jeudi 2 juin 2022

Golfe de Gokova, Turquie

Depuis notre retour de France, nous avons travaillé un peu sur le bateau, revus les équipages de Red Roo et de Toriba. Nous avons obtenu notre 2ième dose de rappel du vaccin Pfizer le 12 mai et plus rien ne nous retient à Marmaris… au moins pour deux semaines.

En fait, Jean rejoindra Pascale, en avion, à Marrakech du 31 mai au 6 juin, donc nous devrons être de retour à la Marina avant le 31.

Notre objectif est de se rendre près de Bodrum, notre point d’entrée en Turquie en novembre 2021, puis d’explorer le grand Golfe de Gokova qui fait 40MM sur 15MM.

Nous observons la météo depuis quelques jours avant le départ et les vents seront majoritairement de l’ouest pour 7 ou 8 jours et assez faible. Cela signifie, du moteur et/ou des bords de près serré jusqu’à l’entrée du Golfe situé à 70MM. Mais nous avons à quoi nous en tenir et le bateau marche bien au près serré.

Nous nous ancrons en route à trois ancrages qui ont en commun d’être dans la nature, tranquille et relativement désert. Nous faisons une randonnée pour tester le genou de Jean qui reçu une injection d’acide hyaluronique (qui participe à la reconstruction du cartilage et qui agit comme lubrifiant) suite à une douleur identifiée comme étant un début d’arthrose. Magnifique rando de 5km et le genou tient bon !

Notre premier ancrage, tout près de la marina,
au milieu des montagnes...

Notre deuxième ancrage...
La nature a son meilleure...




Caffè Latte a l'ancre alors que nous partons
pour une randonnée...
dans ce site enchanteur...

Au loin, Simy, une ile grecque...

On a rencontré un âne...







Nous sommes dans la phase croissante de la lune et étant loin des villes nous pouvons apprécier le spectacle des étoiles jusqu’au lever de l’astre.



Arrivée dans le Golfe, première nuit à l’est de Bodrum des vents de fin de journée nous permettent de bien naviguer à voile et de profiter des vents qui vont maintenant nous pousser vers l’est, vers le fond de la baie. Mais un fort vent du nord est attendu, le premier Melthem de la saison et nous devons nous trouver un ancrage sécuritaire pour y faire face d’ici deux jours.

Nous quittons le mouillage vers midi et sous moteur puis sous voile mais les vents forcissent et nous obligent à reconsidérer notre ancrage initial soit Cokertme. C’est profond, nous nous ancrons dans 40 pieds. Ce n’est pas super comme ancrage mais bon…

À 5h30, nous nous réveillons car la chaîne se déplace sur des roches et le son nous tire de notre sommeil. Jean va à l’extérieur et constate que nous avons fait un 180 degrés et que nous sommes assez près d’un bateau… et que les vents se lèvent. Rapidement on se désancre sans problème et nous nous déplaçons face à une plage où nous jetterons l’ancre (dans 60 pieds !) le temps de déjeuner tranquille.

Le Melthem arrive aujourd’hui, il faut trouver un bon ancrage. On consulte la météo à nouveau et nous choisissons un emplacement prometteur du côté sud du Golfe, les vents attendus sont là et sont forts, mais arrivé sur place nous désenchantons…Les baies sont minuscules et déjà occupé par des bateaux ancrés « à la turque » c’est-à-dire avec ancre dans l’eau et cordages sur des arbres de la rive : pas de place pour nous !

Nous identifions un Plan B situé à 3 MM mais on ne peut y aller tout de suite car les vents n’ont pas encore changé de direction et nous nous ferions « brasser ».

Entre temps Yolène constate que la ligne à pêche a été sectionnée… et complètement tournée en « queue de cochon ». Clairement, nos explorations d’ancrages ont entrainé le leurre et la ligne sous le voilier et dans l’hélice.

Yolène enfile un maillot, un gilet, des gants, masque, palmes et tuba et plonge sous le bateau pour dépatouiller tout ça. Au bout de 30 minutes, c’est mission accomplie : leurre et leader retrouvé et 30 pieds de ligne à pêche retiré de l’arbre de l’hélice. Aucun dommage.

Dix-sept heures, le vent commence à changer de direction, nous allons à l’ancrage d’Amazon Creek. Ça valait le coût, nous arrivons dans un havre de paix et de beauté, on se croirait au Lac Champlain à Deep Bay mais encore plus beau et plus sauvage. Notre moral est à la hausse après cette journée où nous allions de déception en déception : Pizza Night et Vino !

Nous passerons deux nuits super calme à cet endroit, nous en profitons pour partir le déssalinateur et produire de l’eau : tout est en ordre, yesss !

Une autre belle vue de notre ancrage...

Notre exploration se continue direction Oren pour pouvoir acheter un peu de bouffe : nous sommes un à sec. Un 12 MM ponctué d’une capture de gros sac de poubelle transparent et épais dans l’hélice. Rapide mise au neutre, Jean enfile maillot et tout le kit comme Yolène, plonge et ramène le gros sac encore en un morceau : pas de dommage ! Nous nous ancrons dans du sable, Yolène va à l’épicerie.

La preuve à l'appui...


Oren, un petit village touristique bien coloré!


Nous filons vers English Harbour en après-midi, poussé par de forts vents, sous génois seul. Le chalet présidentiel est surveillé et toute approche de ce dernier est interdite. Nous explorons les ancrages et comme d’habitude les ancrages « à la turque » prennent énormément d’espace ce qui limite sérieusement nos options. Heureusement, nouvellement équipé d’un appareil de mesure de distance au laser, nous pouvons aller nous réancrer un peu plus loin et, après des mesures précises et objectives, totalement à l’abri des autres bateaux déjà sur place et serein face à notre ancrage.

Un autre bel ancrage sauvage que nous quittons...



Nous filons au matin aux 7 îles, 15MM au près, de toute beauté et en prime la nature à son meilleur ! Nous sortons un paddle board, l’eau est géniale, le sable est fin et nous sommes seul…assez souvent. Nous y passerons deux nuits.





Le temps du retour est arrivé. Nous avons environ 100MM à faire pour arriver à Marmaris. Première étape, se rendre à Knidos environ 48MM en 9 heures dont la moitié à moteur. Nous nous ancrons sans problème mais nous sommes un peu « brûlés ».

Nous quittons vers 10 heures, en théorie les vents seront bons pour nous aujourd’hui. Nous prévoyons sortir le spi etc… eh ben non, ce n’est que de la théorie 😉. En fait, on est au moteur, les vents peinent à toucher plus qu’un souffle de jeune fille… ayant des séquelles de la Covid, jusqu’à ce que…

Nous passons entre l’île de Symi et un ilot et nous débouchons sur enfin du vent qui nous pousse bien. Nous allons vite et bien vers notre destination à Bozzukale, où un ami nous attend. Mais pourquoi arrêter alors que le vent est si bon. Nous décidons de continuer et nous avisons notre ami.

Les vents montent, et montent atteignant environ 25Nds (45Km/hre), nous sommes limite avec toute la voilure, heureusement la mer est assez plate. Et ça continue de monter, le pilote automatique commence à travailler assez fort.

Jean décide qu’il faut rentrer le génois et espérer que ça ne monte pas beaucoup plus. Ça continue de monter et la mer n’est plus aussi plate : il y a trop de grande voile, on doit l’affaler.

Une accalmie précédée d’un vent chaud nous en donne l’occasion. Trente secondes et c’est fait ! On relance le génois et nous roulons à nouveau, puis le vent vire, on roule le génois, le vent continue de virer, on ressort le génois. Ouf ! Le vent devient froid, des nuages se dessinent, sombres, à l’horizon. Rien sur le radar.?!

Nous continuons dans la première baie de cette sortie. Les vents sont maintenant de l’est, nous nous ancrons. Nous roulons un peu, les éclairs sont autour de nous, ça continue de rouler…Nous sommes fatigué, nous mangeons un peu et nous nous couchons et nous trouvons le sommeil dans un calme relatif. Il ne nous restera que 6MM à faire pour entrer à la Marina demain matin!

On ne manque pas un souper avec des amis
qui sont toujours à la marina...

Nous serons à la marina où nous quitterons la Turquie autour du 9 juin prochain…

À bientôt pour la suite ! 

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