mardi 3 octobre 2023

Traversée vers les Canaries...

Depuis cinq jours, nous regardons attentivement les données pour trouver une fenêtre météo adéquate. Honnêtement, nous sommes un peu « rouillés » par rapport aux conditions de navigation en Atlantique. Ainsi, nous voyons des vagues de 3m avec une période de 12 secondes sur notre travers avec des vents d’une douzaine de nœuds : est-ce que les voiles vont claquer? En tout cas avec des conditions semblables en Med, où la période aurait été de 5 à 6 secondes, nous ne serions pas sortis. Nous faisons appel à un pro de l’Atlantique, notre ami Benoît. Selon lui c’est jouable, ce n’est pas la vague le problème, c’est effectivement la force des vents. Nous décidons d’attendre un peu.

Finalement, il semble que le 22 septembre soit un bon moment, les vagues maximales atteignant 2,1m avec des vents de plus de 14 nœuds. Nous quittons la marina à 11h30 en direction du ponton d’accueil et de départ.

Formalités terminées à 13h10, Marcel, le suisse qui va à Agadir, a quitté juste avant nous. Nous roulons à voile assez rapidement, à 60 degrés du vent apparent et filons à 6-7nds. Nous avons tenté de dormir dans la cabine avant, c’était un peu trop bruyant pour que nous répétions l’expérience à cette allure, malgré que nous ayons réduit la voilure (2 ris dans la GV) pour la nuit.

Cap Spartel que nous avons visité sur terre...



Au matin, tel que prévu nous nous retrouvons au portant, tribord amure (confort plus moyen) avec pleine voilure, dont le génois tangonné. Très calme à l’intérieur, nous passons une excellente nuit.

Le plus beau coucher de soleil que nous ayons vu...



Au jour 3 de la traversée, au réveil nous larguons les ris de la GV et sortons le spi. Nous roulons à bonne vitesse environ jusqu’à 15h où, suite à des pointes à plus de 9nds, nous affalons le spi et ressortons le génois. Nous maintenons tout de même plus de 7nds très facilement. Cette configuration de voile sera maintenue toute la nuit. Les vents faiblissent un peu et il y a claquement léger des voiles quand notre vitesse baisse à 4-5nds, mais ce n'est pas si mal.


Une petite sieste d'après-midi...
On ne dort pas dans la chambre
mais plutôt dans le carré:
aucun son et confortable...

Magnifique pied de vent !!!



Au matin, les vents reprennent jusqu’à 11h puis nous faisons du moteur, pour nous rapprocher du vent, durant 3 heures. Nous retournons en mode voile vers 14h et nous roulons bien.

Le matin du 25 septembre, nous avons un problème avec la connexion de l’Iridium GO! (le bidule satellitaire qui nous donne la météo et qui, avec SquidX, nous calcule la route optimale à suivre). En gros, l’ordi ne se connecte plus, mais l’iPad lui, peut se connecter. Jean passe beaucoup de temps à tenter de résoudre le problème mais sans succès. Jean demande un fichier météo depuis l’iPad. Ça nous permet de voir le vent qui s’en vient.

Durant, la nuit, vers 2h30 du matin nous faisons un empennage (nous changeons de cap en faisant passer le vent sur l’arrière du bateau) puis à 6h30 nous en faisons un autre. Les vents mollissent pour une heure, on fait du moteur, tout en se préparant pour faire du vent arrière jusqu’à destination. Ce sera génois tangonné et trinquette. Super relaxe, super confo et nous arrivons à Graciosa avec cette configuration…


Terre en vue... Graciosa...

...et Lanzarote !!!


Nous aurons fait 595MM (1100km) en 99h15 soit une moyenne de 6nds (11km/h). Une traversée très bien maitrisée et agréable. À l’arrivée, des bulles italiennes et du saumon fumé bien mérités.

Le problème de l’Iridium GO! a été réglé : mauvaise manipulation de Jean sur l’ordi… 

Graciosa, Ile des Canaries

Nous aurons passé 6 jours au seul ancrage de Graciosa, mais quel ancrage ! La sensation de calme et de sérénité nous envahi. Malgré la présence d’une vingtaine de voiliers c’est très, très silencieux et apaisant. Ceci nous incite à « coller » ici…

Bordé par deux plages de sable blond, avec en toile de fond, d’un côté les collines volcaniques de Graciosa, de couleur ocre, rouge et brun et de l’autre, le plus souvent embrouillé de nuages et de brume, la côte volcanique majestueuse de Lanzarote.

Cette côte nous la découvrirons de plus près lors notre navigation vers la marina Rubicon. Pour l’heure nous allons à terre, en annexe et à la rame, pour y laisser le dignhy en sureté sur le sable…en intégrant le fait qu’il y a de la marée ici contrairement à la Med !

Nous empruntons l’un des nombreux sentiers de rando pédestre, qui nous mènera tour à tour à une plage cachée, au sommet d’une colline volcanique et de sa « caldera » (cratère). Par la suite, nous marcherons jusqu’au village balnéaire (invisible de l’ancrage). Les rues sont de sable et les petites unités coquettes, mais c’est sans vie. Nous prenons une glace (bof..) et reprenons la route en direction de l’annexe. Un 11km qui fait du bien aux jambes, et qui favorisera le sommeil 😉.

La petite plage isolée...


Notre ancrage et le seul autorisé sur l'île...


Mission accomplie !!!







Après une journée plutôt nuageuse, que nous passons à bord, nous partons, le lendemain en milieu d’après-midi, sous le soleil, pour aller faire la rando de la plus haute colline volcanique de Graciosa. Pour s’y rendre il faut compter environ 5 à 6km, l’ascension, surtout vers la fin, est un peu abrupte. Au sommet, la caldera est impressionnante et nous devons marcher sur la crête pour accéder au point le plus haut, 268m, et aussi pour nous rendre vers le sentier qui nous amènera à la base de la colline.

Au fur et à mesure que nous descendons le sentier devient jonché de petites scories rondes qui rendent la surface plus « glissante » … C’est de courte durée, car rapidement nous nous retrouvons avec une bonne épaisseur de billes de roches volcaniques sous les pieds ce qui nous permet de glisser légèrement à chaque pas et de s’y enfoncer : c’est très sécuritaire. En fait, c’est un exactement ce que nous avions expérimenté sur l’Etna en Sicile. Nous atteignons la base sans encombre et nous nous dirigeons vers la plage où se trouve notre annexe. Randonnée de 13,8km très agréable. Cela a aiguisé notre appétit.

Un décor très aride que nous offre Graciosa !!!


L'ile compte 4 cratères, celui-ci est le plus bas...

On y arrive...

Le cratère dans son ensemble...

Nous sommes sur le plus haut cratère et
ceux-ci sont les 2 autres, celui au fond,
c'est le premier que nous avons marché...

C'est le nord de l'île de Lanzarote...


Malgré que notre dernière « vraie » épicerie remonte à quelques jours avant notre départ de Gibraltar, il y donc plus de 3 semaines, eh bien qu’avions nous pour souper?

Jarret de porc italien en sachet sous vide, pommes de terre nouvelles, betteraves et salade de chou, accompagné par un verre de vin (Primitivo italien des Pouilles). Magnifico ! Yolène gère très bien les réserves de nourriture à bord de Caffè Latte 😊.

Au lever nous préparons le bateau pour naviguer vers l’ïle de Lanzarote, voisine de Graciosa, avec comme objectif le secteur de la plage de Papagayo, la plus belle plage de l’île, non loin de la marina Rubicon.       

À bientôt pour la suite de l’aventure, la découverte des Canaries, revenez nous lire pour ne rien manquer !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire