Destination : Les Hamptons (Est du
Long Island)
Au
matin, le ciel est gris et nous croyons qu’il y aura orage sous peu…cela
s’avère : de la pluie forte poussée par le vent (mais pas trop fort le
vent). Ça tombe ainsi pendant deux heures. Résultat : 3 pouces d’eau dans
le dinghy. Nous nous servons de l’eau de pluie contenu dans l’annexe pour
rincer les endroits qui ont été épargnés lors de l’averse…
En
après-midi nous posons le moteur hors-bord sur le dinghy pour une exploration
rapide des lieux : le temps est toujours menaçant… Sag Harbour est une
petite ville où les commerces abondent et nous nous y sentons très bien. Nous
regagnons le voilier vers 17h00 non sans avoir fait de menues emplettes au IGA
(Independant Grocer’s Association, hé oui !). Nous allons souper à bord et nous
soupèserons nos options pour le lendemain un verre de vin à la main.
Nous
statuons que Coecles Harbour à Strater Island, sera notre prochain arrêt :
le trajet pour s’y rendre est court mais ponctué de quelques obstacles dont un
chenail très étroit et étonnamment près des rives ensablées. Nous procédons
avec la plus grande des prudences les yeux rivés sur l’écran multi fonction et
sur le profondimètre. Nous passons, sans encombre, et puisque nous avons activé
une « trace » (qui indique sur l’écran là où nous sommes passé, à la
manière d’un trait de crayon sur un bout de papier), nous saurons par où
repasser en sortant pour éviter un échouage. Nous dînons suite à notre ancrage
derrière quelques bateaux qui ont des équipages qui semblent se
connaître : environ quatre bateaux arborent le même pavillon et certains
vont de bateau en bateau avec leur annexe. Nous irons faire du vélo en
après-midi pour explorer la presqu’île malgré de le temps plutôt gris. Au
départ du bateau, en voulant démarrer le hors-bord, la corde servant à lancer
le moteur se coince et nous devons faire une réparation au moteur sur l’eau,
bien accroché à Caffè Latte. Une demi-heure plus tard, on file à dinghy au
quai. Nous enfourchons les vélos, une carte des lieux en main et on se tape une
bonne vingtaine de km. C’est très sauvage en général sur cette presqu’île et on
adore notre ballade. Ça nous permet de découvrir les possibles ancrages d’une
perspective totalement différente. À un moment donné on se retrouve à un
hôtel/bar/resto où, visiblement, les gens sont là pour y être vus…très peu pour
nous, on passe notre chemin.
Retour
au bateau sans problème et souper à bord tranquillo. Des risques d’orage sont
prévus pour la nuit et conséquemment, nous rangeons BBQ et plaçons l’annexe sur
le côté du bateau protégé par une défense. Nous ôtons aussi le lien qui joint
le « dodger » au bimini pour minimiser les risques de bris. Nous nous
couchons tôt.
Vers
01h00 du matin, des goulettes de pluie commencent à tomber et nous réveillent.
Le vent souffle un peu et Yolène se charge de fermer l’écoute de notre chambre,
Jean s’occupe de l’écoutille du carré. Yo constate en fermant l’écoutille qu’un
bateau est en mouvement, sa position est perpendiculaire à nous et il est à
moins de pieds : OMG ! Il chasse (son ancre n’est plus accrochée au fond
!). Nous sortons dehors pour diriger notre corne de brune en direction du
bateau en perdition et pour l’éclairer à l’aide d’un phare puissant :
l’objectif ici étant de tenter d’alerter/de réveiller l’équipage du bateau en
question. Rien n’y fit, l’équipage dort sur ces deux oreilles (avec des
bouchons ?), on ne peut dire la même chose des autres équipages avoisinant
notre bateau. Tout le monde est sur leur pont, vérifiant si eux même ne
chassent pas, tant et si bien que le bateau le plus près de nous croit,
faussement, que son bateau chasse et se désancre sous nos yeux ! Pendant ce
temps, nous continuons de tenter de capter l’attention du bateau qui se déplace
toujours en direction de l’entrée du chenail très étroit ! Finalement un ami de
l’équipage saute dans son annexe et file vers le bateau en question pour tenter
de le réveiller. À son retour, il nous remercie d’avoir réveillé les bateaux de
la baie en tentant d’alerter son ami qui chassait. Dix minutes s’écoule quand
l’orage prévu s’abat sur la baie : vents violents, pluie torrentielle. Ça y
est, tous les équipages sont sur le qui-vive pour surveiller le comportement de
leur bateau : les lumières de navigation s’allument et des torches
électriques illumine la nuit… Ça va continuer comme ça jusqu’à 4h00 du matin.
Nous, on se recouche confiant que nous ne chasserons pas et convaincu que les
autres équipages vont jouer de la corne de brume au premier signe de
décrochage.
Au
matin, le ciel est bleu, l’annexe doit être vidée à la chaudière : sans
exagérer il y a au moins 4 pouces d’eau dans le dinghy. Le proprio du bateau « chasseur »
vient nous remercier à son tour pour notre implication durant la nuit. Nous
levons l’ancre peu après, vents réels de vingt nœuds et nous devons nous
engager dans le chenail. Tout se passe bien mais nous étions assez concentrés,
mettons ! Nous nous dirigeons vers Greenport à moteur, petite balade de 7
milles marin.
Nous
atteignons Mitchell Park Marina, recommandée à nous par Ron (grand merci !) et
accostons au quai qui nous est réservé. Wow ! Toute une marina : des quais
flottant en béton, bien protégé des vents et des vagues, wifi gratuit, etc.. Et
pour couronner le tout, on a un spectacle live dans le parc ce soir : cool
! Nos voisins de droite sont super
sympa, ils ont un Grand Banks, un trawler un peu mythique, et font du
vélo : on se lie d’amitié sur le champ. Nous décidons de souper à bord
plus tôt que d’habitude pour pouvoir assister au concert qui débutera vers
19h30. Vers 19h15, nous terminons notre vin, lorsqu’on entend : plouk ! Un
coup de vent a fait tomber le vélo de notre voisin de gauche (moins sympa
disons) dans l’eau. Nous nous précipitons au lieu du dit plouk et constatons
que des bulles s’échappent vers la surface positionnant à coup sur le point de
chute du vélo. Nous sortons notre gaffe, sous les yeux ébahis de notre voisin,
pour constater que notre perche n’est pas assez longue. Jean allume les
instruments du bateau : le vélo est tombé dans plus de 14 pieds d’eau…
Nous suggérons au voisin de faire venir des plongeurs demain matin pour qu’il
récupère son vélo : c’est un vélo électrique qui doit valoir environ 4,000$USD.
Nous rentrons faire la vaisselle lorsque Jean a une idée. Si on joint deux
gaffes par des « tie-wrap », nous ferons facilement 16-18 pieds et on
pourra repêcher le vélo nous-même, sans plongeur. Nous sortons avec notre gaffe
et nos « tie-wrap » et nous disons au voisin de sortir sa
gaffe : on a une idée. Nous joignons les gaffes et rapidement Yolène (elle
est super bonne dans ces trucs) retrouve le vélo au fond de l’eau et dirige les
opérations de remontée. Pendant que le vélo remonte lentement Jean suggère au
proprio du vélo de rincer copieusement son vélo à l’eau douce pour minimiser le
risque de rouille. Pour nous remercier, ils nous invitent à bord pour prendre
un verre et… souper avec eux ! Nous resoupons avec eux : les pâtes sont
incroyables. Nous nous couchons assez tard et dormons comme des bébés.
Le
lendemain matin, Jean doit monter au mât pour retirer la lumière de mât qui ne
fonctionne pas. Elle est neuve et elle ne marche pas. Jean la retire, la
redescend et se dirige vers le magasin d’accastillage du village pour voir ce
qui peut être fait pour réparer le tout. Le personnel du magasin ne peut rien
pour nous sauf nous donner le no de tél du contact américain pour cette fameuse
lumière. Finalement, elle est défectueuse et le sera remplacée.
Jean est tout la haut
Vers 11h00,
départ à vélo vers le vignoble Croteaux situé à une vingtaine minutes en vélo :
magnifique randonnée. Ce vignoble, recommandé par Ron et Claude, fait des vins
rosés tranquilles et pétillants. Nous arrivons avant l’heure d’ouverture
(12h00) et nous en profitons pour manger notre lunch. De l’extérieur, l’endroit
semble bien tenu. Nous pénétrons la cour intérieure qui sert de décor pour la
dégustation des vins et nous sommes charmés : plein de petits endroits
tout mignons et tous différents les uns des autres. Un exemple : un abri à
trois façades dont le mur côté sud a une ouverture d’environ 12 pieds sur 8 qui
est tapissée de bouteilles de vins en verre transparent, des bancs sont aménagé
et sont jonchés de coussins roses. Nous dégustons les vins et ramenons deux
bouteilles. Un autre trente minutes de vélo pour se rendre au deuxième vignoble
: Kon-ta-KOS-ta. Totalement différent mais tout aussi intéressant. Un bâtiment
moderne, climatisé et inondé de lumière trône au milieu du vignobles. Nous
dégustons un viognier et un autre vin blanc et nous les achetons tous les deux.
Retour au bateau où Jean doit remonter à nouveau dans le mât pour y fixer la
lumière qui ne fonctionne pas : la fixture ne supportera pas
l’environnement salin si elle n’est pas protégée. Souper au resto puis
« night cap » avec nos amis Ed et Karen de Decoy. Des personnes super
sympathiques, belle soirée.
Et
pour les photos, désolé, nous avons oublié notre appareil pour cette magnifique journée…
Bonjour les aventuriers. Bien content de voir que vous passez du bon temps. On vous reconnaît ! Sauver un vélo électrique de la noyade et réveiller la baie au complet pour venir en aide aux autres! C'est bien vous! Bon vent et belles rencontres.
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