mercredi 5 avril 2023

Sortie de l'eau à Monastir, Tunisie

Sortie de l’eau à Monastir

Le lundi 13 mars, une date choisie par rapport à la météo et non pas pour défier le sort, nous sommes dans la darse (le point de ramassage du bateau par grue du chantier) à 8h30 comme convenu. Nous nous affairons à retirer les pataras (ce qui retient le mât vers l’arrière du bateau) parce que la grue est limite pour notre bateau à cause de la combinaison longueur et tirant d’eau de Caffè Latte.

Rapidement nous sommes sortis de l’eau, un grattage rapide retire ce qui a « poussé » sur le bateau depuis un an, c’est suivi d’une nettoyage à la pression mais en mode léger car nous voulons préserver notre peinture anti salissure.


La coque est plutôt belle...
très peu d'algues ayant poussées...

C'est toujours impressionnant de voir
ce qui peut pousser, sous l'eau, sur la coque...

Dans l’ordre, Yolène nettoie la « ligne d’eau », nettoie l’embase du moteur et l’hélice et pose le ruban cache au-dessus de la ligne d’eau.

Pendant ce temps, Jean prépare l’extraction des cinq passe-coques ; le travail consiste à retirer les tuyaux des barbules (en chauffant les tuyaux), de vérifier l’état des collets et de récupérer l’eau se trouvant dans les tuyaux pour éviter de répandre le « jus » à intérieur.

Quand ce travail est fait, Amor, le responsable du chantier, commencera à ôter le laiton des passe-coques pas l’extérieur à l’aide d’une rectifieuse (un « grinder » pour les puristes 😉). Amor est un as, il ne laisse que l’épaisseur une feuille de papier de laiton à l’extérieur et retire l’anneau en délicatesse. De l’intérieur, Jean tourne un peu le passe-coque et le calfeutrage fini par céder.

Voilà les "disques" de laiton des passe-coques,
une fois retirés de l'extérieur du bateau

Nous attaquons ensuite le sablage à l’eau de la surface de la coque que nous voulons peinturer. Par la suite, nous préparons la peinture en incorporant du cuivre à la base de la peinture et en mélangeant longuement. Nous appliquons la peinture sur la ligne d’eau, le safran et une portion de la quille.

Nous attaquons ensuite la pose des nouveaux passe-coques en appliquant du calfeutrant à l’extérieur du bateau et à intérieur du bateau. Nous serrons la bague à l’intérieur en allouant une petite épaisseur de calfeutrage pour un serrage « ultime » après 24 heures de séchage.

Ça, c’est la théorie, en pratique nous avons mis trop de calfeutrage à l’intérieur, nos valves et nos barbules sont en place au bout des passe-coques et nous avons que très peu d’espace pour serrer les bagues. Nous sommes dubitatifs… Jean utilise une pince qui nous permet de serrer les bagues plus facilement mais il faut aussi empêcher que les passe-coques ne tournent à l’extérieur.

Nous faisons appel à Amor, qui vient sauver la situation. Nous inversons les rôles après un passe-coque : Jean ira à l’extérieur pour tenir les passe-coques et Amor à l’intérieur pour serrer la bague : nous faisons de notre mieux. Nous sommes, tous trois, semi-confiants du résultat, mais nous pensons que sera vraisemblablement un succès.

Voici le plus petit des passe-coques, 1/2 po..
Du bas vers le haut, la pinoche, le passe-coque,
la valve et le tube (sous le tube, le barbule),
ça à l'air étanche ??!! Inch'Allah

Nous terminons le cirage du bateau en deux étapes de « compound » et de cire avec un succès relatif : nous convenons que la prochaine sortie du bateau sera dédiée à un traitement de surface plus complet, après dix ans, malgré nos bons soins (largement supérieur à ce que la moyenne des navigateurs font comme intervention), le temps est venu de passer à cette étape.

L’heure H de la remise à l’eau approche, il est 13h et des poussières, le bateau est pris en charge par la grue, les piliers de support sont retirés, le bateau se soulève hors du ber et la grue se dirige vers la darse. Jean a fermé toutes les valves à bord, aucun des tuyaux n’est rebranché et il convient avec Amor de déposer le bateau pour que les passe-coques se recouvrent à peine avec l’eau de mer puis d’arrêter, le temps que Jean fasse le tour des passe-coques pour en vérifier l’étanchéité. Première inspection réussit. Le bateau est complètement relâché par les sangles de la grue, réinspecté pour des potentielles fuites mais tout est beau. Selon Amor si cela avait eu à fuir ça l’aurait déjà fait.

Nous remettons le pataras en place, ouvrons les instruments de navigation, démarrons le moteur, prévenons les « marineros » de notre retour à quai, et nous nous dirigeons lentement vers notre quai. Nous nous amarrons, revérifions la présence de fuite : tout semble Ok ! Jean commence à rebrancher les tuyaux un à un, c’est un succès pour tout sauf l’évier de la cuisine…

Jean va acheter un nouveau tuyau pour remplacer l’ancien qui est trop amoché et qui fuit malgré le serrage des colliers. Le nouveau tuyau refuse de s’insérer dans la sortie de l’évier ? Ah ben Tabarn…la sortie fait 32mm et le passe-coque fait 25mm. Pas surprenant qu’il y avait une fuite depuis un bout… Jean trouve la solution : un bout de 32mm sur l’évier jusqu’au passe-coque puis un bout de 25mm sur le passe-coque puis le 32mm par-dessus le 25mm avec deux colliers. C’est super étanche et le sera pour un bon bout.

Curieusement quand nous disons aux amis navigateurs que nous avons changés les passe-coques ils répondent tous : Ah oui vraiment !! C’est une expérience enrichissante et un peu stressante 😉, ceci dit après environ 25 vérifications additionnelles nous commençons à dormir mieux la nuit 😊.

À bientôt pour la suite !   


Aucun commentaire:

Publier un commentaire