Santa Cruz de Tenerife : décorations de Noël
Peut-être
un sujet quétaine, mais c’est quelque chose de très gros ici. On vous laisse
juger par vous-même…
| La rue piétonnière... |
| Les poinsettias remplacent les fleurs dans les plates-bandes... |
| Ici, c'est assez intense !!! |
La
traversée vers les Caraibes
Le
grand jour sera le 7 décembre 2023. À tous les jours, Jean consulte la météo et
cela sera confirmé : le jeudi 7 décembre. Au matin du 7, Jean fait une
ultime vérification météo, c’est bon, mais dans 6 à 7 jours il y aura une
perturbation, un petit système devant nous brisant les alizés, ces vents d’est qui
nous porterons jusqu’au Antilles. Mais 6 à 7 jours c’est loin et ça a le temps
de changer. On y va!
Nous
partons à 11h pile, ce sera plus simple pour faire nos relevés de position
quotidien. Nous aurons quatre fuseaux horaires à franchir : au 015W, au
030W, au 045W et au 060W. À chaque fois, nous aurons une heure de plus, donc
nous aurons quatre jours de 25 heures. Cette heure servira à dormir une demi-heure
de plus chacun!
| C'est le départ... |
Les trois premiers jours se passent rondement, nous faisons environ 150MM chaque jour essentiellement avec que le génois (voile avant) et son tangon (ça maintient la voile « étirée » sur le côté. On a même un moyenne de 6,7kn!!!
Au
jour 4, un problème d’ordi : Kaspersky, notre anti-virus, veut avoir de
nouveaux fichiers pour se mettre à jour et l’ordi devient hyper lent… Jean ne
peut plus faire de routage météo. On contacte notre ami Benoît qui nous refile
l’information que l’on a besoin : une dépression (celle que Jean avait vu)
se profile devant et nous devons l’éviter en allant plus au sud. Entre temps
Yolène, et sa grande patience, parvient à ressusciter l’ordi. Jean s’occupe de
stopper tous les modules de Kaspersky pour qu’on puisse à nouveau être
indépendant au niveau de la météo. Ça fonctionne.
| Pas toujours agréable... une petite pluie qui nettoie le bateau !!! |
Jour 5, première douche et une bière sans alcool. Les vents sont faibles malgré un bon début, nous faisons 5 heures de moteur car les voiles claquent. Ce scénario se poursuit au jour 6, nous ferons près de 7 heures de moteur et pointons un point de retour du vent. Le moral de Yolène est un peu bas, Jean la remonte…
Jour
7, Jean constate que la température d’une batterie s’élève un peu. Il a la
solution, la retirer du circuit. Ce qu’il fait. Mais il se rend compte que les
boulons sur les batteries ne sont pas bien serrés, c’est probablement la cause
de l’élévation de température de la dite batterie. Tout va bien, on mange bien,
on a de bonnes discussions sur notre retour à terre. Encore, 7 heures de moteur
à cause des vents faibles créant des ajustements des voiles compliqués.
Jour 8, de meilleurs vents sont là, mais nous nous concentrons sur le réglage de l’auto pilote pour éviter le claquage des voiles. Le moteur de l’auto pilote est à 50C…ça stresse Jean. Les alizés ne sont toujours pas établis à cause d’une deuxième dépression. Dans la nuit, les vents montent et Yolène réclame Jean pour qu’on réduise la voile, bien vu Yolène. Nous prenons un ris dans la GV, sans génois. Puis on remet un peu du génois, puis tout le génois. Au matin, on repart le moteur puis à 11h, génois tangonné et ça roule bien.
Jour
10, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer, il est à 70C. La météo
nous montre qu’il y aura du vent convenable dans peu de temps. Nous décidons de
le laisser aller jusqu’au matin…
Jour
11, le moteur de l’auto pilote continue de chauffer… l’auto pilote est
débranché, Jean ôte le moteur, l’ouvre, le remonte et constate qu’il n’y a rien
à faire il faudra s’en passer pour le reste de la traversée : nous sommes
à mi-parcours. Nous changeons notre horaire de quart, ce sera 1h30 à la
vigie/barre. La nuit les vents forcissent et nos cordes bungee fonctionnent
bien, c’est encourageant. Mais vers la fin de la nuit l’instrument du vent rend
l’âme : on ne sait plus d’où vient le vent (enfin si mais bon), ni sa
force. On va faire avec... Nous nous épaulons, bonne ambiance à bord !
Jour
13, les vents virent de 180 degrés. C’est non prévu au niveau des fichiers
météo, mais c’est la troisième dépression qui nous joue des tours. Il y a un
peu de pluie et de vent, mais on gère le tout très bien et calmement.
Jour
14, nous trouvons un substitut à l’instrument des vents : le compas
électronique. Par contre, il y a un
écart entre le cap (où le bateau pointe) et la route (où le bateau va) mais ça
aide à barrer. Jean tente une ultime réparation de l’instrument du vent, mais
sans succès.
Jour
15, la lune est bien présente, c’est la demi-lune. Ça nous aide à y mieux voir.
Avec ces vents de 14 noeuds nous devons réduire la voile à cause de nos
bungees. Avec 3 ris dans la GV et le génois tangonné c’est une bonne
combinaison, mais nous roulons à peine à 4 noeuds.
Jour
17, nous continuons notre lente progression dans des vents faibles. Bientôt, il
faudra se résoudre à faire du moteur, beaucoup de moteur.
Jour 18, c’est confirmé au moins 80 heures de moteur. Je téléphone à mon ami Diami, il est heureux de me parler et moi itou! Ça me remonte le moral.
| On se repose quand on peut... |
Ça va être serré pour le carburant, heureusement bonne nouvelle, on fait six heures et demie de voile non prévue ! Nous soupesons notre destination finale : Antigua (pour fêter la nouvelle année avec nos amis M&M) ou Martinique (plus court et nous sommes assurés de pouvoir faire les réparations nécessaires) ? Pour l’instant, il faut passer par le même point de retour du vent, nous reportons la décision.
| La pétole... pas l'ombre d'un souffle de vent !!! |
Jour 21, notre choix se porte sur la Martinique, c’est plus près. En soirée, alors qu’on évite deux grains (grosse pluie) le moteur s’arrête faute de carburant. Nous remplissons le réservoir avec nos derniers 40 litres de diésel. C’est la pétole : aucun vent. Il est 22h…et sachant que nous nous laisserons dériver pour une bonne nuit de sommeil, nous envoyons des courriels pour informer les gens qui nous suivent sur le Garmin que nous devrions faire une drôle de trajectoire et ce, potentiellement pour quelques jours.
Au
matin du jour 22, il y a du vent et nous en profiterons ! Quand il y aura des vents plus faibles que 8 noeuds,
nous ferons du moteur. Mais bonne nouvelle, merci Éole, nous ferons 27 heures
consécutives de voile avant de partir le moteur… En soirée, plutôt que prévu
nous aurons du vent, nous hissons à nouveau les voiles.
| C'est le plus beau coucher de soleil que nous avons eu, il est arrivé au jour 21 !!! |
| Notre petit déjeuner juste avant notre arrivée... On oubliait de vous parler du beigne à Jean... Son siège désormais pour faire guérir ses plaies de fesses... |
Jour 24, la fin est proche… En soirée, nous voyons les lumières de la Martinique. Nous naviguons bien et faisons des empannages tout en nous rapprochant de notre destination.
Jour
25, nous changeons la configuration des voiles pour aller sur notre destination
en vent arrière avec la GV seule. Quand nous sommes à 8MM de l’arrivée, nous
affalons la GV et partons le moteur à 1800 RPM, au diable la dépense (😊). Nous jetons l’ancre à Ste-Anne à
10h. Prenons un rhum punch (un planteur) : ça fait du bien. Mission
accomplie.
Nous ne sommes pas euphoriques comme à la fin de nos premières traversées, faut croire que surmonter l’adversité nous a un peu refroidi, mais nous sommes soudés comme équipage : nous sommes fiers de nous !
| Soulagés et heureux d'être ancré !!!! |
| Le garde-manger était encore plein à notre arrivée !!! |
| Notre parcours sur la carte que l'on marquait à tous les jours... |
Naviguer
avec les cordes bungees
Ceci
est un point technique, si vous ne naviguez pas ne lisez pas ce qui suit :
c’est plate 😉.
Jean
avait déjà lu sur le sujet, il y a un bon bout de temps. Mais, nous n’avions
jamais expérimenté cette façon de barrer. Le but de la manœuvre c’est de
réduire la concentration nécessaire pour barrer le bateau lors d’une panne
d’auto pilote, ce qui rend l’exercice moins harassant et ce qui permet au
barreur de laisser son esprit « flotter » un peu.
Selon
notre expérience, cela fonctionne au près comme au portant et même sous moteur.
Le matériel se résume à deux cordes élastiques bungee à peu près identiques en
longueur et en force, idéalement avec des crochets au deux bouts. Il faut
prévoir quelques endroits pour accrocher les bungees pour pouvoir modifier la
tension de ceux-ci. Lorsque le bateau a deux barres à roues (notre cas) la
barre côté bâbord a un bungee côté bâbord de la roue et la barre tribord un
bungee côté tribord.
Avant
de commencer à installer les bungees, il faut s’assurer que le bateau est bien
équilibré, donc que les voiles sont bien ajustées et que le couple dans la
barre (tendant à faire remonter le bateau au vent) soit faible, sinon les
bungees ne pourront pas piloter le bateau. Une fois le bateau équilibré, nous
pouvons installer les bungees et faire les réglages de tension.
Nous
voulons ajuster les tensions des bungees pour que le bateau puisse loffer
(remonter au vent) lentement. Le barreur se place sous le vent. Le cycle
s’amorce à environ 10 degrés « plus bas » que le cap souhaité, le
bateau loffe lentement vers le cap souhaité on le laisse dépasser un peu ce
cap, puis on décroche le bungee et on donne à la barre un mouvement qui fait
que le bateau reparte dans la direction opposée, quand le bateau est bien
équilibré on peu à ce moment raccrocher le bungee et le bateau poursuit
lentement sa dérive. Quand nous sommes à 10 degrés plus bas que le cap
souhaiter il suffit d’appuyer sur le bungee pour que le bateau commence à
loffer doucement et ainsi de suite. Parfois les cycles prenaient 3 ou 4 minutes
pour se compléter, parfois moins.
Autre
avantage de ce système : quand nous sommes au portant les vagues nous
atteignent au trois-quarts arrière, il suffit de ne plus toucher au bungee pour
que le bateau « absorbe » le mouvement imprimé par la vague et qu’il
reprenne son cap antérieur par lui-même. C’est presque magique…
Lorsque
sous moteur le barreur doit se placer sous le vent. Le bateau tendant à mettre
cap sous le vent. Nous augmentons la tension du bungee sous le vent pour
diminuer cette tendance. Sans l’avoir expérimenté, nous imaginons que ça doit
être plus compliqué si le bateau remonte le vent sous moteur.
Dernier
point, une idée pourrait être d’essayer ce système avant d’entreprendre une
traversée, au cas où…
On
profitera du prochain mois pour redécouvrir la Martinique et relaxer au maximum
avant de commencer notre navigation vers le nord !!!
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