avions avisé Stefano la veille que nous comptions rallier Cefalù sous peu. En route, peu de temps après le départ nous lui confirmions notre intention. Quelques heures avant notre arrivée, nous l’informions de notre heure estimée d’arrivée au port.

Par retour de WhatsApp, Stefano nous envoi quelques photos du port, de son emplacement à quai et quelques instructions. Nous comprenons que nous serons au même quai que lui et que ce sera gratuit : trop bien.

Stefano et Gemma, sa femme, nous accueille, à quai et nous invitent pour un apéro dinatoire. Le temps de se changer et de se débarbouiller rapidement et nous nous retrouvons à bord de « Carillon ». Nous avons adoré notre soirée avec Gemma et Stefano.




Au matin, beau soleil, l’équipage de Carillon quitte pour les îles Éloliennes, nous sans nous avoir dit que nous pouvions rester à quai grâce au frère de Gemma, qui navigue aussi ces eaux, et qui a un contact avec le propriétaire du quai. Nous donnons les amarres de Carillon à l’équipage, leur souhaitons bons vents et à la prochaine !

Nous faisons des jaloux : les bateaux à l’ancre, nous en connaissons 2 ou 3, « roulent » depuis la nuit dernière et c’est tout aussi intense ce matin. Quand les équipages viennent nous voir à quai nous leur expliquons la situation spéciale du privilège que nous avons.

Du fait d’être à quai nous avons accès à de l’eau, ce qui nous permet de dessaler le bateau, de faire du lavage et nous évite le roulage de la baie.

Nous profiterons du quai pour 4 nuits. Nous avons visité la Rocca (le rocher), avons arpenté la ville de Cefalù, fait l’épicerie et fait quelques petits travaux sur le bateau.

Une ruelle sur le bord de la mer et le phare...

Mignon, non ???

Notre balade sur la Rocca au petit matin...

Ceci est la marina et les ancrages...



On y voit le cimetière...


La Cathédrale de Cefalù...






Le matin du 7 mai, nous lèverons les voiles à 8h en direction de Palerme.


Palerme

Nous adorons cette ville et c’est avec plaisir que nous y retournons. Les vents annoncés étaient limite pour faire de la voile (lire vent faible). Nous faisons alternativement du moteur et/ou de la voile et arrivons à la Marina de Sitimar à 15h30, heureux de s’y retrouver, là où nous avions atterri en 2019.

Nous installons le bateau à quai correctement, prenons une douche de terrien : longue et chaude et hop nous filons à notre resto favori, le Funnanco Pizza Lab. Un vrai régal ce resto, heureusement nous avions contacté en amont Beneditto, le manager du port, pour qu’il nous réserve une table pour 19h30 : un amour ce Ben ! Nous mangeons notre meilleure pizza à vie (c’est aussi ce que nous avions dit à notre première visite…). Beaux rêves à bord…


On est comblé par cette pizza...

Le lendemain, nous profitons de la journée pour faire un bon réapprovisionnement dans une épicerie qui fait la livraison au bateau et nous marchons dans la ville. Soirée resto suggestion de Ben : un endroit fort sympathique où la cuisine y est familiale.

La cathédrale...

Le Street Food...

Après deux nuits à Palerme nous quittons le port à 10h sous une fine bruine…ça fait près d’une semaine que le temps est à la pluie…mais nous ne nous plaindrons pas. Direction Castellamare del Golfo.

À plus pour la suite de l’aventure ! 

Îles éoliennes, Sicile

Après notre escale à Scilla, suite au passage du canal de Messine, c’est à 11h que l’on quitte l’ancrage à destination de Panarea. Les vents hésitent un peu, nous aussi. Mais après peu de temps nous hissons les voiles et nous faisons route, tout en douceur, vers notre ancrage.

Il fait un temps magnifique : soleil, mer calme et vent doux. Ça pourrait ressembler à un temps de début d’été ? Nous nous approchons de Panarea, la plus huppée des Éoliennes et, du coup, nous nous approchons de Stromboli et du volcan du même nom.

Nous pouvons voir quelques manifestations d’activité volcanique, en l’occurrence des nuages de gaz et de poussières qui émergent aux 2-3 minutes environ. À l’approche de la destination, deux dauphins assez grands nous accompagnent de leurs cabrioles.

Île de Panarea en avant plan et Stromboli derrière...


Jean rédige le blog pendant notre navigation !!!

Superbe arrivée à notre ancrage...

Nous jetons l’ancre vers 19 hres après quelques 40MM de navigation.

La nuit ne fut pas très réparatrice : le vent et la houle ayant contribué à rendre notre sommeil entrecoupé de périodes d’éveil…bof !

Nous quittons au matin en direction de Lipari, après avoir supputé les possibilités de voir le Stromboli à la nuit tombante…rien n’y fit, la pluie et vent prévus rendent la mission…délicate.

Sous génois seul nous avançons vers Lipari, éventuellement les vents ayant tournés suite à une pluie assez forte près du passage entre Vulcano et Lipari, nous faisons le dernier bout sous moteur et changeons d’ancrage pour celui de Vulcano Est, très bien protégé des vents d’ouest, et empestant l’anhydre sulfurique, alias les œufs pourris, grâce à la présence d’une source de gaz, chauds, à environ deux mètres sous l’eau, et, portés par les vents en direction du bateau 



Quand les vents se calment, nous changeons d’ancrage pour aller cette fois dans la baie Ouest.

Nous apercevons les fumerolles du cratère de Vulcano, le sol est jaune indiquant la présence de souffre, un effet secondaire des émanations d’anhydre sulfurique, mais celles-ci sont en hauteur… Des bateaux croisés en Tunisie sont à l’ancrage.



Nous sommes en retrait de l’ancrage près de la fin de la baie, néanmoins la nuit sera bonne, et nous fera grand bien !

Au matin, nous nous interrogeons sur la suite des choses : les vents changeront et seront d’ouest, la pluie sera de la partie et nous voulons aller marcher le Vulcano, qui est le volcan le plus surprenant des éoliennes. Or, nous n’aimons pas trop la baie est à cause de la source de souffre et le temps est à la pluie…

Nous décidons quand même d’aller monter le Vulcano. Avec nos impers dans notre sac à dos, nous allons en annexe sur la plage et nous nous dirigeons vers les sentiers qui nous mèneront au volcan.

Surprise à notre arrivée : des touristes sont attroupés près d’une pancarte, mais surtout un feu rouge est allumé indiquant l’interdiction de gravir le volcan…!??

En anglais, l’explication est limpide : l’ascension doit être amorcée avant 10h30 ou après 16h30 (siesta des autorités oblige…). Bon nous nous nous recentrerons sur l’ascension du Vulcanello, petit frère de l’autre.

En route, nous croisons un petit resto et nous prenons une pointe de pizza et une arancini. L’ascension est rapide et offre un point de vue intéressant sur nos deux ancrages. Le ciel s’assombri, nous croyons que nous ne serons pas épargnés par la pluie…et pourtant, oui, nous pourrons regagner l’annexe puis le bateau bien au sec.

Par contre, c’est rouleur, grâce aux traversiers et à l’absence de vent : c’est fort désagréable…nous ne souperons même pas.

Très populaire les têtes de céramique..
Elles symbolisent la légende selon laquelle un jeune Maure amoureux
d'une sicilienne qui fut décapité par celle-ci pendant son sommeil.
Lui voulant retourné dans son pays.
Sa tête servie de pot à fleurs et
les fleurs qui en poussèrent furent abondantes et merveilleuses...

Le Vulcano et notre ancrage vue du Vulcanello...


Île de Lipari...

Nuit rouleuse, ciel menaçant au matin. On déjeune et on décide de partir quand même pour grimper Vulcano. En partant, on va voir les gens du bateau Sancerre, des britanniques, et on apprend que l’homme a un abcès sous une dent, c’est douloureux. Nous avons des antibiotiques à bord : un truc passe-partout pour les infections du « haut du corps ». On retourne au bateau, on prend des antibiotiques et on lui en remet.

On file à la plage, on croise des tchèques très sympa…qui habitent en Rép. Tchèque près de Vienne…le monde est petit. Nous grimpons le Vulcano, ça valait la peine : magnifiques vues et cratère spectaculaire.

Retour au bateau après petite épicerie. Orages et pluie forte sont au menu pour l’après-midi…et pour la nuit : ça roule en Tabaslack !

Le cratère du Vulcano et le Stromboli en arrière-plan...

Verdure incroyable...

On s'est bien amusé à prendre des photos panoramique du Vulcano...




Vers 6h, Jean se lève pour un pipi et aperçoit Sancerre qui ne pointe pas dans la direction du vent…bizarre. Jean sort dehors ce qui alerte Yolène qui le rejoint : l’orin de Sancerre est pris dans le cordage de son annexe. Cette situation pourrait faire décrocher l’ancre de Sancerre.

Nous les réveillons en sifflant ; facile, ils sont à 10m de nous… l’homme sort la tête par l’écoutille avant et lâche un « Oh ! ». La situation est maitrisée rapidement, mais nous sommes très réveillés. On vérifie la météo : nous avons une fenêtre météo pour aller vers Cefalù, notre prochaine destination sur la Sicile. Il est grandement temps pour nous de quitter les îles Éoliennes !

À bientôt pour la suite des aventures !

jeudi 4 mai 2023

Taormina, Sicile

Bye Bye Syracuse

Après dix jours à l’ancre, et ayant finalement reçu la pièce attendue, une pompe à eau de mer activée par le pied, nous quittons le 25 avril à 6h. Cette pompe est très utile à bord elle nous permet de rincer les couverts après le repas sans consommer de l’eau potable. L’attente en valait la peine.

Remonter l’ancre fut plus long qu’à l’habitude du fait de la vase, d’excellente tenue et collante à souhait. Pour éviter de salir le cordeau et la baille à mouillage avec de la vase prise autour et dans les mailles de la chaîne, nous avons dû jeter des sceaux d’eau de mer sur la chaîne pour déloger la vase rebelle.

Nous avions 48MM à faire, nous avons réussi à faire 4 heures de voile et 5 heures de moteur. Ce n’est pas ce que nous anticipions, nous croyons devoir faire le tout à moteur, ce fut donc une belle surprise.

Nous ancrons à Naxos juste au sud de Taormina. Le mouillage est réputé rouleur, mais la vue est magnifique avec l’Etna en arrière-plan. Nous passerons une nuit correcte, le roulis s’étant estompé le soir et la nuit venu.

Vue de notre ancrage, Taormina...

et encore l'Etna !!!

Le lendemain matin, le roulis reprend de plus belle, mais nous arrimons tout à l’intérieur du bateau et partons à la découverte de Taormina, ville réputée pour être très jolie.

Nous marchons environ une dizaine de kilomètres et gravissons près de 600m en dénivelé positif. Nous nous rendons jusqu’à Castelmola d’où nous avons une vue imprenable sur Taormina, sur notre mouillage, sur l’Etna et sur les environs.

En nous rendant à Castelmola, nous nous arrêtons pour visiter un parc urbain magnifique donnant sur la mer. Nous traversons la rue principale de Taormina, une splendeur, de jolis magasins avec de jolies choses, une place publique vaste et animée lors de notre passage, par des musiciens siciliens, guitare, accordéon et voix : dépaysement.

Nous faisons une trouvaille, un objet capte l’attention de Jean : une machine à expresso fonctionnant sans électricité, mais plutôt, simplement sur le feu de la gazinière et qui donne un expresso savoureux et crémeux. Une démonstration en magasin nous a conquis, nous l’achètons!

Le parc public...


Une ruelle...


LA rue piétonnière...

Lors de notre ascension à Castelmola,
et encore l'Etna en arrière-plan...


Taormina vue de Castelmola...

L'Etna et la vallée...  magnifique...

Notre ancrage au loin..

Taormina et son théâtre grec...

Nous retournons au bateau vers 17h, ça roule toujours 😔

Nous décidons de se déplacer vers le nord, plus près de Taormina, car paraît-il, ça y roule moins. L’information était juste, jusqu’à temps que ça commence à rouler solidement. Nuit mauvaise 😠

Retour à l’ancrage initial au matin, journée calme au bateau, nous retournons à Taormina pour s’y en imprégner une dernière fois. Nous partons à 15h, nous retournons au magasin où nous avons été précédemment pour y acheter, cette fois, un moule à arancini, ces petites boules de risotto fourrées d’une préparation de légume ou de viande, typiquement sicilienne. Nous en avions mangé hier au lunch à un endroit réputé et nous voulions pouvoir en faire nous même pour en servir à bord.

Souper tranquille sur Caffè Latte. Nous envisageons partir le lendemain matin à 6h pour rallier Scilla et franchir de détroit de Messine. Nuit tranquille et calme😊.

Le détroit de Messine

Nous levons l’ancre à 6h comme prévu, le temps est magnifique, peu de vent, une belle journée s’annonce.

Situé au nord-est de la Sicile et jouxtant l’Italie continentale, le détroit de Messine peut être dangereux sous certaines conditions. La légende, racontée par Ulysse, voulait que deux monstres marins peuplent ce bras de mer tellement les conditions, pour les navires de l’époque, pouvaient être impressionnantes. En effet, des courants forts jusqu’à 6 noeuds (c’est presque notre vitesse maximale au moteur), lors du passage du sud au nord, comme celui que nous ferons, génèrent des vortex et des vagues courtes et abruptes quand les vents sont contraires.

La genèse de ces phénomènes est aujourd’hui connue. D’une part, les mers Ionienne et Tyrrhénienne situées de part et d’autre du détroit sont en décalage de marée. D’autre part la salinité et la température de ces deux mers sont très différentes causant un brassage intense de ces eaux. Finalement, le relief est d’un côté peu profond et étroit et de l’autre côté large et profond, créant un double cône de rétrécissement y accélérant l’eau en transit. Heureusement, de nos jours il existe des outils que l’on peut consulter pour connaître précisément les courants en fonction du lieu du jour et de l’heure. Ceci permet de planifier son déplacement sans avoir à subir les effets indésirables du détroit… Ce pourquoi il fallait partir à six heures !

De nombreux bateaux commerciaux y transitent et il faut contacter les autorités du détroit lors de l’entrée et de la sortie pour obtenir leur autorisation.

Un beau départ matinal...

Difficile réveil !!!

Jean s'occupe pendant ce passage tranquille...

...et Yolène aussi...



Passage sans histoire, nous arrivons à Scilla à l’heure prévue, soit à 13h30.

Le mouillage est très joli, l’eau d’un bleu exquis, mais il y a roulage dû au passage des nombreux cargos. En effet, même les bateaux commerciaux se synchronisent avec la marée pour en minimiser les inconvénients. Ainsi quatre fois par jours, des navires, en tir groupé, entrent et sortent du canal de Messine.

Scilla et sa plage...

Scilla, le soir !!!

En arrivant à Scilla, on remarque ce genre de bateau de pêche
avec quelqu'un qui fait de la vigie au haut du mât...
Pour apprendre plus tard que
c'est la façon de faire la pêche à l'espadon...

Nous quitterons Scilla vers 11 heures en théorie demain matin à destination d’une des îles Éoliennes, Panarea, voisine d’un autre volcan célèbre: le Stromboli.

Projet stressant !

Ayant été à Syracuse longtemps, nous avons pu attaquer un projet qui nous a sauté aux yeux, littéralement, récemment. Nos plastiques sur la capote à embrun (« dodger » pour les puristes 😉), se sont opacifiés malgré nos bons soins. Celui côté bâbord, en particulier, est dans un mauvais état : opacifié et présentant deux coupures rafistolées avec du ruban adhésif.

L’idée est de découdre le plastique de la capote, de prendre le plastique d’une de nos toiles de côté (utilisée à l’ancre quand il pleut), de le tailler à la dimension exacte, de le coller stratégiquement à la capote et de recoudre le tout sans que rien n’y paraisse. Ah oui, pour ajouter au challenge on souhaite de refaire les toiles de côtés en plus court, changer légèrement leur taille et replacer la fermeture éclair au bon endroit.

C’est stressant parce que si nous n’arrivons pas à nos fins nous n’aurons plus de capote à embruns pour nos navigations et ce sera très pénalisant !!!

Nous utilisons le « nous » mais en réalité pour ce projet Yolène est l’artisan et Jean son « aide ». Grâce au talent et à la concentration de Yolène et au soutien de Jean (mettons 😉), le projet est réalisé méthodiquement et avec grand succès. Voyez par vous-même.

Yo est en train de découdre l'ancien plastique...

Le plastique était dans un état lamentable...

Coupage du nouveau plastique dans nos "côtés"

Étape de la couture...

Et voilà le résultat...

Et l'autre résultat, notre "côté" modifié...

Pour en savoir davantage sur la suite, revenez nous lire sur le blog !