dimanche 15 décembre 2019

El-Jem, Tunisie


Il fait plus chaud, en tout cas, nous semble-t-il, à Monastir qu’à Tanger l’an dernier. Nous avons moins besoin du chauffage et pour des périodes plus courtes… Nous croyons que l’influence de la température de l’eau de la Méditerrannée, plus chaude que celle de l’Atlantique, est la raison pour laquelle le climat y est plus doux.

Douceur du climat donc, mais des vents forts (rafales jusqu’à 50 nœuds, 90 km/hre) viennent nous rappeler que l’hiver est à nos portes.

Nous profitons de ces moments pour travailler sur le bateau, à l’intérieur, pour faire des améliorations, du nettoyage et des réparations. Certains travaux de couture ont été confiés à des artisans locaux et nous sommes satisfaits des résultats.

Caffè Latte prêt pour l'hiver… sans cordage, ni voile !!!

Nous visitons le mausolée de Bourguiba (premier président de la République de Tunisie), fils de Monastir. L’endroit est splendide et nous avons droit à un traitement de faveur de la part d’un des gardiens : il nous fait faire la visite, nous donne des explications, etc…



Le lustre de 365 lumières illuminé que pour nous...





Vue du jardin arrière


Nous avons aussi réservé notre date de sortie en cale sèche, en février, pour que nous carénions le bateau : nouvelle peinture antisalissure et cirage de la coque. Des heures de plaisir en perspective 😉.

La communauté de voileux est assez importante ici : une vingtaine d’équipage vivent à bord, ici, pour l’hiver. C’est sympa, d’autant que de façon surprenante, il y a 4 bateaux canadiens…nous en avons croisés exactement zéro de toute la saison !

Le jeudi, 12 décembre, une sortie de groupe est organisée pour aller à El-jem. Les participants sont tous des anglophones, parce que la plupart des équipages francophones (français et belges) sont des récidivistes de la Tunisie, donc ils connaissent déjà l’endroit.

El-jem, connue sous le nom Thysdrus, sous l’empire romain, fût une plaque tournante du commerce en Méditerrannée. Ainsi, entre le troisième et le quatrième siècle, pendant une période de 60 ans fut entrepris la construction d’un colisée.

Voici, de façon synthétique, comment il fut construit, à quoi il fut utilisé et quelques détails sur le déroulement des « Jeux » dans cette enceinte.


Construction :

Contrairement au Colisée de Rome, construit en brique, le colisée de Thysdrus fût érigé en pierre de taille. Ces pierres, du calcaire, furent taillées par des esclaves dans des carrières située sur le bord de l’océan à une trentaine de kilomètres de là. Les pierres furent acheminées, tractées par des éléphants, le long d’un tunnel de 35 km de long et pourvu de bouches d’aération (laissant aussi passer la lumière) à tous les 10 mètres.

Chaque pierre montre des cavités triangulaires qui permettaient qu’un crochet les agrippent solidement lors du transport et de la mise en place.

Les gradins, érigés en trois niveaux et atteignant 26 m de haut, furent entièrement recouvert de marbre blanc italien, de même que le tour de l’arène, ceci pour éviter que les animaux sauvages ne puissent y prendre appui.

Sous la surface de l’arène des salles diverses sont aménagées pour les esclaves, les animaux et les gladiateurs professionnels. Le centre de l’arène est ouvert en temps normal mais se recouvre de planche de bois lors des « Jeux ».










Utilisation :

D’une capacité de 35,000 sièges pour une population de 32,000 personnes, une fois par mois le colisée se remplit de toute la société de Thysdrus : des plus pauvres jusqu’au plus riche, presque sans exception.

En effet, tous ceux qui se présente au colisée reçoit une pièce d’or (pour compenser le manque à gagner, personne ne travaille), du pain et assiste gratuitement au spectacle.

Cette activité permet de resserrer les liens entre les habitants et de diminuer les tensions sociales.

De plus, grâce à 96 points de sortie, le stade se déleste de ses trente quelques milliers de personnes en 20 minutes.

Déroulement des « Jeux » :

Sous le plancher de l’arène, dans des cages métalliques placées dans des chambres, des animaux sauvages sont abreuvés d’eau et ne sont pas nourris pour les garder agressifs. 

D’autres cages renferment des esclaves. Simultanément, par des ouvertures sur le plancher de l’arène, une cage d’animaux sauvage et une cage d’esclaves, par le biais de monte-charges, sont montées dans l’arène et les portes des cages sont ouvertes : s’en suivent des combats mortels. Une morgue est aménagée sous un côté de l’arène, le lendemain des Jeux les cadavres empruntent le tunnel pour être déversés dans la mer.

Les gladiateurs professionnels eux pénètrent l’arène par des portes situées sur les côtés, d’où ils sont acclamés par la foule.


Superbe bâtiment très bien conservé, merci au guide pour toutes les informations. À chaque été un festival de musique classique se déroule dans le colisée.



Nous poursuivons notre visite au musée des mosaïques et aussi nous visitons les vestiges d’une maison et d’un temple.




Après un repas rapide, nous nous retrouvons tous à la gare. Le train est, évidemment en retard (mais que de 15 minutes) et il nous dépose à Sousse.


La moitié du groupe, dont nous, en profitons pour visiter la médina alors que les autres prennent le métro électrique pour rentrer à Monastir.

Quelle ne fut notre surprise, une heure plus tard, de prendre le métro à notre tour et de trouver dans notre wagon l’autre moitié de notre groupe !

Une fort belle journée passée en Tunisie avec de gentils voileux de Monastir : que demander de plus ?

À plus pour la suite de nos aventures qui se poursuivra en France pour les prochaines semaines… !        

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