samedi 16 mars 2024

Antigua, Les Caraibes

À la découverte d’Antigua !

Peu de temps avant notre traversée de St-Martin vers les Açores, qui eut lieu à la mi-avril 2018, nous avions été avec des amis (Merrill et Maryse de Ambition, Robert et Petra de New Vision) à Antigua pour les régates des voiliers anciens et modernes. Nous étions principalement restés dans les baies de Jolly Harbour et de Falmouth. Nous avions bien aimé mais ce fut trop court.

Cette fois-ci, nous voulons découvrir plus en profondeur les ancrages de l’île d’Antigua, une des plus jolies et civilisées des Antilles. Pour se faire, nous serons accompagnés par des ex-voileux du Lac Champlain, Yves et Danielle sur Porquerolles, sur leur nouveau catamaran Outremer 45, rencontré à l’ancrage du Marin en Martinique.

La navigation

Privé de l’auto pilote, nous avons adapté la distance à franchir pour ne pas nous « écœurer » de barrer. De Ste-Anne en Martinique nous avons été à Anse d’Arlet (20MM), St-Pierre (19MM), Portsmouth en Dominique (55MM), Terre-d’en-Bas en Guadeloupe (20MM) et Malendure (20MM), où nous avons pris une journée de pause, puis Jolly Harbour à Antigua (60MM). Une navigation typique des Caraïbes, vent de travers entre 15 et 20 Noeuds de quoi nous permettre de bien marcher, des zones d’ombre près de la côte des grandes îles, un peu de grains pour pimenter le tout et de bons ancrages pour passer de bonnes nuits réparatrices.

Antigua

Nous avions convenu de nous rejoindre à Jolly Harbour, nos itinéraires étaient différents (nous à cause de l’absence d’auto pilote) mais le hasard a voulu que nous y arrivions, Porquerolles et nous, presque en même temps, à moins de 2 heures d’écart.

Nous ferons nos formalités en même temps. Elles seront plus longues en raison d’une panne informatique causée par un bris d’équipement.

Nous fraternisons beaucoup avec l’équipage de Porquerolles. Entre les apéros, les soupers à bord, le resto à Falmouth, les parties de quilles finlandaises sur le sable, la chasse aux langoustes, les petites randos et les navigations d’ancrages en ancrage, nous avons passé une semaine avec eux. Ce fut très agréable; une belle complicité, des valeurs communes et de l’échange d’informations!

Nous aurons été dans les baies de Jolly Harbour, Five Islands, Falmouth, Green Island et Birds Island. Nous avons adoré Antigua !

Laissons aux photos le soin de vous montrer la beauté des lieux !

A notre ancrage à Five Islands, la présence de pélicans...

Un pélican au repos... Majestueux!!!

English Harbour...
Là où les gros voiliers aiment se poser !!!

Une belle randonnée pour se dégourdir les jambes !!!





Notre ancrage à Falmouth...


Une autre randonnée, cette fois, sur Green Island...



Navigation en route vers Birds Island
où nous devons zigzaguer à travers les haut-fonds !!!



Avant de repartir pour les Îles Vierges Américaines, nous sommes retournés à Jolly Harbour pour faire du réappro, faire nos formalités et revoir un voilier ami Allemand, Toriba, de Thomas et Uli, rencontré en Turquie et revu en Tunisie et aux Canaries. Un apéro sur Caffè Latte, un lunch à Jolly Harbour et un autre apéro avec Thomas, furent l’occasion de renouer avec lui, Uli étant retenu en Allemagne, malheureusement.

Nous avons repris la mer, ce samedi le 16 mars, en direction de Barbuda, une île au nord d’Antigua. 

Rendez-vous bientôt pour la suite de notre aventure !

mardi 5 mars 2024

Martinique

La longue attente…

Après 4 jours de repos, du 31 décembre au 3 janvier, nous sommes allés au port du Marin, pour faire notre entrée (les formalités douanières) et nous rendre à un shipchandler pour identifier qui pourrait bien nous aider avec les réparations bateau que nous avons à faire.

Ste-Anne sera notre ancrage principal
pendant notre séjour en Martinique...

Étonnamment, mais pas tant que cela quand on connait Yolène 😉, nous avions encore de quoi manger même après 25 jours de navigation… Nous avons décidé de faire des photos de ce qui nous restait dans les coffres. Tout ça pour dire que nous irons aussi aux Supermarchés.

Garde-manger encore presque plein !!!

Notre premier déjeuner avec des aliments de la Martinique:
la baquette, le fruit de la passion et une goyave... MIAM!

Pour le moteur de l’auto pilote c’est Julien qu’il faut voir mais il ne sera de retour qu’à 13h30. Pour le rail du tangon, c’est Kevin. De ce pas nous allons trouver Kevin. On lui explique le problème, il nous assure que c’est un boulot qui ne prendra qu’une heure, mais qu’il faut le faire planifier, le mettre à l’agenda, en passant par Aurélie, qui malheureusement est absente. Nous sommes en début d’année et le boulot n’est pas reparti exactement sur les chapeaux de roues !

Retour chez Caraïbes Marine pour voir Julien, M. Électronique et lui parler de notre problème d’auto pilote. Il écrira un courriel à son contact chez Tecmar, le distributeur Lewmar France. Quelques jours s’écoulent, je retourne voir Julien pour avoir des nouvelles, il doit relancer Tecmar, c’est le début de l’année pour tout le monde… Nous en profitons pour tenter de voir Aurélie, sans succès, elle a eu un problème familial…

Il pleut beaucoup pour un mois de janvier en Martinique...

On s'occupe en attendant...
Ici, petite balade sur les plages...

Un arc-en-ciel de nuit.. c'est plutôt rare...


Un voilier typique martiniquais appelé la Yole...


De fil en aiguille, se fut long, mais avec patience, méthode, disponibilité et gentillesse, nous aurons finalement un rendez-vous avec Kevin, le 16 janvier, qui fera le boulot en une heure comme promis.

Julien, avec lequel il faut se présenter en personne, dans sa face, pour avoir de l’info ou pour qu’une relance soit faite, nous aura le moteur le 30 janvier. Jean l’installe, le branche, le relie à la chaîne et constate un problème de « fluidité ». La barre à roue ne tourne pas librement, il y a des blocages. Visite de courtoisie chez Julien, il dépêchera un technicien le 7 février, pour constater que le moteur « coince ». Moteur retiré et retourné chez Julien. Ce dernier va contacter Tecmar pour qu’on lui en expédie un autre.

Au bout de deux semaines et après un échange au téléphone assez « musclé », Julien accepte de payer les frais de transport de 200 Euros ($300), car il est hors de question que nous payons les frais de transport d’un produit de remplacement qui est défectueux…

Le nouveau moteur arrive donc le 21 février, un beau cadeau d’anniversaire pour Yolène 😊 à l’avance! Jean installe le moteur et la fluidité n’est pas optimale mais quand même acceptable. Nous décidons de quitter la Martinique, de Ste-Anne, le samedi 24 février. Nous allons naviguer jusqu’à Fond Boucher, environ 4 heures de bonheur, à l’auto pilote… sauf que… en préparation pour l’ancrage, nous désengageons l’auto pilote et Jean constate que la barre à roue est difficile à tourner ! Merde, nous devrons retourner au Marin le lendemain, car le moteur a aussi un problème…

Retour à la case de départ… Nous contactons Julien, lundi matin à la première heure, et il nous aura un technicien le lendemain matin vers 10h30. Le technicien constate la non fluidité de la barre, l’installation était bien faite, les branchements aussi et tout l’électrique du bateau est ok.  Conclusion : problème moteur, encore…

Je passe voir Julien à nouveau au bout de deux jours, pour savoir où il en est, il a eu une discussion avec le responsable du SAV de Tecmar qui confirme que nous serons pris en charge et qu’un autre nouveau moteur nous sera acheminé à un concessionnaire Lewmar de notre choix dans les Antilles. Ceci nous permettra de « sacrer » notre camp de La Martinique, sans auto pilote bien sûr, le 29 février, deux mois après notre arrivée le 31 décembre.

Nous filons donc vers Antigua, par saut de puce de moins de 10 heures de navigation, que nous devrions atteindre le ou vers le 6 mars.

Durant tout ce temps, heureusement pour notre santé mentale, nous avons vu des amis et fait connaissance avec d’autres marins. Ainsi Merrill et Maryse du voilier Ambition, que nous avons connu en 2016 et qui ont traversé cette année là avec nous dans les Caraïbes, nous ont rejoins à Ste-Anne et nous avons fraternisé beaucoup avec eux, toujours un vrai plaisir. Benoît Villeneuve, notre ex-routeur et ami, ainsi que François son équipier, que nous avons aussi vu à quelques reprises et avec qui nous avons eu aussi beaucoup de plaisir. Sans oublier notre ami de longue date Martin, collègue de travail et personne qui a fait le plus de séjour à bord de Caffè Latte, qui nous a fait le plaisir de venir passer un 2 jours à bord : c’était super le fun et totalement imprévu !

Malheureusement, pas de photos de nos soupers entre amis...
Ici, on a Benoit que l'on aide
suite à des problèmes avec son spi durant sa traversée...
Tout le monde a ses petits pépins...


A bientôt pour les prochaines nouvelles en direct d’Antigua!

mardi 9 janvier 2024

Traversée vers les Caraibes

Santa Cruz de Tenerife : décorations de Noël

Peut-être un sujet quétaine, mais c’est quelque chose de très gros ici. On vous laisse juger par vous-même…

La rue piétonnière...

Les poinsettias remplacent les fleurs dans les plates-bandes...




Ici, c'est assez intense !!!


La traversée vers les Caraibes

Le grand jour sera le 7 décembre 2023. À tous les jours, Jean consulte la météo et cela sera confirmé : le jeudi 7 décembre. Au matin du 7, Jean fait une ultime vérification météo, c’est bon, mais dans 6 à 7 jours il y aura une perturbation, un petit système devant nous brisant les alizés, ces vents d’est qui nous porterons jusqu’au Antilles. Mais 6 à 7 jours c’est loin et ça a le temps de changer. On y va!

Nous partons à 11h pile, ce sera plus simple pour faire nos relevés de position quotidien. Nous aurons quatre fuseaux horaires à franchir : au 015W, au 030W, au 045W et au 060W. À chaque fois, nous aurons une heure de plus, donc nous aurons quatre jours de 25 heures. Cette heure servira à dormir une demi-heure de plus chacun!

C'est le départ...


Les trois premiers jours se passent rondement, nous faisons environ 150MM chaque jour essentiellement avec que le génois (voile avant) et son tangon (ça maintient la voile « étirée » sur le côté. On a même un moyenne de 6,7kn!!!



Au jour 4, un problème d’ordi : Kaspersky, notre anti-virus, veut avoir de nouveaux fichiers pour se mettre à jour et l’ordi devient hyper lent… Jean ne peut plus faire de routage météo. On contacte notre ami Benoît qui nous refile l’information que l’on a besoin : une dépression (celle que Jean avait vu) se profile devant et nous devons l’éviter en allant plus au sud. Entre temps Yolène, et sa grande patience, parvient à ressusciter l’ordi. Jean s’occupe de stopper tous les modules de Kaspersky pour qu’on puisse à nouveau être indépendant au niveau de la météo. Ça fonctionne.

Pas toujours agréable...
une petite pluie qui nettoie le bateau !!!

Jour 5, première douche et une bière sans alcool. Les vents sont faibles malgré un bon début, nous faisons 5 heures de moteur car les voiles claquent. Ce scénario se poursuit au jour 6, nous ferons près de 7 heures de moteur et pointons un point de retour du vent. Le moral de Yolène est un peu bas, Jean la remonte…

Jour 7, Jean constate que la température d’une batterie s’élève un peu. Il a la solution, la retirer du circuit. Ce qu’il fait. Mais il se rend compte que les boulons sur les batteries ne sont pas bien serrés, c’est probablement la cause de l’élévation de température de la dite batterie. Tout va bien, on mange bien, on a de bonnes discussions sur notre retour à terre. Encore, 7 heures de moteur à cause des vents faibles créant des ajustements des voiles compliqués.

Jour 8, de meilleurs vents sont là, mais nous nous concentrons sur le réglage de l’auto pilote pour éviter le claquage des voiles. Le moteur de l’auto pilote est à 50C…ça stresse Jean. Les alizés ne sont toujours pas établis à cause d’une deuxième dépression. Dans la nuit, les vents montent et Yolène réclame Jean pour qu’on réduise la voile, bien vu Yolène. Nous prenons un ris dans la GV, sans génois. Puis on remet un peu du génois, puis tout le génois. Au matin, on repart le moteur puis à 11h, génois tangonné et ça roule bien.

Jour 10, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer, il est à 70C. La météo nous montre qu’il y aura du vent convenable dans peu de temps. Nous décidons de le laisser aller jusqu’au matin…

Jour 11, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer… l’auto pilote est débranché, Jean ôte le moteur, l’ouvre, le remonte et constate qu’il n’y a rien à faire il faudra s’en passer pour le reste de la traversée : nous sommes à mi-parcours. Nous changeons notre horaire de quart, ce sera 1h30 à la vigie/barre. La nuit les vents forcissent et nos cordes bungee fonctionnent bien, c’est encourageant. Mais vers la fin de la nuit l’instrument du vent rend l’âme : on ne sait plus d’où vient le vent (enfin si mais bon), ni sa force. On va faire avec... Nous nous épaulons, bonne ambiance à bord !

Jour 13, les vents virent de 180 degrés. C’est non prévu au niveau des fichiers météo, mais c’est la troisième dépression qui nous joue des tours. Il y a un peu de pluie et de vent, mais on gère le tout très bien et calmement.

Jour 14, nous trouvons un substitut à l’instrument des vents : le compas électronique.  Par contre, il y a un écart entre le cap (où le bateau pointe) et la route (où le bateau va) mais ça aide à barrer. Jean tente une ultime réparation de l’instrument du vent, mais sans succès.

Jour 15, la lune est bien présente, c’est la demi-lune. Ça nous aide à y mieux voir. Avec ces vents de 14 noeuds nous devons réduire la voile à cause de nos bungees. Avec 3 ris dans la GV et le génois tangonné c’est une bonne combinaison, mais nous roulons à peine à 4 noeuds.

Jour 17, nous continuons notre lente progression dans des vents faibles. Bientôt, il faudra se résoudre à faire du moteur, beaucoup de moteur.

Jour 18, c’est confirmé au moins 80 heures de moteur. Je téléphone à mon ami Diami, il est heureux de me parler et moi itou! Ça me remonte le moral.

On se repose quand on peut...

Ça va être serré pour le carburant, heureusement bonne nouvelle, on fait six heures et demie de voile non prévue ! Nous soupesons notre destination finale : Antigua (pour fêter la nouvelle année avec nos amis M&M) ou Martinique (plus court et nous sommes assurés de pouvoir faire les réparations nécessaires) ? Pour l’instant, il faut passer par le même point de retour du vent, nous reportons la décision.

La pétole... pas l'ombre d'un souffle de vent !!!

Jour 21, notre choix se porte sur la Martinique, c’est plus près. En soirée, alors qu’on évite deux grains (grosse pluie) le moteur s’arrête faute de carburant. Nous remplissons le réservoir avec nos derniers 40 litres de diésel. C’est la pétole : aucun vent. Il est 22h…et sachant que nous nous laisserons dériver pour une bonne nuit de sommeil, nous envoyons des courriels pour informer les gens qui nous suivent sur le Garmin que nous devrions faire une drôle de trajectoire et ce, potentiellement pour quelques jours.


Au matin du jour 22, il y a du vent et nous en profiterons !  Quand il y aura des vents plus faibles que 8 noeuds, nous ferons du moteur. Mais bonne nouvelle, merci Éole, nous ferons 27 heures consécutives de voile avant de partir le moteur… En soirée, plutôt que prévu nous aurons du vent, nous hissons à nouveau les voiles.


Les Sargasses provenant des Caraibes,
principalement de la Guadeloupe,
sont une peste qui peuvent se prendre dans l'hélice, sur la quille
et ralentissent le bateau !!!
Elles ont été vues au 2/3 de notre parcours...

C'est le plus beau coucher de soleil que nous avons eu,
il est arrivé au jour 21 !!!


Notre petit déjeuner juste avant notre arrivée...
On oubliait de vous parler du beigne à Jean...
Son siège désormais pour faire guérir ses plaies de fesses...

Jour 24, la fin est proche… En soirée, nous voyons les lumières de la Martinique. Nous naviguons bien et faisons des empannages tout en nous rapprochant de notre destination.

Jour 25, nous changeons la configuration des voiles pour aller sur notre destination en vent arrière avec la GV seule. Quand nous sommes à 8MM de l’arrivée, nous affalons la GV et partons le moteur à 1800 RPM, au diable la dépense (😊). Nous jetons l’ancre à Ste-Anne à 10h. Prenons un rhum punch (un planteur) : ça fait du bien. Mission accomplie.

Nous ne sommes pas euphoriques comme à la fin de nos premières traversées, faut croire que surmonter l’adversité nous a un peu refroidi, mais nous sommes soudés comme équipage : nous sommes fiers de nous !



Soulagés et heureux d'être ancré !!!!

Le garde-manger était encore plein à notre arrivée !!!

Notre parcours sur la carte que l'on marquait à tous les jours...

Naviguer avec les cordes bungees

Ceci est un point technique, si vous ne naviguez pas ne lisez pas ce qui suit : c’est plate 😉.

Jean avait déjà lu sur le sujet, il y a un bon bout de temps. Mais, nous n’avions jamais expérimenté cette façon de barrer. Le but de la manœuvre c’est de réduire la concentration nécessaire pour barrer le bateau lors d’une panne d’auto pilote, ce qui rend l’exercice moins harassant et ce qui permet au barreur de laisser son esprit « flotter » un peu.

Selon notre expérience, cela fonctionne au près comme au portant et même sous moteur. Le matériel se résume à deux cordes élastiques bungee à peu près identiques en longueur et en force, idéalement avec des crochets au deux bouts. Il faut prévoir quelques endroits pour accrocher les bungees pour pouvoir modifier la tension de ceux-ci. Lorsque le bateau a deux barres à roues (notre cas) la barre côté bâbord a un bungee côté bâbord de la roue et la barre tribord un bungee côté tribord.

Avant de commencer à installer les bungees, il faut s’assurer que le bateau est bien équilibré, donc que les voiles sont bien ajustées et que le couple dans la barre (tendant à faire remonter le bateau au vent) soit faible, sinon les bungees ne pourront pas piloter le bateau. Une fois le bateau équilibré, nous pouvons installer les bungees et faire les réglages de tension.

Nous voulons ajuster les tensions des bungees pour que le bateau puisse loffer (remonter au vent) lentement. Le barreur se place sous le vent. Le cycle s’amorce à environ 10 degrés « plus bas » que le cap souhaité, le bateau loffe lentement vers le cap souhaité on le laisse dépasser un peu ce cap, puis on décroche le bungee et on donne à la barre un mouvement qui fait que le bateau reparte dans la direction opposée, quand le bateau est bien équilibré on peu à ce moment raccrocher le bungee et le bateau poursuit lentement sa dérive. Quand nous sommes à 10 degrés plus bas que le cap souhaiter il suffit d’appuyer sur le bungee pour que le bateau commence à loffer doucement et ainsi de suite. Parfois les cycles prenaient 3 ou 4 minutes pour se compléter, parfois moins.

Autre avantage de ce système : quand nous sommes au portant les vagues nous atteignent au trois-quarts arrière, il suffit de ne plus toucher au bungee pour que le bateau « absorbe » le mouvement imprimé par la vague et qu’il reprenne son cap antérieur par lui-même. C’est presque magique…

Lorsque sous moteur le barreur doit se placer sous le vent. Le bateau tendant à mettre cap sous le vent. Nous augmentons la tension du bungee sous le vent pour diminuer cette tendance. Sans l’avoir expérimenté, nous imaginons que ça doit être plus compliqué si le bateau remonte le vent sous moteur.

Dernier point, une idée pourrait être d’essayer ce système avant d’entreprendre une traversée, au cas où…  

On profitera du prochain mois pour redécouvrir la Martinique et relaxer au maximum avant de commencer notre navigation vers le nord !!!

samedi 2 décembre 2023

Ténérife, Îles des Canaries, Espagne

Nous quittons Santa Cruz de la Palma à 8h30, le 17 novembre pour une navigation de 52MM à la voile sous 2 ris et génois pour une moyenne 6,5 noeuds. Nous roulions très bien, la mer était parfaite. Nous arrivons à notre mouillage plan A mais il fait clair et nous voulons aller un peu plus loin pour avoir moins de distance à faire demain alors que les vents seront moins favorables…

Nous trouvons un ancrage, vers 19h, protégé par un brise-lame, et, où deux bateaux à voile sont sur balle de mouillage. Nous nous y installons, la nuit sera très peu rouleuse : nous sommes simplement bercés doucement.

Au matin, nous quittons cet ancrage sans avoir de point de chute précis. Les vents nous forcent à faire du près, nous prenons et larguons un ris sur la GV, nous rentrons le génois car les vents sont trop « pointus » (presque sur notre nez…).

Nous continuons ainsi, sous appui moteur et voile jusqu’à ce que nous tournions le coin de l’île, que nous constations que la mer est complètement désordonnée et que droit devant le vent se lève.

Nous affalons rapidement la GV et nous voilà à 6MM d’un ancrage que nous connaissons et qui nous abritera pour la nuit : montana rossa (la montagne rouge). Nous nous ancrons à 14h après 22MM de navigation. Nous relaxons en après-midi!

La nuit sera bonne. Au matin, ça souffle au loin, pas au départ mais peu de temps après. Nous avançons péniblement au moteur contre 25 noeuds de vent sur le nez. Heureusement, nous pouvons entrer dans un genre de port protégé par un brise-lame avec un fond sablonneux. Tout se calme au bout de cette navigation d’à peine 5MM.

Au matin, vers 9h nous nous désancrons, nous savons qu’il n’y aura pas beaucoup de vent aujourd’hui, il nous reste environ une trentaine de milles pour rentrer à la marina de Santa Cruz de Ténérife. Lorsqu’il y a un peu de vent nous sortons la GV et faisons de l’appui moteur. Nous arrivons à la marina vers 16h. Nous lavons (dessalons) le bateau, soupons et hop dodo !!!

Durant les deux prochains jours nous allons en ville. Nous avons des pièces de bateau à acheter, nous voulons visiter un peu la ville et nous devons faire une épicerie sommaire. En plus, il nous faut aller à la douane pour régulariser notre situation « Schengen » en prévision de notre arrivée dans les Caraïbes : nous nous faisons étamper « entrée » en Europe et avant notre départ nous nous ferons étamper « sortie » de l’Europe.

Jean en profite pour aller voir le chantier où nous irons dans une semaine et aussi pour aller commander une pièce pour le hors-bord. Nous sommes bien dans la marina, c’est très calme et nous nous y plaisons. Yolène en profite pour consulter une dermatologue pour des démangeaisons cutanées. Son verdict : hypersensibilité au soleil. Nous achetons les médicaments et les démangeaisons s’amenuisent…

En fin d’après-midi, nous avons la visite surprise de l’équipage de Taima, Jorge et Marianna, que nous avons croisé une première fois en 2017 à St-Martin, côté hollandais et que nous avons revu à quelques reprises dans les Antilles. Joli apéro sur Caffè Latte.

Pour les deux jours suivants, nous avons loué une voiture pour visiter l’île. Nous nous dirigeons vers le parc d’Anaga, une forêt tropicale où nous ferons une randonnée de 6 km, facile et très jolie. La route entre la marina et Anaga est franchement spectaculaire, et nous nous arrêtons le long de la route pour prendre des photos !



On y voit bien les routes toujours aussi sinueuses...

Randonnée de 6km dans les sentiers d'Anaga...

Le Teide au loin...



Nous continuons la journée en nous rendant à un vignoble doté d’une table, nous serons déçus de la prestation culinaire et le vin était correct, sans plus. Nous poursuivons en nous rendant à Puerto de la Cruz au mirador Humboldt. Alexander Humboldt était un scientifique allemand qui jeta les bases de la botanique au 18ième siècle, à partir de ses observations aux Canaries. Nous visitons la ville, quand même assez intéressante. Puis direction Garachico où nous sommes un peu déçus de l’endroit.

Vue des vignobles...

Avec Alexander Humboldt...


Puerto de la Cruz...

Ici, les poinsettias sont omniprésents pour la période de Noël...
en grande quantité et partout dans les plates-bandes...



Enfin de journée, un embouteillage monstre au retour vers Santa Cruz nous fait aller à un supermarché pour nous en soustraire. Notre objectif est de faire nos provisions de « sec » et de trucs lourd (eau pétillante, bière non alcoolisée, lait, etc…) alors que nous avons un véhicule…

Le lendemain, nous filons en voiture vers le Parc National du Teide. Le Teide culmine à 3718m d’altitude, malheureusement les forts vents ont raison de la télécabine, qui demeure fermée. Chemin faisant nous constatons l’ampleur des dégâts dus aux feux de forêt de l’été dernier. Fort heureusement, il ne semble pas y avoir eu de bâtiments qui ont été touchés.




Un observatoire et le Teide...

Végétation bien différente
des autres volcans que nous avons vu...

Nous nous rendons à El Portillo, au centre des visiteurs, non sans avoir détourné notre route vers une station-service car nous n’aurions pas pu rallier le parc national. Au centre des visiteurs, on nous suggère de visionner un film qui raconte l’histoire géologique de Tenerife avec comme acteur principal le volcan du Teide.

Nous poursuivons notre route au travers du parc et les paysages sont de toute beauté. Nous arrivons au sentier 13, recommandé par notre guide, et nous faisons une belle randonnée de 9km. Nous rentrons vers Santa Cruz, où nous sommes encore confrontés à un embouteillage majeur suite à un accident.

Las Canadas...  un grand cratère...



Départ de notre randonnée de la Montana Samara...
avec toujours le Teide au loin...


Nous étions au dessus des nuages...


Beaucoup de lave dans la deuxième moitié de la randonnée...



Nous faisons un détour par les routes secondaires pour nous rendre à un autre supermarché, Lidl, pour ne pas le nommer, où nous terminons notre appro de « sec » pour la traversée. Nous arrivons au stationnement de la marina à la noirceur, nous retournerons le véhicule le lendemain matin!

Profitant du retour de l’auto de location nous nous rendons au marché de Santa Cruz, un endroit où nous nous promettons de revenir pour notre appro de « frais » pour la traversée. Nous meublons ce vendredi de petites tâches sur le bateau.

Samedi, Yolène fait du lavage et Jean se dirige en vélo vers les shipchandlers près du chantier pour acheter certains items requis pour les travaux en cale sèche.

C'est bientôt Noël... y parait...
Un peu difficile de se mettre dans l'ambiance !!!

Dimanche, nous partons en bus pour visiter La Laguna, une charmante petite ville non loin de Santa Cruz. La Laguna a été construite au début du 16ième siècle (vers 1520) et servit de modèle aux villes coloniales espagnoles de l’Amérique du sud.

En route, à pied vers le centre historique de la ville nos amis Jorge et Marianna, nous reconnaissent, de dos (!), et nous invite à monter dans leur voiture. Nous visiterons et passerons la journée avec eux. Tellement agréable !

De nombreux beaux bâtiments...
Ici, le théâtre...

Un Palais...



Un repas typiquement canarien...



Nous terminons quelques petites tâches et relaxons sur le bateau en vue de notre sortie en cale sèche du lendemain.

Cale sèche : Varaderos Anaga

À 8h15, nous quittons le port de Santa Cruz en direction de Varaderos Anaga, notre chantier situé à 4MM. Nous sommes attendus, le « travel lift » est là, et serons près à débuter nos travaux à 11h15. Nous nettoyons la « ligne d’eau », savonnons et cirons le bateau, et nettoyons l’hélice. Nous terminons vers 18h30. Une bonne douche et marchons jusqu’à la ville la plus près, à 1,5km, à San Andrès où nous souperons au resto, belle découverte.



Le lendemain, nous commençons les travaux tôt, 8h15 début de la peinture antisalissure, pose du ruban cache, nettoyage de l’hélice, changement d’anodes, seconde couche de peinture, brossage de la chaine d’ancre pour retirer le maximum de rouille de surface, peinture galvanisée sur l’ancre et la chaîne, retrait du ruban cache. Nous terminons notre journée vers 17h30. Les travaux sont terminés, il restera de retouches de peinture sur la coque et sur la chaîne que nous ferons le lendemain. On décide de souper à bord, excellent vin blanc et frais 😉.

Caffè Latte a la sortie de l'eau...

Caffè Latte tout beau retourne à l'eau !!!

Avant...

Après...

L'hélice avec quelques coquillages...

Après un bon nettoyage au vinaigre et au papier sablé !!!

Avant...

Après...


Et la chaîne bien galvanisée...
en espérant que ça reste beau comme ça longtemps !!!

Au matin, le vent est très présent, le propriétaire du chantier nous invite à consulter la météo pour la suite… Il s’avère que les vents et la houle sera forte toute la journée et qu’il y aura de la pluie en fin de journée… Nous repoussons notre remise à l’eau au lendemain.

Nous en profitons pour aller, le midi, à un resto de quartier reconnu pour son poisson pané (du merlu) et son poulpe. Nous ne serons pas déçus. Nous marchons jusqu’à la plage, puis en début d’après-midi nous rentrons au bateau.

De retour à la marina de Santa Cruz de Ténérife le 1er décembre…  On prépare le bateau, on fait les ravitaillements pour un départ vers les Caraibes dans quelques jours…