Dimanche,
le 17 mars, les conditions météo favorables sont enfin réunies pour un départ
de Tanger, Maroc vers La Linea, Espagne. Un vent d’ouest de 12 à 18 nœuds, une
mer calme et, des courants favorables à partir de 13h.
| Lunch dans un resto marocain pour le fameux "Couscous Friday" |
| avec notre ami, Halim |
Lors
de nos deux précédentes tentatives de navigation près de Gibraltar, une fois
vers le détroit et l’autre en sortant du détroit, les conditions furent
laborieuses. En effet, l’évolution des courants dans le détroit de Gibraltar,
en fonction des heures de marée, dans notre guide de croisière s’est avérée
complètement différente de la réalité (lire : courants défavorables ☹). Mais, cette
fois-ci, grâce à nos amis de Sweetie, partis de Tanger vers le 1er mars, nous
savons qu’il faut quitter la marina une heure après la marée haute!
Nous
finalisons la préparation du bateau en matinée et nous nous rendons au quai des
douanes pour y faire les formalités vers 11h30.
Nous
serons quatre voiliers à quitter la marina à destination de La Linea : Adventurous,
un catamaran australien partira le premier suivi de Red Roo un monocoque, lui
aussi australien, nous partirons troisième suivit, presque en même temps, de
Noëlli un bateau français.
Les
conditions de navigation sont magiques : beau temps ensoleillé, vent
constant en direction et en force ainsi qu’un courant favorable. De plus, ça
fait un sacré bout que nous n’avons pas navigué et nous avons des fourmis dans
les… voiles !
Nous
voyons au loin Red Roo et près de nous se trouve Noëlli. Nous tentons de faire
la meilleure route possible (la plus directe et la plus courte) mais nous
sommes forcés de « respecter » les capacités du bateau à naviguer en
vent arrière et aussi à « gérer » les cargos et porte-conteneurs qui
sillonnent ce bras de mer.
Nous
filons bien et sentons que nous laissons Noëlli derrière nous et que nous
remontons puis dépassons Red Roo, quant à Adventurous, il est parti bien avant
nous et nous ne le voyons pas pour l’instant. Nous approchons, nous voyons le
rocher de Gibraltar se profiler au loin et nous entendons des conversations VHF
entre Adventurous et certains cargos. Peu de temps avant de nous engager dans
la baie de Gibraltar, nous apercevons Adventurous sur notre AIS : il est
en avance sur nous. Nous constatons, à regret, que nous allons devoir changer
de direction pour pouvoir entrer correctement dans la baie : nous allons
directement sur des récifs. Nous effectuons les manœuvres et reprenons notre route.
Nous sommes maintenant devant avec 4 milles marin à faire pour arriver à
destination. Nous sommes bien positionnés dans la baie et nous nous éloignons
de plus en plus de nos poursuivants. Nous arrivons à l’ancrage les premiers,
jetons l’ancre voyons tour à tour les bateaux arriver. Nous resterons sagement
à bord ce soir car, pour Caffè Latte, demain matin tôt, nous quitterons pour
Malaga, situé à environ 60 milles de là.
Nous
levons l’ancre à 7h30 et filons vers la pointe de Gibraltar pour, enfin rallier
la Méditerranée. Sitôt passer la pointe nous sommes toutes voiles dehors et
nous savourons le moment. Nous voyons le rocher de Gibraltar sous un angle
nouveau, nous sommes excités.
Les
vents peu à peu mollissent, changent de direction et puis vers 11h30 ils sont
carrément contre nous. Nous changeons notre direction pour nous rapprocher de
la côte dans l’espoir que près de celle-ci nous aurons des conditions plus
calmes, car présentement on sent que les vagues s’intensifient et que ces
vagues courtes sont agressives : les vents touchent 28 nœuds (50+ km/hre).
Peu à peu, nous sommes forcés de considérer nos options :
1.
Continuer
à naviguer ainsi, arriver très tard à Malaga et faire souffrir le bateau et
nous-mêmes.
2.
Rebrousser
chemin vers La Linea en attente de conditions favorables.
Nous
optons pour l’option 2, Yolène est déçue, elle voulait tellement entrer en
Méditerranée… Nous arrivons à La Linea en fin d’après-midi, jetons l’ancre et
concluons que la météo, que nous n’avions pas pu valider la veille, a évolué et
que les vents d’est se sont concrétisés plus tôt que prévu.
Leçon
apprise : il faut avoir accès à de la météo « fraîche du jour »
car la Méditerranée n’est pas l’Atlantique où les prévisions météos sont
valides jusqu’à 5 jours…
Présentement,
nous sommes à la Marina Alcadeisa de La Linea, des vents forts d’est et de la
pluie sont prévus pour les prochains jours et il semble que nous devrons
attendre vers la fin du mois pour quitter. D’ici là, nous travaillerons un peu
sur le bateau et planifierons une escapade en Espagne.
À bientôt !
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