La montre sonne à 7h00,
c’est tôt. Une longue navigation pour attendre Montserrat se profile… Nous
levons l’ancre à 8h30 et nous mettons deux ris dans la GV et sortons le génois,
les vents réels sont de 13 à 16 nœuds. Nous atteignons Névis rapidement mais
dès que nous sommes assez éloignés de la côte et que le vent est plus
« pur » (sans l’effet de l’île), on constate qu’il y a du sud dans ce
vent d’est. En clair, l’impact c’est que nous ne pourrons pas rallier
Montserrat sur un seul bord, nous pourrons nous en approcher puis faire un
virement de bord et continuer à s’en approcher. Nous naviguons au près serré,
c’est-à-dire, qu’on remonte le vent le plus possible, ce faisant, les vagues et
la houle frappent l’étrave (le devant du bateau) et ça cogne un peu, beaucoup.
Pas super confortable comme navigation mais il faut faire avec. Lorsque nous
sommes à environ une dizaine de milles de Montserrat, nous remarquons qu’il y a
une zone d’exclusion où l’ancrage des navires, de nuit, est interdite : la
cause étant l’activité volcanique de Soufrière Hill. On voit qu’il y a toujours
le rejet dans l’air de substances provenant du volcan. Heureusement, les vents
dominant et la présence d’une autre montagne faisant écran aux zones habitées
ne perturbe pas la vie tranquille de cette île au destin, somme toute,
tragique. On y reviendra plus loin. Nous sommes maintenant à environ 5 milles
de notre lieu d’ancrage, Little Bay et dans une heure le soleil se couchera.
Nous décidons, presque d’un commun accord (Yo est franchement anti-moteur !),
de lancer le moteur pour suivre une route plus directe vers le mouillage. Nous
jetons l’ancre à 18h30. Douche rapide, spaghettis sublimes, vino et…dodo ! Nous
sommes épuisés de ces 52 milles parcourus…
Montserrat à notre arrivée. Le volcan est à droite...
Notre ancrage dans la baie Rendezvous
Au
réveil, nous nous fixons comme objectif de remplir les formalités des douanes
et de voir de façon sommaire ce qui peut être visité ici et comment (vélo ou
taxi…). Presque tous les dinghys des 5 bateaux avoisinant sont au quai à dinghy
du port. Nous marchons vers ce que nous croyons être les douanes mais nous
sommes redirigés par des camarades vers le bon endroit. Au bout d’une heure,
les formalités sont remplies et la somme due acquittée. Nous explorons les alentours,
plusieurs resto et bars assez jolis sont à proximité. Nous marchons et nous
nous faisons accoster par un chauffeur de taxi-guide qui nous propose une
visite de l’île d’une durée de 4 heures : il nous suggère une visite au
jardin botanique de l’endroit, au centre d’observation du volcan et de la ville
de Plymouth, la capitale qui fut ensevelie sous les cendres de la Soufrière…
Nous voulons en discuter entre nous avant d’accepter. Nous lui demandons s’il
est possible de visiter l’île à vélo : selon lui c’est trop
« hilly » (côteux). Finalement, après avoir consulté sur internet et
selon le courriel de nos amis de Island, il faut absolument faire le tour de
l’île en taxi et voir l’observatoire. Nous dînons sur place et après le lunch
nous irons avec George. La visite de l’île est commentée par George en détail
sauf que nous saisissons environ 60% de ce qu’il dit : son accent est
assez tranché. Tout ce qu’il raconte tourne autour des éruptions volcaniques de
1995 à 2010. Il y en aura 5 majeures dont la dernière et la plus grosse le 11
février 2010, soit il y a exactement 7 ans. En effet, en 1995 Montserrat était
prospère et comptait 11,000 habitants. Un hôtel 4 étoiles venait d’ouvrir et
avait des réservations pour des mois à l’avance, des condos fraîchement
construit se louait allègrement et George Martin (producteur des Beatles) y
avait une résidence et un studio d’enregistrement où Sir Paul McCartney et Mick
Jagger, entres autres vedettes, ont endisqués. À un moment donné, en 1997, je
crois, la population n’était plus que de 2,500 habitants. Par la suite,
l’immigration de Jamaïquains, de Dominicains et autres ont repeuplé l’île au
niveau actuel de 5,000 âmes. La religion est omniprésente sur l’île. Il y a au
bas mot une vingtaine d’église d’au moins cinq confessions différentes. Au
jardin botanique une maquette nous montre la ville de Plymouth. Des photos
« avant et après », nous permettent d’apprécier l’épaisseur des
cendres qui se sont déposés : à certains endroits c’est plus de 25 pieds !
Au centre d’observation du volcan, pour 4$ USD, nous assistons à une
projection, en français, d’un film réalisé sur la Soufrière et qui relate de
façon chronologique les éruptions de 1995 à 2010 et leurs impacts sur la vie de
Montserrat. Époustouflant ! On y apprend que des explosions pyroplastiques,
parmi les phénomènes volcaniques les plus impressionnants, ont rejeté jusqu’à
20 tonnes métrique par minute de déjection. Ces déjections sont par nature
instable et finissent par s’écrouler un peu comme une avalanche. De plus,
couplé à d’autres phénomènes naturels, par exemple de fortes pluies, des
coulées de cendres en résultent. En 2002, l’observatoire actuel, l’un des plus
modernes au monde, a été inauguré. Plusieurs chercheurs y travaillent et un
hélico est à leur disposition quotidiennement pour aller constater l’état de la
situation. À tous les jours, du lundi au vendredi, à midi précise, les sirènes
retentissent sur Montserrat tient lieu de pratique en vue d’un changement
important dans l’activité du volcan. Si cette sirène est entendue à une heure
autre que midi, alors attention ! Les nuées ardentes sont visibles de nuit et
leurs lueurs rougeâtres sont de toute beauté. Nous avons pu apercevoir Plymouth
et ses ruines à partir de Richmond Hill, les photos ne rendent pas justice à
l’ampleur de ce que nous avons observé. Décidément, la visite guidée fût de
l’argent bien dépensé ! Au retour, nous recroisons, évidemment, nos amis
d’Ambition qui sont ici à la même table que nous au lunch. Nous prenons une
bière avec eux et retournons au bateau pour la soirée.
Source d'eau à Montserrat
Vue du volcan à partir du Centre d'observation
Côté de l'île non touchée par le volcan
Vue du volcan de Richmond Hill, on y voit bien la coulée pyroplastique
Ville de Plymouth, ancienne capitale, complètement ravagée, les maisons sont toutes abandonnées
Hôtel 4 étoiles ravagé
Samedi
fut une journée relaxe sur le bateau, disons que la nuit a été
« rouleuse », la houle nous a tenu réveillé presque toute la nuit… On a donc changé de baie...
Vue de notre ancrage dans Little Bay, en face de la plage publique
Dimanche,
nous sommes partis pour la Guadeloupe, après une autre nuit « rouleuse »… Nous avons fait une superbe navigation
sportive mais facile ! On vous reviendra avec nos aventures de la Guadeloupe
dans notre prochain blog.
La
vie est belle à bord de Caffè Latte !
Bonjour à vous deux. Beacoup d'infos très intéressantes car ce sont des places où nous allons faire un arrêt aussi. Nous quittons bientôt les Bahamas et dirigons vers Turks and Caicos, Rep. Dominicaine et Puerto Rico...et plus. Une très belle photo de Caffe latte! Beco et bon vent.
RépondreEffacerSalut les copains! On est au resto de Anh avec Julie, Syd, Willou, James (le nouveau bebe de julie et syd!) Trinh, Anh et martin, et on parlait de vous et on vous envoie pleins de bisous!!!!
RépondreEffacerSo nice to hear about your adventures! We are moving west now. Culebra and Vieques the last two days and today we are going to the south coast of Puerto Rico. Hope we can meet up again!
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