jeudi 29 novembre 2018

Tanger, Rabat, Marrakech et le désert du Sahara

Nous explorons Tanger un peu avant de partir en train vers Rabat pour y rejoindre nos amis de Carina, James et Shelley de Halifax. Tanger, fut jusqu’à il y a une vingtaine d’années une ville très cosmopolite : Français, Anglais, Américains, Espagnols et même Canadiens vivaient ici. Nous avons visité l’église anglicane de St-Andrews et avons pu apprécier le mélange des cultures et des religions qui s’opère dans le plus grand respect mutuel. Ainsi, l’extérieur de l’église ressemble à une mosquée et à l’intérieur se retrouve les objets liturgiques chrétiens dans un décor musulman. Le Notre Père est écrit en arabe, donc de droite à gauche sur le pourtour de l’orifice du mur menant à l’autel. Deux plaques commémoratives soulignant l’implication d’un britannique ayant siégé à la cour du Maroc pendant 40 ans, l’une en anglais et l’autre en arabe. Yolène, souligne que les dates mentionnées sont différentes : 1894 en anglais et 1312 en arabe. Une portion de l’explication réside dans les dates d’origine des deux calendriers. Le nôtre étant basé sur la mort de Jésus et celui musulman étant basé sur la date du départ du prophète Mahomet de La Mecque vers la ville de Médina, que l’on appelle l’hégire, soit le 16 juillet 622 de nôtre ère. L’autre bout de l’explication est que nous avons un calendrier solaire de 365 ou de 366 jours alors que le calendrier hégirien lui est un calendrier lunaire de 355 ou 356 jours. Les mois débutent en constatant la nouvelle lune dans le ciel, ceci induit des différences de dates selon les pays. Bref, une culture différente de la nôtre qu’il vaut la peine de découvrir et d’apprivoiser. Nous goutons aussi au thé à la menthe marocain avec nos amis de Sweetie, c’est sucré (un ti-peu trop à notre goût) mais délicieux, nous nous en faisons sur le bateau. Au Maroc ce thé est parfois appelé à la blague le whiskey marocain.
 
Église St-Andrew

Les jardins de l'Église


L'intérieur de l'Église






Rabat

Rabat est la capitale du Maroc, elle se trouve à 3 heures et demi de train de Tanger. À titre indicatif le coût de 2 billets, aller seulement, en première classe est de 45$CAD. La gare est magnifique et intègre le modernisme et la tradition arabe. Un train TGV, de conception française entrera en service sous peu propulsant le Maroc un peu plus dans la modernité. À Rabat, nous sommes accueillis par nos amis à la gare et après un dîner rapide à bord nous filons à la découverte de la capitale. Un tramway électrique tout neuf, pareil à celui de Paris et de Porto sillonne une portion de la ville. Nous visitons le mausolée Mohamed V et la tour Hassan, qui forment un complexe fort joli. Le lieu physique remonte au 12 siècle comme en témoigne les vestiges des colonnes. Le lendemain, nous nous dirigeons vers le jardin Andalou, la Kasbah Oudayas et le cimetière Al Yabouri. Tous des endroits à découvrir comme en font foi les photos. Nous retournons sur Carina pour, à nouveau, un souper magnifique : notre amie Shelley est un cordon bleu et nous nous régalons. Nuit tranquille à bord, dans cette marina, située au cœur de la ville de Salé (ancienne capitale du Maroc). Le lendemain, nous devons quitter pour Marrakech en train, une escapade de 6 heures environ.

Le jardin devant la Tour Hassan

Tour Hassan

La mausolée







L'intérieur de la mausolée: la tombe du roi Mohammed V,
un de ses fils ainsi que le roi Hassan II




Kasbah de Oudayas



Entrée du Kasbah



On dirait de la neige… mais, c'est de la peinture...

Entrée pour aller à la marina… 
Celle-ci est fermée lorsque les vagues sont de plus de 2 mètres...

Cimetière...

Pommes grenades et clémentines en quantité et pas cher!!!




Mais avant, une anecdote : à Rabat nous devons trouver une bombonne de butane pour Carina. Nous allons à Salé, où James avait repéré un revendeur de butane. Arrivé sur les lieux, la boutique est fermée. Un pêcheur nous informe qu’il va revenir après la prière, dans une vingtaine de minutes. Nous parcourons le souk pour tuer le temps. Au retour, après 30 minutes, la boutique est encore fermée. Le pêcheur nous dit de le suivre il connaît un autre revendeur. Après plusieurs détours et une bonne dizaine de minutes de marche, nous arrivons à une autre boutique où Carina peut acheter le butane : coût 14MAD soit 2$CAD (en Espagne le prix est de 18 Euros soit 24$CAD !!). Le pêcheur nous raccompagne à la première boutique et notre amie Shelley lui donne 5MAD pour le remercier. Le pêcheur continue de marcher et de parler avec nous, il propose à Yolène d’aller à un endroit prendre un verre de vin : euh, non merci. Alors, notre pêcheur nous demande qui lui a donné de l’argent tantôt : Shelley lui dit que c’est elle. Alors il nous dit que ce n’est pas assez il veut 20MAD. Shelley lui donne un autre 5MAD et clôt la discussion. Morale de l’histoire : culturellement, ici, un service ça se paye, sachons-le !



Marrakech, épisode 1

Nous arrivons à Marrakech et nous prenons un taxi en direction de notre Airbnb, nous avons une adresse mais notre chauffeur nous informe qu’il ne peut aller dans l’enceinte de la Kasbah avec son véhicule. Une bonne âme se propose de nous y reconduire, nous lui disons que nous allons nous débrouiller, mais il décide de marcher devant nous quand même. Nous marchons loin derrière lui et nous regardons les nos civiques des portes, notre « guide » tourne à droite et nous continuons tout droit il nous interpelle, nous lui faisons signe que nous continuons tout droit. Les numéros civiques soudain ne font plus de sens, nous rebroussons chemin nous tournons à gauche et nous faisons dix enjambés : ça y est nous sommes au 56. Nous cognons à la porte et notre amie Shannon vient nous ouvrir : bienvenue à Marrakech ! L’appart est petit et très joliment décoré. Nous sommes contents de s’y retrouver. Il y a une chambre avec un lit « queen » et à l’entrée deux lits simples. Nous tirons à pile ou face et nous perdons…va pour les deux lits simples. Nous allons dans le souk pour repérer le resto pour le souper. Nous en trouvons un très bien, avec vue sur la ville et une belle grande salle très bien décorée et chauffée. Nous prenons une « pastilla » de poulet. Il s’agit de pâte fourrée d’amandes et de poulet, formant une pastille de 15 à 20 cm de diamètre, cuite au four et sur laquelle en touche finale on saupoudre du sucre à glacer : le verdict unanime tombe, c’est débilement bon ! Le tout accompagné d’un excellent Sprite, l’alcool, ici, étant absent du menu…le désert avant le désert quoi ! Nous nous levons tôt le matin car une navette nous prendra vers 7h30 pour nous amener à notre bus qui nous conduira, ultimement dans le désert du Sahara.





Marrakech vers le désert du Sahara

Nous sommes 16 passagers et notre chauffeur Hassan dans un véhicule Renault qui compte plus de 325,000 km au compteur et qui ne fait pas son âge. Nous nous dirigeons vers les monts Atlas où il y a des neiges éternelles. Ici, les chauffeurs de véhicule de transport touristique sont tenus d’introduire un disque de papier dans un bidule qui enregistre la vitesse du bus en tout temps. Parfois, le chauffeur, à un barrage routier, doit retirer le disque et le tendre au policier pour fin de contrôle. Toujours est-il que à cause de cela nous devons faire une pause de 15 minutes à l’arrêt à toutes les deux heures de route. Ceci cause un autre phénomène, puisque tous les bus pour se rendre dans le Sahara partent de Marrakech, grosso modo, à la même heure, les bus arrêtent tous aux mêmes endroits pour les pauses ce qui occulte la saine compétition, moteur du capitalisme (ok, là je charrie 😊).

Ce qui est cool dans ce périple vers le désert c’est qu’il a des arrêts découvertes qui sont prévus avec des guides qui nous expliquent les lieux. Premier arrêt : la Kasbah à Ait Ben Haddou. Après avoir traversée, à gué, sur des sacs de sable la petite rivière nous arrivons aux maisons de la Kasbah conçu de bois recouvert d’un mélange d’argile et de paille et « sculpté » de forme et d’ouverture. C’est très beau. À cause de l’érosion causée par la pluie les maisons sont retapées à tous les 10 ou 20 ans. Nous visitons aussi un lieu d’artisanat. Les habitants de ce village peignent des paysages du désert avec trois liquides, façon aquarelle. Le brun (couleur des chameaux) est obtenu avec un mélange de thé et un peu de sucre, le orange (couleur du sable) lui, provient du safran et finalement le bleu provient du lazuli. Particularité, les couleurs se révèlent grâce à la chaleur d’une flamme. C’est ce qui permettait, à l’époque, d’envoyer des messages « secrets » …

Les paysages que nous avons le bonheur de voir…
Magnifique...







Plusieurs villages par ci par là...


Vieux village de Ait Ben Haddou






L'autre côté de la rive, le nouveau village Ait Ben Haddou

Passage de la rivière avec l'aide de jeunes locaux…
Évidemment, il fallait déboursé un petit 10 dirhams...




Voici les peintures  "aquarelles" à 3 couleurs...
Jean a été le cobaye pour apprendre à faire le foulard berbère..


Nous nous arrêtons ensuite près des monts Atlas : fait froid ici, on se les gèlent. Nous continuons jusqu’à Ouarzazate, lieu de tournage de nombreux films, dont Laurence d’Arabie, etc…le musée est fermé… Nous poursuivons notre route vers le désert en nous arrêtant pour le coucher à un endroit juste après la Vallée des roses (malheureusement pas en floraison en novembre ). Notre groupe se sépare en deux, Sweetie et nous et 2 italiennes logeons dans un endroit et le reste du groupe ailleurs. Nous avons apparemment l’hôtel plus luxueux. En tout cas, c’est très beau. Après notre whiskey marocain, nous allons à notre chambre. Une chambre, deux couples : un lit « queen » deux lits simples…déjà vu !! Nous aurons le queen cette fois. Fait froid dans la chambre. Nous soupons, c’est bon : tagine au poulet. On nous aide avec la télécommande du chauffage, après que le circuit électrique du chauffage ne soit activé. Toujours est-il qu’on a du chauffage environ 30 minutes après quoi, pendant la douche (semi froide) de Tony, panne d’électricité. En fait, nous le saurons plus tard, les appareils de chauffage de l’hôtel, qui était à capacité, ont eu raison de l’entrée électrique : les disjoncteurs ont sauté. Résultat des courses, pas de chauffage pour quiconque cette nuit : c’est démocratique et ça force le collage! Douche froide et rapide le matin suivi d’un déjeuner et nous filons vers le désert avec un arrêt aux gorges Todra.



Nous aurons droit à une visite des lieux avec notre charismatique guide : Rachid Couscous. Il est berbère (peuple nomade vivant dans la montagne) et il est très drôle. Il nous apprend comment la société « sédentaire » a intégré les nomades berbères et franchement, quand on pense à nos amérindiens et comment nous, au Canada, nous les traitons, nous nous disons que nous avons beaucoup à apprendre de la société marocaine. Cette intégration passe par la mise à disponibilité de logements pour les berbères, par le partage du fruit des récoltes à hauteur de 40%, d’un dégrèvement de taxes, avec, en retour, l’accès à une portion de la viande des animaux. De leur côté les berbères ont formé une coopérative de confection de tapis, expédié de par le monde, à bas prix, grâce à une entente avec le transporteur DHL. Les conditions de travail sont raisonnables c-à-d environ 4 heures par jour, car le cardage de la laine (agneau et dromadaire) et le tissage sont des activités éreintantes. Voilà un beau modèle de fonctionnement d’une société. Nous les avons encouragés : deux tapis pour le bateau en laine de chameau avec de jolis motifs en soie végétale. Nous contemplons ensuite les Gorges avant d’aller manger une bouchée. Puis direction désert avec un dernier endroit de pause pipi où il y a des fossiles qui ont été trouvé a proximité sont disponibles pour achat.






Hassan, notre chauffeur d'autobus

Rachid Couscous, le guide berbère






A 17h30, nous arrivons finalement dans le village de Merzouga, une des portes du désert du Sahara, nous nous fixons sur la tête le couvre-chef « officiel » des nomades berbères et partons, à dos de chameau, sillonnant au travers des dunes jusqu’à nos tentes où nous coucherons. Toute une expérience de voir le soleil se coucher et la lumière qui rougit et qui vient colorer le sable déjà passablement orangé du Sahara. Nous allons souper dans une grande tente après quelques wiskey marocains au près du feu : soupe, tagine, fruits. Après le souper nous passons du temps avec les Matthieu, des québécois avec lesquels nous avons une connaissance commune (et maintenant deux : salut Roxane, fille de nos amis André et Manon). Bref, on passe du bon temps ensemble avant d’aller faire dodo. Dans la tente, nous entendons les chameaux ronfler et faire divers bruits : avec Sweetie nous partons à rire de bon cœur! Nous nous levons à 5h30 pour allez voir le ciel étoilé : un peu de pollution visuelle mais quand même acceptable, la voie lactée était visible, limite mais visible. Le désert c’est froid et très sec la nuit. Nous remontons, dès 6h20, sur les chameaux pour retourner au départ est pour vivre le lever du soleil dans le désert. Belle expérience. Nous déjeunons et regagnons le bus en direction de Marrakech pour une randonnée de 11 heures, au total nous aurons parcouru plus de 2500km en bus!





Au coucher du soleil





Au lever du soleil







Majestueux ces chameaux...




Petit clin d'œil…  une autre façon de faire brûler les bûches…

Marrakech : épisode 2

Nous arrivons à Marrakech vers 20h00 et notre chauffeur Hassan nous reconduit le plus près possible de notre second Airbnb. Nous attendons sagement notre hôte au point de retour convenu. Nous découvrons une riad marocaine (appartement avec cour intérieure) décoré avec goût sur trois étages y inclus la terrasse. Tout est parfait : deux chambres avec lit « queen », une salle d’eau complète et une toilette, une cuisinette avec un seul défaut : porte trop basse, ouch ! Une salle à manger et un boudoir, complète le rez-de-chaussé. À l’extérieur au 3ième, une magnifique terrasse avec vue sur Marrakech ! Nous avons faim, il est tard quoi de mieux qu’une pizza croute mince individuelle à des prix variant de 1.50$CAD à 4.00$CAD (pour les gros budgets 😊). Nous passons une nuit super calme et le soleil du matin inonde la cour intérieure.





Nous nous réveillons tôt et on se prépare pour aller au lieu de rencontre pour la visite de la ville. Nous prenons quelques trucs pour déjeuner que nous ingurgitons en marchant. Nous trouvons le point de rencontre pour le tour de ville gratuit, à pied, en espagnol. Jean se débrouille en espagnol et surtout le comprend beaucoup plus qu’il ne le parle. Nous avons Shannon avec nous qui parle et comprend très bien l’espagnol : c’est quoi le risque ? Jean comprend bien le guide qui articule très bien et qui parle avec ces mains et peut traduire à Yolène ce qu’il a compris. Il valide parfois auprès de Shannon ce qui a été dit. C’est super intéressant, nous découvrons la richesse de l’héritage du Maroc. Nous comprenons davantage la culture d’ici. L’importance des hammams (sauna arabe), les 5 commandements musulmans, l’importance et le rituel de l’enterrement des morts, les particularités de l’urbanisme citadin en regard du chemin menant à la mosquée. Tout est tellement différent de ce que nous vivons, mais à la fois tellement logique par rapport à leur croyance. C’est très intéressant, c’est de la sociologie appliquée « live » : on adore! Nous déambulons dans le souk au travers des ateliers des artisans, puis des étals des commerçants : ça se passe bien, personne n’est vraiment agressif ou insistant. C’est sûr qu’il y a des trucs qui sortent de l’ordinaire, comme cet homme qui vend des dentiers usagers et aussi des dents tout aussi usagées et qui nous demande 1 Euro pour prendre une photo de lui! L’ambiance est bonne et c’est tout ce qui compte. Nous rentrons à la riad. Nous nous sommes séparés et nous avons décidé de marcher dans la ville à la recherche d’une bouteille de vin pour le souper, ça fait 6 jours que nous sommes « privé » d’alcool. Nous trouvons du vin marocain (deuxième producteur de vin de l’Afrique après l’Afrique du Sud). Nous décidons avec Sweetie de refaire la pizza pour le souper car trop bonne, cette fois nous aurons une salade d’avocat en accompagnement. Top! Le lendemain, nous quittons la riad à midi et nous flânons dans la ville, notre but étant d’être à l’aéroport de Marrakech à 20h30. Nous soupons tôt ou dînons tard dans un « food court » éclectique : Jean a des pâtes à la carbonara (avec du jambon, euh pas le droit de manger du porc…), Yolène avec du Thaï, Tony avec des pâtes et Shannon avec des tacos mexicains. C’est ben pour dire! Nous nous rendons parfois sous la pluie à l’aéroport mais on a des impers et ce n’est même pas un problème. Nous sommes confrontés à l’Afrique à l’aéroport : sous des dehors totalement modernes et très esthétiques, l’intérieur et la logistique nous laisse perplexe… un grand total d’un poste de vérification des bagages et passagers pour notre vol de plus de 125 passagers !  De long délais mais que voulez-vous c’est le Maroc et c’est comme ça! On adore!

Marché d'épices









Stationnement de motos et vélos!


L'heure de la prière, les commerçants
ferment le magasin pendant cette courte période...

Le vendeur de dents/dentiers...

Tombeaux saaidiens, de toute beauté!




Retour à bord, derniers préparatifs pour laisser le bateaux 5 semaines à la marina et lunch entre amis sous le soleil de Tanger!



À bientôt « live » du Québec!!!