mercredi 8 février 2017

Tintamarre à St-Kitts


Orage rencontré lors de notre navigation entre Tintamarre et la Baie de Marigot... Les vents ont soufflés à plus de 30 nœuds...


Nous avons fait nos formalités de départ à la gare maritime de Marigot, le 31 janvier dernier. L’endroit est un peu bizarre : un homme bourru nous accueille, nous sommes avec Ambition, et Merrill passe le premier, ici c’est une personne à la fois… Merrill termine et sort, l’homme me fait entrer à mon tour. Il entre l’information requise dans l’ordi des douanes lui-même, bizarre, partout ailleurs sur les territoires français c’est au touriste d’entrer les infos dans l’ordi. Merrill revient et donne au personnage 30 Euros. Il termine la transaction et me réclame 25 Euros. Je trouve ça cher pour passer une nuit additionnelle à Marigot…et je note que le bonhomme met le cash dans sa poche de chemise (il n’a pas de caisse…), mais néanmoins nous fournit un reçu pour la transaction. Chemin faisant vers le resto, nous discutons de la chose avec Merrill et Maryse : on trouve tous que c’est louche ce truc là…

Après le dîner, nous allons faire l’épicerie (c’est tellement agréable le Super U français…  bonne bouffe et abordable) et nous retournons au bateau.  Nous nous apprêtons à lever l’ancre pour Grand Case pour retourner au carnaval avec Ambition. Sitôt notre annexe sortie de l’eau et installée sur le bossoir voilà ti pas les gens de la douane française qui veulent faire un contrôle. Pas de problème! Les douaniers sont sympas, le chef est déjà venu au Québec et sa belle-mère a la double nationalité canadienne et française. Les douaniers nous posent plein de questions et Yolène répond pendant que le parle au chef et lui relate notre aventure du midi à la gare maritime : il me répond qu’il va enquêter là-dessus. Cool! Effectivement, ils nous ont confirmés que l’on s’était fait un peu arnaqué, que nous aurions dû aller à un autre endroit pour le dédouanement (Island Water World) et que les coûts auraient été moindre…  Nous finissons « l’interrogatoire » et nous levons l’ancre à destination de Grand Case. 


Dauphin dans la baie de Marigot...  situation plutôt rare aux dires des douaniers


Nous arrivons là-bas une heure plus tard, jetons l’ancre et nous nous joignons à Ambition pour aller au carnaval. Ambiance aussi sympa que lors de notre première visite. Nous réservons au Blue Martini. La bouffe est super et c’est assez raisonnable comme prix. 

La parade du carnaval, danseuses et...

musiciens.

Nous retournons en fin de soirée au bateau, pour constater que le bateau a chassé ! Il n’est plus au même endroit où nous l’avions ancré. Nous démarrons le moteur et amorçons le processus de réancrage de nuit. Jamais super le fun ça… nous nous reprenons par deux fois. Finalement c’est ok, nous sommes satisfait. Nous nous couchons en prenant soin de prendre nos repères au travers des « fenêtres » de notre cabine. La nuit sera ponctuée de vérification sur notre position…Finalement tout est beau jusqu’au matin. Nous déjeunons assez tôt car nous quitterons pour l’île Fourchue (un de nos coups de cœur). Pendant que nous faisons la vaisselle du matin, nous entendons un coup de corne de brume. Nous arrêtons tout et nous sortons dans le cockpit : Yo croît que le superyacht lève son ancre et que nous sommes en jeu, je réalise que nous avons chassé en direction du superyacht ! Bon, on va se désancrer et on va filer en direction de l’île Fourchue un peu plus tôt que prévu !
Nous naviguons vers l’île Fourchue sous génois seul avec des vents de 20-22 nœuds, c’est super agréable et le bateau arrive à destination complètement salé!
On se fait un pot luck avec Ambition : charcuterie et fromage et vino ! Nous risquons de voir nos routes se séparer car nous devons être en Martinique et eux en Guadeloupe, à la fin février…

Vers 9h30 nous quittons en direction de Saba, super navigation au portant le vent forci jusqu’à 27 nœuds et sous pleine voilure Caffè Latte a atteint 11.9 nœuds : nouveau record. Par contre, le bateau est vraiment à la limite de partir à l’auloffée donc nous attendons une accalmie pour entrer le génois et affaler la grand-voile : nous ferons le reste sous génois seul, on ira bien assez vite ! Il faut parfois ménager sa monture… Nous prenons une balle de mouillage. C’est beau, peu habité et l’accès à cette île est virtuellement impossible sinon très difficile.
Île Fourchue est maintenant derrière nous

Un oiseau nous a suivi

Voici Saba, la tête dans les nuages

Saba, vue de notre ancrage

Diamond Rock

Saba, vue de notre ancrage

Encore Saba, vue de notre ancrage

Nous quittons dès le lendemain et finalement nous optons pour St-Kitts (il y avait plusieurs choix de destinations devant nous!). Statia est environ à mi-chemin, mais a relativement peu à offrir donc nous continuons vers l’île que Christophe Colomb a nommé en son honneur. Une bonne grosse journée de navigation au près, nous quittons à 9h30, génois et deux ris dans la GV avec des vents réels de 13 à 16 nœuds. Graduellement, les vents mollissent un peu et nous larguons le deuxième puis le premier ris. Nous tentons à l’arrivée de nous dédouaner mais peine perdue la douane ne répond pas à la VHF à la voie 16. Nous nous ancrons de nouveau plus près d’une marina et où il y a d’autres bateaux. Nous aurons une nuit où ça roulera un peu, beaucoup, passionnément…pas un super ancrage.
Ville de Saba, c'est impressionnant

Belle navigation

Voici St-Kitts

Nous nous rendons à la douane où nous devrons attendre que les officiers reviennent à leur poste suite à l’arrivée de deux bateaux de croisière. Finalement, ils arrivent vers 10h30. Nous allons ensuite à l’immigration et devinez quoi : l’agent d’immigration est retenu à cause des bateaux de croisière. Nous attendons encore un peu. Vers 11h45 l’agente arrive et nous finalisons les documents. Elle nous envoie ensuite à l’autorité maritime qui nous demande de nous acquitter des frais de port. Nous partons vers le Digicel pour avoir une nouvelle carte SIM, acheter du data et mettre des $ sur notre compte pour pouvoir téléphoner. On visite un peu le centre-ville de Basseterre et nous nous rabattons sur un resto pour utiliser le wifi gratuit, on y rencontre une Anglaise avec qui on échange un peu. Sympa. Nous levons l’ancre en direction de White House Bay. C’est une belle baie avec un bar qui a l’air d’être assez fréquenté… Nous restons sagement à bord, profitons d’un super coucher de soleil (nous avons vu le fameux rayon vert) et nous nous couchons tôt, question de reprendre le sommeil perdu suite au roulis de la nuit précédente.
Superbe coucher du soleil

Les bateaux croisières sont très importants et présents pour St-Kitts

Vers 23h30, Yolène était réveillée et elle entend quelqu’un en annexe s’approcher de nous et cogner sur la coque. Le monsieur, à qui nous avions parlé plus tôt en après-midi, nous avise qu’un bateau chasse en notre direction. Ok merci ! Nous nous habillons et faisons de la vigie sur le pont. On sort les défenses, la gaffe, on part le moteur et nous surveillons le tout de près. Effectivement, le bateau (un 47 pieds) chasse et se dirige vers nous mais heureusement il passera à côté de nous. Juste pour s’en assurer, nous avons ôté environ 10 pieds de chaîne pour s’en éloigner davantage. Le bateau qui chasse est inhabité, pas d’annexe. Yolène avance la possibilité qu’il soit au bar…pendant ce temps, il chasse toujours en direction d’un bateau moteur, un magnifique Nordhaven 76. Notre moteur d’annexe est hors d’usage (le démarreur manuel tourne « dans le beurre »), nous ne pouvons aller avertir le bateau moteur. Ça nous dérange un peu donc on reste sur le pont. Finalement, le proprio du bateau qui chasse arrive à la rame dans son dinghy et arrête à notre bateau. On lui raconte ce que nous savons de ce qui s’est passé et on lui suggère de s’accrocher à une balle de mouillage à proximité de son bateau pour freiner sa course et sécuriser son embarcation. On le regarde s’affairer puis on va se coucher.

Le lendemain, c’est dimanche, on relaxe un peu et vers 9h00, Jean décide de faire un peu d’eau et part le déssalinateur : problème ! La pompe fonctionne mais ne produit pas d’eau. Lecture du guide de dépannage : il semble que le problème serait les valves à clapet. Pour changer les valves (j’ai un kit complet de valves et autres pièces pour réparer le déssalinateur) il faut ôter la pompe, l’ouvrir, changer et lubrifier des « o-ring » et des valves. Jean travaille là-dessus et vers 16hre la pompe est remontée et le déssalinateur prêt, en théorie. Pas le goût de savoir s’il marche ou pire encore s’il ne marche pas : on verra bien demain.  Jean attaque maintenant le moteur de l’annexe. Le problème est identifié rapidement : un boulon s’est desserré et empêche un mécanisme se déployant sous l’effet de la force centrifuge de jouer son rôle. On devrait pouvoir régler ça demain.
Le déssalinateur est dans un endroit restreint...

Le moteur hors-bord est plus facile d'accès...
Nous partons pour le bar sur la plage avec Ambition. Wow ! super beau bar (le plus beau à date), musique « live » et écran semi-géant pour le Superbowl ! Nous « apéritivons » pas mal et retournons au bateau.
Groupe de musique à côté du bar

Vue de la baie

Patio extérieur

Merrell, Jean et Maryse
Nous soupons tranquille à bord et nous souhaitons vivement une nuit calme pour reprendre le sommeil perdu la veille et l’avant-veille. Au réveil, on constate qu’un catamaran a chassé mais sans risque pour nuit…  Une sortie d’apnée pour nous changer le mal de place! Jean repart le déssalinateur : non ça ne marche toujours pas. Jean recommence du début…et trouve le problème : une algue, assez petite ma foi, est venue obstruer l’entrée de la canalisation d’entrée et ceci, couplé à une erreur de manipulation lors du redémarrage du déssalinateur, empêchait le bon fonctionnement de la chose. Finalement nous faisons de l’eau, yééééé!
Le lendemain, vers 9h30, nous quittons vers Névis, sous génois seul, vents réels de 20 nœuds avec rafales à 25 : ça roule super bien et c’est cool ! Nous prenons une balle de mouillage à l’arrivée. Nous descendons le dinghy et y mettons nos vélos. Nous pédalons jusqu’au Lime (genre de resto-bar) pour y dîner. On se prend un wrap au poisson vraiment délicieux et une bière. La pluie nous contraint à en prendre une deuxième (…bière). Nous avons une carte de l’île et nous décidons de sillonner les routes longeant les plages, autrement dit nous ferons le « Tour Névis », la pognez-vous? Ce n’est peut-être pas la meilleure des blagues mais, sans contredit, c’est plus drôle que de faire le tour de cette île en vélo. On en a eu plein les bras et les jambes! La fin, par contre, tout en descente, était très agréable. Retour au bateau ou l’on constate qu’il y a tout de même un peu de roulis. Souper rapide et dodo tôt : la routine quoi !
On a vu des chèvres partout pendant le tour de vélo de Névis

Tellement montagneux et difficile que nous sommes quelques fois débarqués du vélo, pour monter à pied...

Au lever, ce matin, nous quittons vers 7h30 le mouillage, en direction de Bugs Hole où une épave nous attend pour y faire de l’apnée. Il y a beaucoup de bancs de poissons, c’est cool. Retour au bateau et nous filons vers White House Bay (nous aimons bien cette baie). Nous en profiterons pour y faire de l’eau, quelques épissures et frotter un peu le dessous du bateau pour le libérer de la « vie » qui s’y installe petit à petit. Nous irons au bar ce soir pour le happy hour.
Épave où nous avons fait de l'apnée

Nous quittons St-Kitts vers la Martinique, en chemin, nous arrêterons à Montserrat, en Guadeloupe et en Dominique.  Par contre, ce sera principalement des arrêts pour la nuit, pas vraiment de visite des lieux, pour l’instant.  À suivre…


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