Depuis cinq jours, nous regardons attentivement les données pour trouver une fenêtre météo adéquate. Honnêtement, nous sommes un peu « rouillés » par rapport aux conditions de navigation en Atlantique. Ainsi, nous voyons des vagues de 3m avec une période de 12 secondes sur notre travers avec des vents d’une douzaine de nœuds : est-ce que les voiles vont claquer? En tout cas avec des conditions semblables en Med, où la période aurait été de 5 à 6 secondes, nous ne serions pas sortis. Nous faisons appel à un pro de l’Atlantique, notre ami Benoît. Selon lui c’est jouable, ce n’est pas la vague le problème, c’est effectivement la force des vents. Nous décidons d’attendre un peu.
Finalement,
il semble que le 22 septembre soit un bon moment, les vagues maximales
atteignant 2,1m avec des vents de plus de 14 nœuds. Nous quittons la marina à
11h30 en direction du ponton d’accueil et de départ.
Formalités
terminées à 13h10, Marcel, le suisse qui va à Agadir, a quitté juste avant
nous. Nous roulons à voile assez rapidement, à 60 degrés du vent apparent et
filons à 6-7nds. Nous avons tenté de dormir dans la cabine avant, c’était un
peu trop bruyant pour que nous répétions l’expérience à cette allure, malgré
que nous ayons réduit la voilure (2 ris dans la GV) pour la nuit.
| Cap Spartel que nous avons visité sur terre... |
Au
matin, tel que prévu nous nous retrouvons au portant, tribord amure (confort
plus moyen) avec pleine voilure, dont le génois tangonné. Très calme à
l’intérieur, nous passons une excellente nuit.
| Le plus beau coucher de soleil que nous ayons vu... |
Au
jour 3 de la traversée, au réveil nous larguons les ris de la GV et sortons le
spi. Nous roulons à bonne vitesse environ jusqu’à 15h où, suite à des pointes à
plus de 9nds, nous affalons le spi et ressortons le génois. Nous maintenons
tout de même plus de 7nds très facilement. Cette configuration de voile sera
maintenue toute la nuit. Les vents faiblissent un peu et il y a claquement
léger des voiles quand notre vitesse baisse à 4-5nds, mais ce n'est pas si mal.
| Une petite sieste d'après-midi... On ne dort pas dans la chambre mais plutôt dans le carré: aucun son et confortable... |
| Magnifique pied de vent !!! |
Au
matin, les vents reprennent jusqu’à 11h puis nous faisons du moteur, pour nous
rapprocher du vent, durant 3 heures. Nous retournons en mode voile vers 14h et
nous roulons bien.
Le
matin du 25 septembre, nous avons un problème avec la connexion de l’Iridium
GO! (le bidule satellitaire qui nous donne la météo et qui, avec SquidX, nous
calcule la route optimale à suivre). En gros, l’ordi ne se connecte plus, mais l’iPad
lui, peut se connecter. Jean passe beaucoup de temps à tenter de résoudre le
problème mais sans succès. Jean demande un fichier météo depuis l’iPad. Ça nous
permet de voir le vent qui s’en vient.
Durant,
la nuit, vers 2h30 du matin nous faisons un empennage (nous changeons de cap en
faisant passer le vent sur l’arrière du bateau) puis à 6h30 nous en faisons un
autre. Les vents mollissent pour une heure, on fait du moteur, tout en se
préparant pour faire du vent arrière jusqu’à destination. Ce sera génois
tangonné et trinquette. Super relaxe, super confo et nous arrivons à Graciosa
avec cette configuration…
| Terre en vue... Graciosa... |
| ...et Lanzarote !!! |
Nous
aurons fait 595MM (1100km) en 99h15 soit une moyenne de 6nds (11km/h). Une
traversée très bien maitrisée et agréable. À l’arrivée, des bulles italiennes
et du saumon fumé bien mérités.
Le problème de l’Iridium GO! a été réglé : mauvaise manipulation de Jean sur l’ordi…
Graciosa, Ile des Canaries
Nous
aurons passé 6 jours au seul ancrage de Graciosa, mais quel ancrage ! La
sensation de calme et de sérénité nous envahi. Malgré la présence d’une
vingtaine de voiliers c’est très, très silencieux et apaisant. Ceci nous incite
à « coller » ici…
Bordé
par deux plages de sable blond, avec en toile de fond, d’un côté les collines
volcaniques de Graciosa, de couleur ocre, rouge et brun et de l’autre, le plus
souvent embrouillé de nuages et de brume, la côte volcanique majestueuse de
Lanzarote.
Cette
côte nous la découvrirons de plus près lors notre navigation vers la marina
Rubicon. Pour l’heure nous allons à terre, en annexe et à la rame, pour y
laisser le dignhy en sureté sur le sable…en intégrant le fait qu’il y a de la
marée ici contrairement à la Med !
Nous
empruntons l’un des nombreux sentiers de rando pédestre, qui nous mènera tour à
tour à une plage cachée, au sommet d’une colline volcanique et de sa
« caldera » (cratère). Par la suite, nous marcherons jusqu’au village
balnéaire (invisible de l’ancrage). Les rues sont de sable et les petites
unités coquettes, mais c’est sans vie. Nous prenons une glace (bof..) et
reprenons la route en direction de l’annexe. Un 11km qui fait du bien aux
jambes, et qui favorisera le sommeil 😉.
| La petite plage isolée... |
| Notre ancrage et le seul autorisé sur l'île... |
| Mission accomplie !!! |
Après
une journée plutôt nuageuse, que nous passons à bord, nous partons, le
lendemain en milieu d’après-midi, sous le soleil, pour aller faire la rando de
la plus haute colline volcanique de Graciosa. Pour s’y rendre il faut compter
environ 5 à 6km, l’ascension, surtout vers la fin, est un peu abrupte. Au
sommet, la caldera est impressionnante et nous devons marcher sur la crête pour
accéder au point le plus haut, 268m, et aussi pour nous rendre vers le sentier
qui nous amènera à la base de la colline.
Au
fur et à mesure que nous descendons le sentier devient jonché de petites
scories rondes qui rendent la surface plus « glissante » … C’est de courte
durée, car rapidement nous nous retrouvons avec une bonne épaisseur de billes
de roches volcaniques sous les pieds ce qui nous permet de glisser légèrement à
chaque pas et de s’y enfoncer : c’est très sécuritaire. En fait, c’est un exactement
ce que nous avions expérimenté sur l’Etna en Sicile. Nous atteignons la base
sans encombre et nous nous dirigeons vers la plage où se trouve notre annexe.
Randonnée de 13,8km très agréable. Cela a aiguisé notre appétit.
| Un décor très aride que nous offre Graciosa !!! |
| L'ile compte 4 cratères, celui-ci est le plus bas... |
| On y arrive... |
| Le cratère dans son ensemble... |
| Nous sommes sur le plus haut cratère et ceux-ci sont les 2 autres, celui au fond, c'est le premier que nous avons marché... |
| C'est le nord de l'île de Lanzarote... |
Malgré
que notre dernière « vraie » épicerie remonte à quelques jours avant
notre départ de Gibraltar, il y donc plus de 3 semaines, eh bien qu’avions nous
pour souper?
Jarret
de porc italien en sachet sous vide, pommes de terre nouvelles, betteraves et
salade de chou, accompagné par un verre de vin (Primitivo italien des
Pouilles). Magnifico ! Yolène gère très bien les réserves de nourriture à bord
de Caffè Latte 😊.
Au
lever nous préparons le bateau pour naviguer vers l’ïle de Lanzarote, voisine
de Graciosa, avec comme objectif le secteur de la plage de Papagayo, la plus
belle plage de l’île, non loin de la marina Rubicon.
À
bientôt pour la suite de l’aventure, la découverte des Canaries, revenez nous
lire pour ne rien manquer !
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