vendredi 24 mars 2017

Randonnées dans les montagnes de la Dominique


Lundi, nous mettons le réveil pour 4h45, ce matin le départ est prévu à 6h00 pour une randonnée jusqu’au « Boiling Lake ». Nous avons un peu (…totalement !) perdu l’habitude de nous lever aussi tôt. Nous finissons de rassembler les choses pour la randonnée pédestre d’aujourd’hui : imper, chamois, couteau, maillot de bain, lunch, collation et eau. À 6h00 pile, Alexis arrive au bateau, nous montons à bord et le dirigeons vers Kinship (Matthew) et Mr. X (Manuela et Ian). Nous avons une heure trente de route à faire pour nous rendre à Laudat. Ça tombe bien Matthew a mal dormi la nuit dernière…il pourra reprendre un peu du sommeil perdu. Nous arrivons à Laudat, du nom du premier propriétaire de gros lopin de terre. Notre guide nous y attend. Nous enfilons nos chaussures de randonnée, mettons le sac à dos et la ceinture de taille sur nous et c’est parti ! Nous croisons une canalisation, faite en bois ceinturée de cerceaux en métal, qui alimente une mini centrale hydro-électrique. Hydro-Québec peut dormir en paix, la concurrence ne viendra pas de la Dominique ! Nous empruntons le sentier, très bien balisé et nous suivons le rythme du groupe, nous sommes là pour fermer la marche. À quelque reprise, nous devons traverser des rivières (dont l’eau est potable et délicieuse) sur les roches en jonchant le lit. Aussi, parfois, le tracé du sentier est tel que les montées sont abruptes, sachant que nous ferons un « alé-viré » il va y avoir du sport au retour…mais bon c’est la vie. Cette randonnée en principe prend 7hres et est classée comme « long and hard ». Plus nous montons, plus l’odeur de soufre (H2S, anhydride sulfureux) est présente. La végétation est magnifique, luxuriante, on ne se lasse pas de voir des fougères dignes du jurassique et d’immenses arbres. Parfois, un point de vue spectaculaire s’offre à nous. Nous apercevons au loin une des deux vallées de la désolation. Là, il n’y a pas de végétation qui pousse, le sol est trop chaud et il y a présence de soufre cristallisé… Nous arrivons enfin dans la vallée de la désolation et nous sentons la présence accrue d’anhydride sulfureux. L’eau bouillonne en sortant du sol par la combinaison de deux phénomènes : l’ébullition de l’eau comme tel et le dégagement du H2S. Les roches avoisinantes, immergées dans cette eau prennent une teinte blanchâtre, recouvertes d’un dépôt et l’eau devient laiteuse. Nous poursuivons notre ascension vers le « Boiling Lake » (le lac qui bout). Finalement, après un peu plus de quatre heures, nous arrivons au fameux lac. Il fait environ 200 pieds sur 70 (60m sur 20m), parfois le vent permet à la vapeur de se dissiper un peu et nous pouvons apercevoir le bouillonnement intense du lac : la température en périphérie est de 85 degrés C, au centre près du bouillon c’est plus de 90 degrés C ! Épisodiquement, environ au 10 ans le lac cesse de bouillir pour un temps…Nous lunchons rapidement et amorçons la descente…soudain, la pluie se met de la partie alors que nous approchons d’un spa naturel où une baignade est prévue. La pluie tombe en quantité et nous sortons l’imper de Jean et la capote étanche du sac à dos pour en protéger le contenu. Yolène et Ian sont les deux seuls qui irons dans le spa. Les deux en ressortent ravis. Nous reprenons notre marche vers le bas, éventuellement la pluie cessera. Nous sommes souvent dans les nuages et la forêt tropicale s’y abreuve à tous les jours ou presque. Il tombe en moyenne 360 pouces d’eau par année (environ 9m) dans la forêt tropicale. Ceci dit le sentier devient boueux malgré la présence de petits canaux de dérivation pour l’eau de pluie. Nous atteignons la base après 7hres 30 de randonnée : fatigué et heureux d’avoir fait le « Boiling Lake » ! Certains dorment au retour dans le bus-taxi. Nous arrivons à Portsmouth et nous prenons une bière sur Kinship : nous voulons récupérer notre disque dur externe. Matthew a diagnostiqué le problème : notre câble de connexion est fichu. Ça se trouve ici même à Portsmouth, demain nous irons. Nous retournons sur Caffè Latte pour une soirée relaxe et courte : on se couche tôt.


Gorge de Ti Tou


C'est tout là-haut que nous irons !!!


Avec notre guide, Bolo


Nuage au haut de la montagne, à gauche, au bas, le Boiling Lake et à droite, la vallée de la désolation

Vallée de la désolation


Accumulation de soufre dans la vallée de la désolation


Eau en ébullition et dégagement de gaz

Le lac qui bout...


La petite baignade dans le spa, sous la pluie !!

Vidéo du Boiling Lake

Le lendemain, au réveil, on sent que le corps a travaillé et d’ores et déjà nous savons que nous allons prendre ça cool sur le bateau. Nous travaillons quelques éléments sur le bateau, nous allons à terre acheter du pain, nous décrottons nos souliers de rando, nous chillons un peu. Nous discutons de notre projet du lendemain : faire la randonnée qui nous amènera à Spanny Falls.

Mercredi, au réveil, on se prépare et nous quittons pour prendre le bus jusqu’à Roseau : une heure dix de bus-taxi. Nous sommes accostés à l’embarcadère, tous les taxi-bus semblent nous vouloir comme client et les chauffeurs s’engueulent entre eux ! Finalement nous prenons le taxi-bus qui est prêt à partir… Nous arrivons à Roseau et demandons au chauffeur, Peter, où devons-nous prendre le bus pour Spanny Falls : il nous indique le taxi-bus approprié. Nous attendons près de 50 minutes, le taxi-bus se rempli lentement, Jean va voir le chauffeur et lui demande quand va-t-on partir ?
« Nous partirons quand le taxi-bus sera plein ». Oui, mais ça fait près d’une heure qu’on attend, nous devons faire une randonnée de 3 heures et après nous devons retourner à Portsmouth… Rien à faire, il ne veut pas partir avant que le bus ne soit plein. Nous décidons de changer nos plans, nous resterons à Roseau et visiterons un peu la ville. Nous sortons du bus et le chauffeur nous demande pourquoi nous descendons… il devra attendre encore plus longtemps !!

Nous marchons un peu à la recherche d’un parc pour pouvoir luncher et nous trouvons le Jardin botanique. Il s’y déroule un match de cricket, nous observons attentivement, tentant de découvrir comment se pratique se sport, qu’elles en sont les règles. Nous devrons nous repencher sur cette question pour tenter d’avoir plus de réponses que de questions sur le sujet… Nous regagnons Portsmouth en après-midi. Nous relaxons, nous soupons et nous regardons le film les Pirates des Caraïbes (le premier) avant de faire dodo. Notre banque de films, gracieuseté de nos amis du voilier Island, est maintenant sur notre disque dur externe, suite à l’achat du nouveau connecteur : nous ferons des soirées cinéma plus fréquemment !

Jeudi, alors que nous nous apprêtions à nous diriger à Pennville pour une randonnée, Alexis, passe nous voir et nous propose une randonnée au Morne Diablotin avec un groupe. Il s’agit du plus haut sommet de la Dominique à plus de 4700 pieds (env. 1450m). Nous acceptons, c’est dans la « rain forest » et c’est une randonnée qui est exigeante et parfois un peu extrême. En bonus, nous pourrons aller à Milton Falls (Syndicate Falls). Nous finissons de nous préparer et à 8 heures nous embarquons avec le groupe dans le bateau d’Alexis et ensuite dans son taxi-bus. Nous serons 8 à bord, une petite famille qui finalement ne ferons que Milton Falls, un couple d’états-uniens, Ed et … et nous. Les gens du Texas disent avoir fait cette randonnée en 2014 en moins de 4 heures. Nous sommes impressionnés, le temps indiqué est plutôt de 2 heures trente à 3 heures à l’aller seulement. Nous finissons de nous préparer car nous sommes maintenant au pied du sentier. Les texans nous invite à tracer la voie. Nous nous élançons, Jean est à l’avant suivi de Yolène et du couple. Rapidement, nous distançons les texans, au point où nous nous disons que nous les croiserons peut-être au retour, eux montant et nous descendant. Le sentier est bien fait : des roches et des billots de bois sur le sol retenu par des piquets tracent la voir à suivre. Parfois, des racines d’arbres dégagées par des passages répétés servent à guider nos pas. Nous montons assez rapidement et passons de 590m à 1100m en moins de 1 heure. Le sommet est à 1450m, nous ne connaissons pas la distance restante à parcourir, mais ça va bien mis à part le fait qu’il pleuve mais pour l’instant cela ne ralentit pas notre progression. À un moment donné, des branches entravent le sentier, nous donnant à penser que nous sommes peut-être perdus. Nous passons par-dessus les branches et constatons qu’il y a des traces de pas au sol donc nous ne sommes pas perdus. Plus ça va et plus les branches sont présentes dans le sentier, nous ralentissant notre progression. Par bout, ça ressemble plus à de l’alpinisme : il y a les branches en travers du sentier et de grosses roches à gravir, on doit se servir de nos jambes et de nos bras pour franchir les obstacles. En plus, à cause de la pluie, c’est boueux et cette boue est molle et nous enfonçons nos chaussures « à ras bord » dans le produit visqueux mais bon, c’est comme ça. Nous progressons lentement mais surement : plus que 200m de dénivelé, puis 100m puis 50m, nous croyons être au sommet, mais non c’est juste une crête avant le « vrai sommet ». On repart de plus belle et finalement on pose le pied au sommet à midi pile. On profite du fait qu’il y a de la roche pour nous installer confortablement pour le lunch. Quinze minutes plus tard, nous repartons vers le bas. Assez rapidement, on a l’impression désagréable d’être perdu. Le sentier a tellement pas d’allure qu’on a confondu un endroit infranchissable avec le sentier. On décide de remonter vers le sommet jusqu’à temps qu’on reconnaisse à 100% le sentier. Nous perdons une vingtaine de minutes, puis on retrouve nos marques. À partir de ce point, nous sommes super concentrés sur les indices nous confirmant que nous sommes toujours sur le sentier. La descente est plus athlétique encore que la montée : nous sommes des singes ! Nous nous retrouvons à 1100m après une heure trente de descente, puis ça progresse plus rapidement, la pluie a cessé et le sol se draine un peu, la boue est moins molle. Vers 800m la montre de Jean (rechargeable) rend l’âme… Environ dix minutes plus tard, nous rattrapons les texans, qui descendent eux aussi, sans toutefois avoir été capables de rallier le sommet. Nous sommes fiers de nous et de ce que nous avons accompli. Plus qu’un petit 100m de dénivelé et nous aurons terminé. Nous partons pour Milton Falls, sale et délesté de nos chaussures, en tong. Jean a déchiré son short sur un bout de branche : celui-là ira à la poubelle. Nous enfilons notre maillot de bain pour un décrottage dans Milton Falls : l’endroit n’est pas très hot mais la chute doit faire environ une centaine de pieds. Retour au taxi-bus vers Portsmouth. Retour sur le bateau, rhum planteur pour relaxé un peu, douche, souper et visionnement de la conclusion du Pirates des Caraïbes, le deuxième. Dodo bien mérité.

Morne Diablotin, tout là-haut



La chute de Milton

Aujourd’hui, ce fut une autre journée relaxe à bord.  On a surtout nettoyé nos souliers de rando, caréné le bateau et prendre du temps pour le blog !!  Demain, départ en destination de la Guadeloupe.  Nous aurons donc passé une semaine et demain en Dominique : ce fut super agréable, belles randonnées et il en reste encore à faire l’an prochain !!

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