jeudi 30 septembre 2021

Les Cyclades du Nord, Grèce

Le début des Cyclades : Kythnos

C'est à partir de Poros que nous naviguerons vers notre première ile des Cyclades...



La veille du départ nous avions envisagés partir vers 10h, au réveil Jean revoit la météo : euh non, il faut partir à 8h car le vent sera meilleur. Branle-bas de combat, heureusement notre déjeuner était déjà préparé, on se fait un café latte et on file !

Nous aurons 45 MM à parcourir ce qui sera fait en à peine plus de cinq heures, mais au prix de nombreux changements de configuration de voiles car, au fait, la météo n’était pas celle prévue…encore !

Par contre, la baie où nous nous ancrons, est à la hauteur de nos attentes : c’est sauvage, nous y entendons et voyons des chèvres qui gambadent. C’est magnifique. C’est en fait deux baies qui sont séparées l’une de l’autre par un banc de sable (un « sand bar » en anglais). Cela permet une protection des vents du nord dans la baie où nous sommes et des vents du sud dans l’autre.



Au matin, les chèvres se font voir et entendre...
 
Petite marche au matin...encore une église...
Il y en a partout!!!

Yo au dessus de Caffè Latte!!!!

Cette beauté a un revers : les bateaux de location s’y donnent rendez-vous avant la fin de leurs vacances et leur retour à Athènes. Cela signifie qu’il faut surveiller de près l’ancrage de ces apprentis capitaines (pas tous mais certains…). Nous devons intervenir à quelques reprises, certains sont trop près de nous : si les vents tournent il y aura des bris. Mais bon, c’est la vie. La bonne nouvelle est que déjà, le lendemain, la majorité d’entre eux auront quittés la baie 😊. Nous y aurons passés deux jours et ce fut assez agréable malgré tout.

Le 17 septembre, nous levons l’ancre dès que les vents attendus se montrent le bout du nez, soit vers 13h30. Nous ferons une navigation de 21.5MM ce qui nous prendra 7hres ! Nous jetons l’ancre au coucher du soleil. Nous voulions nous déplacer pour être plus près et mieux positionné par rapport à notre prochaine destination. Il nous a fallu aller dans 3 baies pour en trouver une qui remplissait les critères à Red Roo et à nous. Petit ancrage sympathique et sans histoire, parfait pour la nuit.

Parfois, la navigation est relaxe...



Syros

Nous quittons Kythnos, finalement à 10h faute de vent avant ce moment. Notre fidèle Volvo sera du voyage, en appui aux voiles, pour nous aider à avancer. Nous voulons aller à Ermoúpolis, capitale des Cyclades. Nous consultons plusieurs applications nautiques pour trouver les bons ancrages, la météo etc… Pour Ermoúpolis les commentaires divergent à propos d’une marina abandonnée…nous sommes perplexe. Nous y allons tout de même, Red Roo nous a précédé et ils sont satisfaits de leur emplacement. Nous allons nous installer tout près d’eux. Nous aussi sommes satisfaits de notre amarrage. C’est gratuit, calme, bien protégé, mais ça ne paye pas de mine, bof !

Le lendemain, avec nos amis nous partons explorer la ville : nous sommes enchantés c’est vraiment très bien ici ! Nos attentes étaient basses et nous avons été conquis. Au retour, un arrêt au Lidl, après une marche dans la ville de 13km.


Maltese Falcon arrive dans le port...
Le bateau privé le plus luxueux au monde...
300 pieds de beauté!!!
Et on l'a vu sous voile, deux jours plus tard...

Le port et la ville d'Ermoupolis...


La place publique face à l'Hôtel de ville...


Le théatre...

Une belle église que nous allons visiter...

Magnifique !!!

Une autre belle église, tout là haut, que nous irons visiter...


Ceci est là maison que Jean veut...!!!


De retour au bateau, Yolène et Maree décident d’aller à la buanderie pour faire le lavage et le séchage : grosse journée au programme! Bonne nuit à bord.

Rania, Delos et Mykonos

Avant de quitter la marina, Phil et Jean vont aux shipchandlers pour des pièces de bateaux, puis à la police du port pour faire remplir notre « transit log » pendant que Yolène retourne à l’épicerie. Vers 12h30 nous quittons la marina, qui s’est peuplé de 3 bateaux français, dont un, Cacao, qui fut notre voisin de quai à Monastir. Nous atterrirons à Rania, l’île voisine de Mykonos, une navigation de 3h15 et 16MM : un superbe ancrage sauvage et tranquille.


 

Le lendemain matin, à 7h, nous levons l’ancre comme prévu pour aller à Delos pour y visiter le site archéologique. Le but de la manœuvre est d’y être avant que les touristes n’y arrivent vers 10h. Nous nous ancrons tout près de Delos à 7h35. L’endroit pour s’y ancrer est petit, peu profond et ça souffle un peu. Nous prenons l’annexe pour aller au site. Nous y sommes un peu avant l’ouverture du site à 8h.

Le site est vaste et permet de bien s’imaginer comment les gens y vivaient. Le sanctuaire dédié à Apollon et à sa sœur Artémis fut érigé au 7 siècle av. J-C et fut décrit par le poète et dramaturge Homère dans l’Odyssée. Au faîte de sa gloire l’île de Delos, qui ne fait que 1.3km par 5km, comptait 30,000 habitants et son port était très achalandé. Bref, nous qui aimons l’histoire et les vieilles pierres avons été ravis de voir ce site.

À ce sujet quelques infos historiques :

Aucun plan d’urbanisation pour cette île c’est pourquoi les rues sont de largeurs diverses, il n’y avait pas de latrines donc la « merde » devait être nettoyée des rues quelques fois par année. Ce fut longtemps une île sacrée peu populeuse habitée exclusivement par des hommes. Un théâtre de 6,500 places fut érigé au 2ième siècle avant J-C pour les touristes qui envahissaient l’île pendant les fêtes religieuses.

La densité des maisons...

Un temple...
et une lumière du matin...


L'équivalent d'un tapis... en pierre...


Les deux bateaux en arrière...


Le théâtre...

Le temple d'Artémis


 

Nous retournons au bateau vers 10h30 et filons en direction de Mykonos, les vents se sont levés et notre ancrage exigu a accueillis 3 autres bateaux depuis ce matin : il nous faut quitter.

Nous y allons sous génois seul, et choisissons une baie au sud de Mykonos pour nous abriter des gros vents prévus, nous passons une soirée tranquille à bord.

Le lendemain, nous prenons un bus, après une marche de 30 minutes, pour nous rendre au vieux port de Mykonos. Il y a assez de touristes, mais nous apprécions la ville pour ce qu’elle est, très touristique et mercantile (il y a de magnifiques boutiques de luxe) et nous sommes heureux de quitter le « zoo ».


Une attraction de Mykonos:
un regroupement de 5 églises - Paraportiani

et les moulins à vent !!!


La petite Venise...



Vue globale du vieux port...

et notre traditionnel crème glacée d'après-midi...
Ici, 6euros pour deux boules !!!
On est à Mykonos après tout!!!
La face de Phil: c'est une inside joke...
(il n'est pas toujours comme ça!!!)

Les gros vents prévus sont au rendez-vous pour la journée suivante, ça brasse pas mal, ce qui nous coupe les ailes : nous limitons nos activités à bord au minimum. La nuit, les vents tombent…pour céder leur place à une houle rouleuse à souhait : mauvaise nuit de sommeil .

Pour la suite rendez-vous un peu plus tard !


jeudi 23 septembre 2021

Bye Bye Péloponnèse

Gérakas et Porto Heli

Nous arrivons à Gérakas au milieu de l’après-midi, après deux heures de déplacement au moteur. À notre arrivée il y a une place au quai du village. Nous connaissons la technique, nous l’appliquons et c’est un succès…sauf que le quai du village est très haut et qu’il nous est impossible d’aller à terre .

Nous rendons visite à nos amis…à la nage, pourquoi pas ! Nous y passerons une soirée tranquille à bord.

Le lendemain matin, tôt, à 7h30, nous quittons pour Porto Heli. Nous ferons de la navigation à la voile et au moteur. Nous avions préparé le bateau pour faire des virements de bord, ce que l’on fait rarement. Nous en faisons quelques-uns puis, nous terminons à moteur.

La baie est très grande et très protégée, plusieurs équipages ont eu la même idée que nous : y a du monde à’ messe ! Mais, tout le monde s’y ancre de façon respectueuse, prenant en compte les vents forts prévus : il y a une bonne distance entre les bateaux.



Nous y passerons 3 nuits, les vents forts ne se sont pas concrétisés, passant plutôt un peu à l’est de nous. Nous sommes allés à terre à quelques reprises, rien de vraiment spécial ici, sauf que c’est un trou à ouragan ! Ah oui, nous avons eu de la pluie, une première depuis le 21 mars !

Direction nord…quelque port…

Nous quittons en réalité pour Nafplio (première capitale de la Grèce moderne, avant Athènes). Nous surveillons la météo, l’analysons. On nous prévoit des vents du N de 8 nœuds et nous allons vers le nord, ce qui est tout à fait possible en tirant des bords. Ce que nous faisons, nous roulons bien et vite. Puis ça se complique, les vents forcissent jusqu’à 20 nœuds, nous tenons le coup pendant une bonne heure. Puis, ça continue de monter en force…On n’a pas trop le choix on affale la grand’ voile et on enroule le génois.

Nous ferons le reste à moteur et nous n’irons pas jusqu’à Nafplio, qui est trop loin, nous nous rabattons sur Tolo. Bon petit ancrage très protégé. Nous y passons une bonne nuit avec une petite houle qui nous berce doucement…

Nafplio

Nous nous déplaçons tôt pour nous rendre à Nafplio. À 8h, nous sommes sur les flots, à moteur, peu de vent, beau soleil et un bon caffè latte à la main ! Une balade de 10 km. La forteresse de Palamidi nous accueille : wow !

Nous nous ancrons dans de l’eau peu profonde, à peine 10 à 12 pieds, le bateau fait 7 pieds de tirant d’eau. Bof, rien de bien méchant n’est prévu aujourd’hui.

Nous allons à terre en annexe et entreprenons de grimper les 999 marches nous amenant au pied de la forteresse de Palamidi. La visite s’avère très intéressante.


La ville vue de la Forteresse...

Quelques unes des marches...

Les marches en question...










Au retour, après avoir redescendu les 999 marches, nous discutons avec nos amis de Red Roo et nous avons les genoux qui « tremblent » un peu. Ce sera passager… Nous allons dîner au resto, excellent, puis nous retournons à l’annexe après avoir fait des courses chez Lidl, le super marché favori de Yolène !


De retour sur le bateau, il y a des nuages noirs à l’horizon. Nous levons l’ancre pour retourner à Tolo pour y passer la nuit. Nous aurons un peu de pluie mais les nuages noirs, surveillés sur le radar, se dissiperons avant de nous atteindre. Bonne nuit à Tolo après avoir vu un super arc en ciel avant le souper !



Retour à Porto Heli…

Nous partons sous voile au portant (le vent nous poussant), pas de gros vent, pas de grande vitesse, 4 nœuds, navigation très relaxe, beau soleil. Nous continuons à naviguer gentiment jusqu’à Porto Heli, tout de même 24 MM à la voile !

Ermioni

Nous en faisons presque une habitude, nous partons pour…on verra bien. Le terrain de jeu s’y prête bien, il y a beaucoup d’ancrage possible. Les vents prévus ne sont pas au rendez-vous donc notre voile Volvo nous amène à destination…

Nous considérons un ancrage assez sauvage mais somme toute trop profond, donc nous retournons sur nos pas pour aller à Ermioni. Un ancrage bien protégé, du quel il sera possible d’aller, le lendemain, à l’île de Hydra en traversier.


Notre ancrage à l'entrée du port d'Ermioni

Ermioni à Hydra

Nous prenons le traversier de 10h pour Hydra, cela prendra environ 30 minutes. Hydra fut une île grecque très en vogue dans les années 60 et 70. Leonard Cohen y a eu une maison d’été et la succession l’a, apparemment, conservée. Des amis nous avait informé du « spectacle » dans le port : le chaos selon eux…

Le port est minuscule et le nombre de traversiers arrivant d’Athènes et des îles avoisinantes est phénoménal. Ceci sans compter les taxis d’eau qui sillonnent le port à pleine vitesse pour déposer puis cueillir des clients. Mais, heureusement, les pilotes de ces bateaux commerciaux sont des professionnels et sont très habiles.

Les passes les plus spectaculaires sont celles des bateaux de location, la plupart beaucoup trop gros pour la capacité de ces capitaines « carte de crédit ». La manœuvre de l’ancrage à la grecque devient plus complexe et périlleuse quand l’endroit est exigu et que la probabilité de déposer son ancre sur l’ancre d’un autre bateau avoisine 100%. De plus, certains insistent pour amarrer leur bateau dans un espace visiblement trop petit pour ce dernier : pas grave, j’essaye quand même ! Finalement, observer les bateaux en attente qu’une place ne se libère ou qu’une manœuvre ne se complète, donne droit à des frissons dans le dos : certains ayant une capacité limitée à rester sur place sans risquer de frapper d’autres objets flottants !

Nous visitons le port et ses nombreuses boutiques et restos, nous allons aussi du côté de la maison de Leonard Cohen, bof…

Notre départ d'Ermioni...

L'extérieur du port où les mégayatch s'amarrent...

L'intérieur du port...

Le port de pêche...

Les ânes sont les véhicules sur l'île...
Aucune voiture ni moto sur l'île...
sauf les camions à ordure et les camions de pompiers!!!



On voit le chaos...
3 bateaux qui tentent de s'amarrer...
Malheureusement, la photo ne rend pas justice..
Faut le voir pour le croire!!!!



La maison de Leonard Cohen...bof!!!


Nous allons manger dans un resto un peu en retrait du port, recommandé par nos amis de Sweetie : wow, tout était délicieux et très abordable. Au menu, entrée de lentilles jaunes à l’huile d’olive et citron, sardines en « papillon » grillées et pieuvre grillée.




Nous retournons au port pour regarder le spectacle et prendre le traversier du retour. Nous voulons essayer « l’hydrofoiler » un bateau de l’ex bloc soviétique construit en 1984 et l’un des trois seuls exemplaires encore en service. Ce bateau roule à 30 nœuds (55km/hre) tout en vibrant comme ce n’est pas permis (la vibration n’est pas structurelle, elle est de nature acoustique) et grâce au foil le bateau s’élève hors de l’eau et ne génère presque pas de vague. Une expérience intéressante, merci à Phil de Red Roo d’avoir suggéré cette idée !


 

Poros

Nous levons l’ancre à 9h pour une navigation de 20 MM. Nous partons avec pleine voilure, les vents forcissent, nous affalons la grand-voile et roulons sous génois seul. Jean est à la barre, jouant avec le vent, assez fort et variable en direction, pour bien faire avancer le bateau et demeurer sécuritaire. Nous ne sommes pas prioritaires par rapport aux bateaux que nous croisons et qui vont en sens inverse de nous. Cela nous oblige à nous écarter de leur route, nous croisons ainsi au moins une douzaine de voiliers.

Nous prenons un raccourci entre deux îles mais cela nous oblige à rouler le génois. Les vents sont forts et nous les avons « sur le nez ». Nous empruntons la passe, et il y a encore beaucoup de bateaux à éviter, étant toujours non prioritaire, cette fois dû au fait que nous soyons à moteur. Nous arrivons aux abords du port de Poros, heureusement, le chenal est balisé par des bouées, car l’endroit est peu profond. Nous nous rendons là où Sweetie est déjà à l’ancre et Red Roo nous y rejoint. Le vent y souffle mais nous sommes en partie protégé, c’est confortable. Nous allons à terre en annexe pour une rapide reconnaissance des lieux. Au retour, en soirée, les vents tombent et les bateaux sont dans tous les sens : heureusement tous les bateaux sont bien ancrés, il n’y aura pas de casse.

Notre entrée dans le chenal...

Le lendemain, nous retournons à terre, nous visitons la tour de l’horloge, les shipchandlers, l’épicerie et la police du port pour faire étamper notre carnet de voyage (« transit log », obligatoire en Grèce). En soirée, nous retournons à terre pour un souper d’au revoir à Sweetie avec Red Roo. Sweetie, seront non loin d’Athènes pour une période de deux à trois semaines puis quitteront la Grèce lentement pour se diriger vers la Turquie.






Bonne nouvelle, notre place en marina à Marmaris, en Turquie, est confirmée pour l’hiver, un souci de moins !

À bientôt pour la suite, nous vous ferons découvrir les Cyclades !