Étape importante accomplie…
Nous
avons franchi la ligne d’arrivée à 21h21 le 15 novembre après exactement 10
jours et 7 heures de navigation. Nos derniers jours de navigation furent
particuliers ; nous étions au près serré à 32 degrés du vent apparent.
Impossible de serrer le vent plus que ça, c’était pourtant ce qu’il fallait
faire étant donné notre parcours…comment nous sommes nous rendu à cette
obligation de naviguer à cette allure extrême ?
Retour en arrière…
Le
départ, pour la traversée, est devancé d’une journée afin que nous puissions
profiter de meilleures conditions météorologiques, ce qui implique que l’horaire
du vendredi, est complétement chamboulé. Au skipper’s meeting, les instructions
de navigation nous sont « garochées », pas de support audio-visuel,
c’est brouillon, on le « feel » pas. C’est le souper de départ, tout
le monde rush : la consigne ce n’est pas d’alcool, pas de café et les gens
semble n’avoir qu’une idée en tête, retourner à leur bateau au plus vite. Notre
table est vraiment le fun : Ambition (Merrill, Maryse et Jean) et New
Vison (Robert, Petra et 2 crew) mais tout le monde a la tête ailleurs. On
quitte l’endroit rapidement et on va au bateau. Il nous reste un « to
do » assez long pour le lendemain…On se couche en arrivant après avoir
fait quelques trucs.
Au
réveil, tôt, on met la main à la pâte pour préparer le bateau. Nous quittons la
marina à 10h00, suivi de près par Kinship, un bateau ami avec Matthew, Kathleen,
Paul et Lisa. Nous filons vers la ligne de départ : le Chesapeake Bay
Tunnel-Bridge. Nous la franchissons à 14h21. Premier obstacle à franchir, le
Gulf Stream. Ce courant qui contrôle et régule le climat de la côte est
américaine jusqu’en Europe peut être complexe à négocier. Nous avons des
informations contradictoires sur les points d’entrée et de sortie du Gulf
Stream. Nous adressons un courriel au « rally control » et le
lendemain matin, ce point est précisé. Nous sommes dans une machine à laver et
le cycle en cours n’est pas « delicate » : ça brasse ! Nous
finissons par en sortir, et là on a des vents au portant mais avec de la houle
de 12-15 pieds et un peu de vague aussi mais le bateau se comporte super bien
c’est rassurant. La nuit la navigation est magique : nous survolons les
flots et le bateau, aidé de l’autopilote, est animé d’une vie qui lui est
propre. L’autopilote, au début, nous le nommions «Trojan » à cause de sa
propension à capoter, mais rapidement il nous est apparu clair que sans lui
nous serions sans doute enclin à capoter nous-même… Bref, ça brasse mais le
bateau et la mer ne font qu’un et tout se déroule super bien. Un matin au
réveil, le vent est presque absent et tout ce qui subsiste c’est la
houle : c’est comme un champ de vallons, un terrain de golf, c’est
tellement beau. Le ciel est gris, ça se dégage et nous notons que la mer est
maintenant d’un bleu profond, de toute beauté… Les planctons photoluminescents
nous accompagnent et leur lumière est apaisante. Le jour et la nuit se succède
et nous sommes comme engourdi…nous visons un cap de 148 degré nuit et jour et
bouffons des milles marins. Parfois, nous avons des moments magiques, comme la
nuit où nous naviguons vent de travers et où le vent forcit doucement et que le
bateau va de plus en plus rapidement sous un ciel de presque pleine lune avec
quelques nuages : c’est fou comme c’est relaxant et sans effort, souvenir impérissable.
Nous avons une opportunité de sortir le spi pour faire du 60 à 70 degrés au
vent apparent et la saisissons. Wow ! Super navigation pendant 5 heures,
jusqu’au moment où la nuit venue nous devons entrer le spi : nous sommes
deux et nous nous devons d’être prudent. Les quarts s’échangent en même temps
que notre AIS personnel, cordon ombilical en cas de chute par-dessus
bord : nous sommes constamment relié au bateau par des sangles et avons en
tout temps nos VFI de la dernière technologie, la sécurité est notre crédo. Des
nuages menaçant se profilent de plus en plus mais il ne sont pas chargé de
vents violents comme au début de la traversée (Jean s’est amusé avec ceux-ci),
non il y a juste de la pluie forte. Au radar, nous suivons leur progression.
Heureusement, tous les nuages se dissipe à notre arrivé à leur hauteur. Terre
en vue ! Nous fixons la proue du bateau et apercevons les Îles Vierges
Britanniques, il est 17 h00, un peu fatigué, mais ragaillardi par cette vision,
il nous reste une vingtaine de milles à franchir, les vents résultant des
averses nous aident à mieux pointer notre destination, le soir tombe et Tortola
s’illumine, c’est civilisé ici ? Nous devons changer de cap radicalement (de 90
degrés) pour 3 milles pour mieux franchir la ligne d’arrivée. Nous filons à
plus de 7 nœuds, tout est calme un sentiment de devoir accompli nous envahi.
Nous sommes heureux et fiers de nous. Nous n’aurions jamais pu faire ceci sans
cette confiance mutuelle que nous nous portons : nous sommes une équipe,
une équipe dynamique et pleine de ressource. Il nous reste une dizaine de
milles pour atteindre la marina. Nous arrivons et la pluie (essentiellement
absente depuis le départ) chaude des tropiques nous salue. Nous devons retarder
notre entrée à quai…Nous sommes maintenant en approche finale mais il y a un
soucis, notre safran (gouvernail) s’est décalé lors de la traversée et le
bateau tourne maintenant beaucoup à gauche et très peu à droite…pas très grave,
mais malheureusement nous devons tourner à droite pour notre entrée à quai. On
négocie le tout comme il le faut. L’accueil qu’on nous réserve fait chaud au
cœur : cris, trompette, cornes de brune et des gens le long du quai. Un
rhum punch bien frais nous attend, cool, ça fait onze jours que nous sommes
sans alcool. Nous nous couchons heureux et fiers : mission accomplie nous
avons rejoint les caraïbes par la mer sans encombre et sans bris.
Les
jours qui suivent seront consacrés à transformer le bateau du mode traversée en
mode croisière. Nous croisons les bateaux amis au fil des 5h à 7h qui se
succèdent. L’ambiance est définitivement plus relaxe que celle à Portsmouth,
avant le départ… La soirée de remise de prix a lieu le 18 novembre. C’est une des rares traversées où tous les
bateaux inscrits arrivent à destination. Nous remportons le prix de
« party boat » comme reconnaissance de notre bonne attitude en tout
temps et de notre capacité à entrer en relation positive avec les équipages et
pour notre enthousiasme à accueillir les bateaux. Nous sommes fiers, c’est
drôle, Yolène avait un peu prédit que nous serions reconnus pour ceci :
faut dire que s’est dans la nature des québécois de se démarquer pour leur joie
de vivre et leur attitude positive…
Nous ne
le dirons jamais assez, nous sommes fiers de cet accomplissement.
Le
top 5 de la traversée du point de vue de capitaine Jean :
1. Yolène, mon équipière et amoureuse,
toujours là, beau temps mauvais temps
2. « Trojan », notre fidèle
autopilote, sans celui-ci point de salut
3. Notre téléphone satellitaire, vielle
technologie et ça fonctionne à tout coup
4. Le bateau en général : solide,
comportement prévisible, nous l’aimons vraiment
5. Nos VFI (veste de flottaison) et AIS
personnel : ça rassure et ça nous force à penser sécurité 24/7
Depuis
samedi matin, les bateaux, un à un, quittent la marina… Nous quitterons, ce
mardi, avec nos amis de Cygnus qui seront à bord pour 5 jours. Nous explorons les BVI pour le prochain mois…
et prendrons l’avion pour le Québec le 19 décembre prochain et y resterons jusqu'au 4 janvier.
Derniers préparatifs avant le départ
Caffè Latte décoré
Caffè Latte en navigation
Meilleur endroit pour dormir durant la Traversée
Jean à la barre pour donner une pause à "Trojan"
Levée du soleil
Coucher de soleil
Miam... Souper au cassoulet
Grosse pêche.... un poisson volant de 3 pouces...
Fiers d'avoir franchis la ligne d'arrivée...
Remise des prix sur la plage....
Caffe Latte 'best party boat' and always on the docks welcoming new arrivals
Avec Isabelle, l'organisatrice de l'évènement
Yolène et Maryse (Ambition)
La table des bateaux canadiens...
Le bonheur se voit !!!


Allo à vous deux. Nous lisons votre blog avec un grad plaisir. BRAVO pour votre traversée et que la belle aventure continue...
RépondreEffacerÀ très bientôt on se vera dans un port ou en mer...
Petra et Robert, New Vision
Un gros bonjour de Paul et Lisa (equipage de Kinship). Felicitation non seulement pour avoir accompli cette grosse tache a deux, mais aussi de votre nouveau titre de "party boat" :). Nous regrettons ne pas eu avoir la chance de vous dire aurevoir avant notre depart, mais nous allons suivre votre blog et nous souhaitons vous revoir encore bientot.
RépondreEffacerun petit coucou depuis le bassin d'arcachon bravo à vous deux on est très fiers de votre exploit nous vous suivons avec beaucoup de plaisir
RépondreEffacerde gros bisous de nous deux
marc et annie