Après 2 belles nuits à Mogan, sur la côte ouest de Grande Canarie, Jean refait le routage météo pour une navigation imminente... Or, il constate qu’au départ nous nous éloignons de l’objectif et qu’un départ à 10h nous fait arriver à 19h30. Ce n’est pas idéal, le soleil se couche à 19h45, avec même qu’une seule heure de retard nous jetterions l’ancre à la noirceur.
Jean
lance un routage météo « best start » c’est-à-dire qui va calculer des
routages dans une plage de temps délimitée, dans ce cas-ci entre 10h et 14h. Le
routage de 11h nous fait arriver à 19h40 mais les trois premières heures sont
en direction de Tenerife à des vitesses très lentes à cause de vents faibles.
Donc, il serait possible d’arriver plutôt à destination en faisant un peu de
moteur sur les premières heures et donc d’éviter un ancrage à la noirceur.
C’est
à 11h, le 24 octobre, que levons l’ancre et filons vers Tenerife sous moteur. Au bout d’une
heure et demi nous commençons à voir à l’horizon des vagues et des moutons sur
l’eau, signe que des vents plus forts sont droit devant nous.
Il
s’agit d’un phénomène sur lequel nous avons lu, le long des côtes entre deux
îles il y a un phénomène d’accélération du vent, on parle ici de 10 à 35km/hre
de plus en l’espace de 200m…en tout cas ça semble assez fort ce vent. En anticipation
de ces vents, nous décidons de prendre deux ris sur la GV et d’attendre d’être
au contact des vents pour, soit sortir le génois ou la trinquette.
Lorsque
nous entrons dans la zone de fort vent, nous avons de 28 à 33nds (50 à
60km/hre), clairement il nous faudra sortir la trinquette, et pas le génois, et,
avec ces vents forts, ça va être plus compliqué. La trinquette est installée,
en partie, il faut la sortir de son sac de pont, lui ajouter une écoute et une
drisse pour la hisser.
Nous
décidons d’attendre encore un peu, après qu’une première tentative, un peu
périlleuse, avorte. Nous faisons de l’appui moteur, nous avançons bien, mais ça
demeure inconfortable.
Au
bout de trente ou quarante minutes, les vents se calment un peu à 26 nœuds et
nous décidons le lancer la trinquette. Nous coupons le moteur et là nous
roulons bien à 6,5 noeuds, et nous changeons un peu notre cap pour être plus
rapide et confortable. Nous allons plus vite que notre routage ne le prévoyait
ce qui est bien.
Au
fil du temps les vents « tournent » un peu, à notre avantage, ce qui
fait qu’assez rapidement nous sommes poussés par le vent, ce qui ajoute à notre
confort tout en nous faisant avancer très rapidement, c’est parfait. À quelques
3 MM de l’arrivée, les vents sont un peu trop sur l’arrière du bateau, nous
devons affaler la trinquette, mais, au change, on ne perd pratiquement pas de
vitesse.
Nous
avons l’ancrage en vue, nous affalons la GV et nous nous dirigeons, avec des
vents assez présents, devant la plage pour nous y ancrer… vers 18h soit avec
près de 2 heures d’avance sur notre routage!
Nous
aimons notre ancrage : nous sommes environ 6 bateaux, la montagne rouge
nous ébloui de beauté, une lune se lève et le vent se calme… Malheureusement,
les vents prévus demain seront un « copier-coller » des vents d’hier
et, aller à terre, à cause des rouleaux des vagues sur la plage, devra être
reporté.
| La montagne rouge et le lever de la lune... |
| Le coucher de soleil de l'autre côté!!! |
Nous
avons un avant-midi assez occupé : ôter le sel sur les aciers inox, le
pare-brise et les écoutilles du bateau et modifier, pour améliorer, une
réparation d’un coulisseau de la GV, entre autres chose...
Au
bout de deux nuits à ce joli ancrage, et, encouragés par les vents prévus nous
décidons de faire les 36MM nous séparant de la petite île de La Gomera…mais les
vents ne sont pas là, en tout cas pas assez fort et pas dans la bonne
direction, donc on fait du moteur ☹.
| Paysage de Ténérife... |
À
environ 5MM de la destination, les vents se lèvent, causé par l’effet
d’entonnoir entre les deux îles et nous avons les vents dans un sens et les
vagues de l’autre : ça brasse un petit peu.
Nous
nous ancrons à Guancha, au sud de la Marina La Gomera à San Sebastian. Nous
sommes environ 6 bateaux, ça roule à l’heure du souper mais vers 21 heures
c’est calme. Nous passons une bonne nuit, tout juste bercés par la houle.
Nous
y resterons 3 nuits, avec la possibilité d’aller à terre avec l’annexe via la marina.
C’est une ville très relaxe, on s’y sent bien et les services sont ok, les gens
très sympas.
Lors de notre atterrissage dans la ville, nous en profitons pour voir si nous pourrions passer deux nuits à la marina car nous voulons louer une voiture pour explorer l’île. Nous avons de la chance il y aurait une place pour nous dimanche et lundi. Nous retournons au bateau pour louer la voiture en ligne, puis confirmer notre place en marina. C’est de ce port que Christophe Colomb s’avitailla et séjourna pendant plus d’un mois avant de partir en 1492 pour découvrir l’Amérique (ce qu’il a cru jusqu’à la fin de ses jours être l’Inde…).
| La ville de San Sébastien de la Gomera... |
| Le port et la plage... |
Dimanche
matin 29 octobre, nous reculons l’heure et vers 11h30 nous nous informons si la
place est libre (normalement nous pouvons arriver à midi…), on nous confirme
que oui.
Nous
arrivons dans la baie où l’on doit demander la permission d’entrer car les
traversiers entrent et sortent et ont la priorité…on nous accorde la permission
d’entrer, nous empruntons, un chenal d’accès et contactons la marina par VHF et
on nous répond que nous serons accueillis à l’entrée. On nous guide à notre
emplacement.
À
12h30, nous sommes installés. Puis se succèdent : lavage (vêtements et
literie), nettoyage du bateau (intérieur et extérieur), douche, apéro et souper
au resto.
Après une bonne nuit (nous venions de gagner une heure de sommeil !), nous récupérons la voiture vers 9h30. Nous filons vers le parc national de Garanjay, une vaste forêt tropicale située en plein cœur de l’île. Les routes sont impeccables, très bien conçues et sécuritaires. Il y a de nombreux miradors (points de vue) en route et de magnifiques villages...
Nous avons été à un mirador célèbre qui a une grande plateforme de verre sous nos pieds mais malheureusement le lundi ce n’est pas ouvert ☹. Sinon, nous avons vu des bananiers à profusion, croisés un couple de franco-britanniques très sympas à une piscine naturelle signée César Manrique, artiste canarien célèbre.
| Route sinueuse... |
| et belles montagnes... La Gomera est une île non volcanique... les montagnes et rochers sont toujours assez imposants... |
| La "Rainforest" qui nous fesait penser à la Martinique... |
| Hermigua... 75% du revenu de ce village provient... de la culture de la banane... |
| Des champs de bananes... |
| La piscine naturelle... |
| Et voilà cette piscine... ça semble un peu dangereux... |
| C'est comme ça que l'eau se renouvelle... |
| Le mirador en verre est tout là haut... |
| Promenade dans les rues de Agulo, au nord de l'île... |
| La ville de Agulo et le Teide, en arrière plan... Le Teide est un volcan sur l'île de Ténérife... |
| Encore le Teide... |
| Le fameux mirador... fermé... |
| Encore le village d'Agulo et le Teide... |
| Terre rouge de feu !!! |
Nous cherchons à faire la routa 14 (sentier no 14), nous finirons par la trouver et faire un joli 10km de marche dans un beau sentier bien balisé. Nous croisons sur notre passage des pissenlits « géants », ils doivent faire entre 1m et 1m50. On dirait que le climat, qui oscille entre 15C et 27C, le meilleur climat au monde apparemment, permet aux pissenlits de pousser sans arrêt !?
| Une petite promenade... |
| Les fameux pissenlits... |
| Rendu au sommet... on ne voit rien !!! |
| Ça se dégage tranquillement... |
| Au retour, la marina et le Teide... |
Nous profitons de la voiture pour faire des courses et retournons la voiture vers 20h. Nous prenons le repas du soir à bord après une journée bien remplie.
Nous
avons adoré notre expérience à la marina, nous avons côtoyé trois couples, 2
français et un danois, des gens qui traversaient pour la première fois et nous
leur avons transmis certains trucs et astuces de navigation : le monde de
la voile est ainsi fait, les gens s’entraident. Il y 8 ans, c’est nous qui recevions
des conseils et qui posions des questions, maintenant c’est l’inverse, et c’est
bien ainsi.
À
12h30, nous quittons la marina pour un ancrage situé à 5MM, juste à côté de
Santiago, au sud de l’île. Il y a quelques bateaux à l’ancre, ça roule un peu
mais rapidement ça se calme. Nous passons une autre bonne nuit. Nous décidons
de rester à cet ancrage mais nous changeons d’endroit pour être mieux
protéger…en théorie, car le début de la nuit fut plus rouleur que la veille.
Cela s’est calmé par la suite, heureusement.
Nous
allons à terre en annexe en passant par le port situé à 1.5MM. la petite ville
est jolie, les services sont minimalistes. Nous faisons une randonnée de 5 km
mais ce n’est pas très intéressant. Nous rentrons au bateau.
La
nuit fut très rouleuse au début, puis cela s’est calmé. À vrai dire, avec
l’évolution de la météo pour les jours à venir, nous sommes au « moins
pire endroit ». Nous ferons une autre randonnée avant de quitter cet
ancrage. Le soir au retour un bateau ami (Thomas, Émilie et les deux enfants)
arrive au mouillage. Nous irons les rejoindre pour un apéro avec les parents de
Thomas.
Finalement,
nous serons restés 10 nuits à cet ancrage, ce qui constitue probablement un
record, nous avions fait 9 nuits, de mémoire en Grèce pour se cacher d’un
melthem.
Au
matin, nous levons l’ancre pour nous rendre à Valle Gran Rey, situé à 10MM où
finalement les conditions à l’ancrage sont maintenant adéquates. Les vents
s’étant évaporés nous ferons le tout à moteur.
Sitôt ancrés, nous allons en reconnaissance dans la ville : c’est très propre, il y a de la culture maraîchère et bananière, les falaises sont omniprésentes et on s’y sent bien.
| Notre ancrage... |
Dès le lendemain, après une bonne nuit, nous allons faire la randonnée de La Mérica qui culmine à 635m. La montée se fait par le sentier des bergers, c’est rocailleux mais ça présente de beaux points de vue. Le mirador est tout près d’un arbre (le seul de son groupe) qui ressemble vaguement au Joshua Tree sur l’album de U2. Belle randonnée, tout de même un dénivelé égal à celui de Mont-Tremblant ou de Mont Ste-Anne mais plus abrupte. Aller-retour en 2h30.
| C'est là haut que nous allons... on espère que les nuages disparaitront !!! |
| Ceci sont les îles des Canaries... En rouge, notre parcours accompli...et en bleu, c'est ce qui nous reste à faire... |
À très bientôt pour la suite !
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