lundi 13 février 2017

Montserrat


La montre sonne à 7h00, c’est tôt. Une longue navigation pour attendre Montserrat se profile… Nous levons l’ancre à 8h30 et nous mettons deux ris dans la GV et sortons le génois, les vents réels sont de 13 à 16 nœuds. Nous atteignons Névis rapidement mais dès que nous sommes assez éloignés de la côte et que le vent est plus « pur » (sans l’effet de l’île), on constate qu’il y a du sud dans ce vent d’est. En clair, l’impact c’est que nous ne pourrons pas rallier Montserrat sur un seul bord, nous pourrons nous en approcher puis faire un virement de bord et continuer à s’en approcher. Nous naviguons au près serré, c’est-à-dire, qu’on remonte le vent le plus possible, ce faisant, les vagues et la houle frappent l’étrave (le devant du bateau) et ça cogne un peu, beaucoup. Pas super confortable comme navigation mais il faut faire avec. Lorsque nous sommes à environ une dizaine de milles de Montserrat, nous remarquons qu’il y a une zone d’exclusion où l’ancrage des navires, de nuit, est interdite : la cause étant l’activité volcanique de Soufrière Hill. On voit qu’il y a toujours le rejet dans l’air de substances provenant du volcan. Heureusement, les vents dominant et la présence d’une autre montagne faisant écran aux zones habitées ne perturbe pas la vie tranquille de cette île au destin, somme toute, tragique. On y reviendra plus loin. Nous sommes maintenant à environ 5 milles de notre lieu d’ancrage, Little Bay et dans une heure le soleil se couchera. Nous décidons, presque d’un commun accord (Yo est franchement anti-moteur !), de lancer le moteur pour suivre une route plus directe vers le mouillage. Nous jetons l’ancre à 18h30. Douche rapide, spaghettis sublimes, vino et…dodo ! Nous sommes épuisés de ces 52 milles parcourus…

Montserrat à notre arrivée.  Le volcan est à droite...

Notre ancrage dans la baie Rendezvous

Au réveil, nous nous fixons comme objectif de remplir les formalités des douanes et de voir de façon sommaire ce qui peut être visité ici et comment (vélo ou taxi…). Presque tous les dinghys des 5 bateaux avoisinant sont au quai à dinghy du port. Nous marchons vers ce que nous croyons être les douanes mais nous sommes redirigés par des camarades vers le bon endroit. Au bout d’une heure, les formalités sont remplies et la somme due acquittée. Nous explorons les alentours, plusieurs resto et bars assez jolis sont à proximité. Nous marchons et nous nous faisons accoster par un chauffeur de taxi-guide qui nous propose une visite de l’île d’une durée de 4 heures : il nous suggère une visite au jardin botanique de l’endroit, au centre d’observation du volcan et de la ville de Plymouth, la capitale qui fut ensevelie sous les cendres de la Soufrière… Nous voulons en discuter entre nous avant d’accepter. Nous lui demandons s’il est possible de visiter l’île à vélo : selon lui c’est trop « hilly » (côteux). Finalement, après avoir consulté sur internet et selon le courriel de nos amis de Island, il faut absolument faire le tour de l’île en taxi et voir l’observatoire. Nous dînons sur place et après le lunch nous irons avec George. La visite de l’île est commentée par George en détail sauf que nous saisissons environ 60% de ce qu’il dit : son accent est assez tranché. Tout ce qu’il raconte tourne autour des éruptions volcaniques de 1995 à 2010. Il y en aura 5 majeures dont la dernière et la plus grosse le 11 février 2010, soit il y a exactement 7 ans. En effet, en 1995 Montserrat était prospère et comptait 11,000 habitants. Un hôtel 4 étoiles venait d’ouvrir et avait des réservations pour des mois à l’avance, des condos fraîchement construit se louait allègrement et George Martin (producteur des Beatles) y avait une résidence et un studio d’enregistrement où Sir Paul McCartney et Mick Jagger, entres autres vedettes, ont endisqués. À un moment donné, en 1997, je crois, la population n’était plus que de 2,500 habitants. Par la suite, l’immigration de Jamaïquains, de Dominicains et autres ont repeuplé l’île au niveau actuel de 5,000 âmes. La religion est omniprésente sur l’île. Il y a au bas mot une vingtaine d’église d’au moins cinq confessions différentes. Au jardin botanique une maquette nous montre la ville de Plymouth. Des photos « avant et après », nous permettent d’apprécier l’épaisseur des cendres qui se sont déposés : à certains endroits c’est plus de 25 pieds ! Au centre d’observation du volcan, pour 4$ USD, nous assistons à une projection, en français, d’un film réalisé sur la Soufrière et qui relate de façon chronologique les éruptions de 1995 à 2010 et leurs impacts sur la vie de Montserrat. Époustouflant ! On y apprend que des explosions pyroplastiques, parmi les phénomènes volcaniques les plus impressionnants, ont rejeté jusqu’à 20 tonnes métrique par minute de déjection. Ces déjections sont par nature instable et finissent par s’écrouler un peu comme une avalanche. De plus, couplé à d’autres phénomènes naturels, par exemple de fortes pluies, des coulées de cendres en résultent. En 2002, l’observatoire actuel, l’un des plus modernes au monde, a été inauguré. Plusieurs chercheurs y travaillent et un hélico est à leur disposition quotidiennement pour aller constater l’état de la situation. À tous les jours, du lundi au vendredi, à midi précise, les sirènes retentissent sur Montserrat tient lieu de pratique en vue d’un changement important dans l’activité du volcan. Si cette sirène est entendue à une heure autre que midi, alors attention ! Les nuées ardentes sont visibles de nuit et leurs lueurs rougeâtres sont de toute beauté. Nous avons pu apercevoir Plymouth et ses ruines à partir de Richmond Hill, les photos ne rendent pas justice à l’ampleur de ce que nous avons observé. Décidément, la visite guidée fût de l’argent bien dépensé ! Au retour, nous recroisons, évidemment, nos amis d’Ambition qui sont ici à la même table que nous au lunch. Nous prenons une bière avec eux et retournons au bateau pour la soirée.


Source d'eau à Montserrat

Vue du volcan à partir du Centre d'observation


 Côté de l'île non touchée par le volcan

Vue du volcan de Richmond Hill, on y voit bien la coulée pyroplastique


Ville de Plymouth, ancienne capitale, complètement ravagée, les maisons sont toutes abandonnées


Hôtel 4 étoiles ravagé




Samedi fut une journée relaxe sur le bateau, disons que la nuit a été « rouleuse », la houle nous a tenu réveillé presque toute la nuit… On a donc changé de baie...
Vue de notre ancrage dans Little Bay, en face de la plage publique


Dimanche, nous sommes partis pour la Guadeloupe, après une autre nuit « rouleuse »…  Nous avons fait une superbe navigation sportive mais facile ! On vous reviendra avec nos aventures de la Guadeloupe dans notre prochain blog. 

La vie est belle à bord de Caffè Latte !

3 commentaires:

  1. Bonjour à vous deux. Beacoup d'infos très intéressantes car ce sont des places où nous allons faire un arrêt aussi. Nous quittons bientôt les Bahamas et dirigons vers Turks and Caicos, Rep. Dominicaine et Puerto Rico...et plus. Une très belle photo de Caffe latte! Beco et bon vent.

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  2. Salut les copains! On est au resto de Anh avec Julie, Syd, Willou, James (le nouveau bebe de julie et syd!) Trinh, Anh et martin, et on parlait de vous et on vous envoie pleins de bisous!!!!

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  3. So nice to hear about your adventures! We are moving west now. Culebra and Vieques the last two days and today we are going to the south coast of Puerto Rico. Hope we can meet up again!

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